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samedi 15 mars 2025

Défense européenne : la réponse est nationale

S’il ne fallait retenir que deux thématiques qui occupent fortement l’espace médiatique ces dernières semaines, le choix serait somme toute aisé : les turbulences en matière économique, notamment sur les marchés financiers et la dégradation du climat géopolitique mondial. Avec en point commun, pour ne pas dire causal, les États-Unis et plus particulièrement Donald Trump. 

L’idée n’est pas de revenir dans le détail sur les différents événements depuis l’élection du président américain. Précisons toutefois deux choses à destination des vierges effarouchées situées de ce côté-ci de l’Atlantique. D’une part, Donald Trump a été élu pour défendre les intérêts de son pays, y compris s’ils sont contraires avec ceux du reste du monde, alliés inclus. D’autre part, Trump ne fait que mettre en œuvre le programme pour lequel il a été choisi (assez étonnant vu de chez nous je vous l’accorde), que cela plaise ou non. 

Rappelons également que je tenais déjà des propos similaires en 2008 au sujet de Barack Obama. Mais différence de taille pour certains, le président démocrate incarnait le bien alors que le républicain est au contraire le mal incarné. 


Cela étant dit, rien ne sert de se lamenter sur son sort et de conspuer l’oncle Sam. Cela ferait d’ailleurs doucement rigoler les équipes de la Maison Blanche. 

Considérons à l’inverse cette conjoncture, comme une opportunité, ou dit plus crûment comme un coup de pied aux fesses, visant à reprendre en main notre destin. « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » disait le général De Gaulle. En voici une énième preuve, en espérant que celle-ci serve réellement de leçon. 


Mauvaise pioche semblerait-il néanmoins, en particulier en matière militaire. Chacun aura compris qu’un climat de dissensions que l’on pensait dépassé ressurgit à nos frontières. Sans être pour autant catastrophiste, il semble malgré tout préférable de se préparer au pire ou en tout cas de se donner les moyens d’y faire face. 

Point positif, nous disposons d’une nette avance sur nos voisins grâce à l’héritage du passé : dissuasion nucléaire, forces armées formées, siège au conseil de sécurité de l’ONU. Bien que ce legs n’ait pas été suffisamment entretenu et développé à mon sens, il n’en reste pas moins qu’il constitue une base solide sur laquelle s’appuyer. 


Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille se reposer sur ses lauriers. Bien au contraire, cela nous oblige à prendre les décisions qui s’imposent de manière rapide et ambitieuse. Pour le dire clairement, il s’agit d’augmenter sans tergiverser nos dépenses en matière de défense et d’investir massivement dans du matériel militaire de pointe, afin notamment de reconstituer nos stocks en armements et équipements dont une partie a été cédée à l’Ukraine. 


Bien évidemment tout cela aura un coût qui pèsera sur les comptes de la nation. Mais notre pays peut et doit se le permettre car les conséquences potentielles en cas de manquement seraient bien pires. Nombre d’économies sont possibles afin de dégager les marges de manœuvre nécessaires. Sans compter les retombées positives de ces investissements sur l’économie et l’emploi. 


Pourquoi donc tant de blabla alors que les choses paraissent si simples ? Au risque de paraître caricatural, la réponse tient pour moi en deux points : administration et dogmatisme européen. 

Je ne m’étendrais pas sur le premier aspect tant les lenteurs administratives et les lourdeurs procédurales sont de notoriété publique. 

Le second paramètre est lui tout à la fois plus prépondérant et plus problématique. Aboutir à des convergences au niveau européen sera évidemment plus long et plus complexe à obtenir que la mise en œuvre d’une décision unilatérale. Il est d’ailleurs clair qu’aucune ligne de conduite commune ne se dégage et qu’il existe un risque non négligeable que la décision collective desserve nos intérêts. 


Pire encore, le serpent de mer de la défense européenne refait à nouveau surface. Concept somme toute illusoire mais qui revient cette fois-ci avec une nouvelle facette hautement sensible, à savoir le partage de notre dissuasion nucléaire. Idée sans conteste lumineuse avancée par notre président qui consiste à subsister un bouclier nucléaire français à sa version américaine, nous obligeant à devenir le chaperon de nos voisins européens et donc à assumer de fait leurs éventuels errements.  Un pari clairement risqué en ces temps troublés qui va à l’encontre de l’intérêt supérieur du pays. 

Au vu des enjeux et des implications, je crois que la décision ne peut relever de la seule volonté présidentielle. Elle nécessite a minima un débat parlementaire digne de ce nom, voire même une consultation du peuple pour trancher en dernier ressort. 

dimanche 6 novembre 2016

Accueil des migrants : cessons les polémiques stériles !

Pas un jour ne passe sans que la question des migrants ne fasse la une des journaux. Et la récente évacuation de la jungle de Calais le 24 octobre dernier n'a fait que renforcer encore un peu plus ce phénomène. Mais plus encore que l'évacuation en elle-même, c'est la répartition des migrants vers les centaines de centres d'accueil et d'orientation (CAO) partout en France qui fait le plus polémique.

Depuis plusieurs semaines maintenant, pro et anti s'affrontent dans la rue, lors de réunions publiques ou par médias interposés. Le stade du simple débat contradictoire est largement dépassé et il n'est plus lors question d'échanges politiques sereins. Encore une fois la passion a pris le pas sur la raison.
Et sur ce sujet, il est difficile de compter sur notre classe politique pour apaiser les choses. Bien au contraire, chacun surenchérit à sa manière dans une véritable course à l'échalote.

A mon sens, l'enjeu est bien trop important pour notre pays pour être traité de la sorte. Et il me semble primordial, dans l'intérêt de tous, de chercher autant que faire se peut à prendre de la hauteur sur ce sujet. Je m'étais jusqu'alors abstenu de m'exprimer sur ces problématiques mais j'ai décidé de revenir aujourd'hui sur ce choix car je suis agacé par ce que je vois ou entends sur les réseaux sociaux et dans les médias. Je suis lassé de ces polémiques stériles, exaspéré par les caricatures et autres amalgames.   

Je vais essayer de résumer ici mon opinion sur le sujet, de manière simple et succincte.
Tout d'abord, il me semble indispensable de bien définir de quoi on parle. Car plusieurs termes sont aujourd'hui utilisés indistinctement : migrants, immigrés, réfugiés … Cela ajoute de la confusion à des situations déjà difficiles à appréhender.
A mon sens, deux grandes catégories d'individus coexistent et alimentent les flux d'immigration (je laisse notamment et volontairement de côté le regroupement familial et les échanges universitaires) : les personnes quittant leur pays pour fuir la guerre ou la persécution et les personnes quittant leur pays pour des raisons économiques.
Sans surprise, et de manière assez consensuelle je pense, je crois que notre pays s'honore à accueillir les populations persécutées ou issues de pays en guerre et à leur offrir le statut de réfugié. Le droit d'asile doit donc continuer à être accordé aux personnes qui répondent aux critères définis. A l'inverse, les personnes qui n'entrent pas dans ce cadre doivent se voir signifier l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et être expulsées. De telles règles existent aujourd'hui mais ne sont malheureusement pas appliquées, ce qui conduit à créer un certain imbroglio dans la tête de la population.

Ensuite, s'agissant de l'évacuation de la jungle de Calais, je considère que cela aurait dû être fait depuis longtemps. Mieux, l’État n'aurait jamais dû laisser se développer un tel campement où les conditions d'hébergement, d'hygiène et de sécurité n'étaient clairement pas à la hauteur.  
Mais ne revenons pas sur le passé et concentrons nous davantage sur l'avenir. Le moyen et long-terme sont évidemment conditionnés, au moins en partie, par les remarques précédentes. En revanche, le court-terme prend lui une tournure plus que contestable et d'ailleurs largement contestée. Je pense bien sûr à la répartition des migrants dans nos régions qui me semble problématique.
D'une part, et toujours en cohérence avec mes propos précédents, je crois que cette évacuation aurait dû être l'occasion d'expulser les personnes qui n'ont pas vocation à rester sur notre sol.

D'autre part, je suis plus que perplexe quant à la méthode de répartition en elle-même. Et il me semble d'ailleurs que c'est cet aspect en particulier qui suscite une forte opposition de la part de la population. Soyons concret pour mieux comprendre le problème. Il était prévu que le département de l'Isère accueille 250 personnes sur trois sites dont 100 pour la seule ville de Saint Martin d'Hères. En outre, il s'agissait d'accueillir 100 hommes seuls dans une tour au cœur du domaine universitaire.  
Du pain-béni pour certains qui se sont jetés sur l'information pour dénoncer l'invasion du campus par une horde de sauvages en rut qui allaient mettre en péril la tranquillité et la sécurité des étudiants et étudiantes. Je ne relèverai pas ces inepties car elles ne le méritent même pas. Pour autant, je m'interroge sur les raisons qui ont poussé nos dirigeants à prendre une telle décision. Comment ne pas susciter l'inquiétude, somme toute légitime, de nos concitoyens dans pareilles conditions ?

Je ne peux que m'interroger sur une telle concentration d'hommes seuls en un même endroit comme c'est le cas à Saint Martin d'Hères mais également dans d'autres villes de France. N'y avait-il pas d'autres solutions d'hébergement plus équilibrées dans notre cher pays aux 36 000 communes ? N'aurait-il pas été préférable que chaque commune accueille quelques migrants chacune ?
Car pour moi la solution retenue va à l'encontre même de toute possibilité d'intégration. C'est davantage vers un phénomène de communautarisation dans une logique grégaire vers lequel on se dirige. Comment imaginer alors que ces personnes vont pouvoir s'intégrer à la population ?

Une dernière remarque pour terminer. On voit souvent fleurir sur les réseaux sociaux une sorte de mise  concurrence entre migrants et Sans Domiciles Fixes. Autrement dit, il est reproché de privilégier les migrants étrangers en termes d'aides, de logement … aux dépens de nos SDF (sous-entendus Français).
Outre le fait que cette compétition entre personnes dans le besoin soit moralement discutable, celle-ci relève, je crois, d'une certaine hypocrisie voire d'une malhonnêteté intellectuelle. En effet, il est tout à fait probable que ces personnes soient les mêmes qui détournent le regard dans la rue ou qui réprouvent la mendicité.
Là encore ce sont des polémiques stériles qui ne grandissent pas leurs auteurs et dont notre pays n'a clairement pas besoin …

mardi 21 juin 2016

Election municipales en Italie : 5 étoiles pour Rome et Turin

Après l'Autriche et avant l'Angleterre, c'est l'Italie qui était appelée aux urnes ce dimanche pour le second  tour des élections municipales. Le premier semestre 2016 aura donc été riche en votes au niveau européen.
Si chaque élection est bien évidemment différente avec des problématiques propres à chaque pays, on peut toutefois constater d'importants points de similitudes entre ces échéances. Ou en tout cas une certaine répétition dans les résultats.

Que voit-on finalement dans chacune de ces élections ?
Deux éléments sont à mon sens primordiaux et récurrents. D'une part, que ce soit en Espagne, en Italie ou en Autriche, on ne peut qu'observer un rejet plus ou moins massif des partis institutionnels. Droite et gauche de gouvernement sont remisés notamment au profit de mouvements dits citoyens (Podemos en Espagne, mouvement 5 étoiles en Italie) ou de formations d'extrême droite (FPO en Autriche).  

Cette lame de fond qui parcourt/balaie l'europe n'a pas épargné l'Italie comme l'ont prouvé les dernières élections municipales. Bien que marqué par une forte abstention, ce scrutin se révèle être à la fois une importante victoire pour le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo qui s'empare de Rome et Turin mais également une lourde défaite pour le PD (Parti Démocrate) du premier ministre Matteo Renzi qui se retrouve dans une situation de plus en délicate. Et ce n'est pas le référendum d'octobre sur la future réforme constitutionnelle qui risque d'arranger les choses dans la mesure où celui-ci a lié son sort à l'issue du scrutin.

Analyser uniquement ces élections municipales comme un refus de la ligne politique du gouvernement serait toutefois une erreur. Car il s'agit de bien plus que cela en réalité. Certes le premier ministre et le PD ont accumulé nombre de griefs contre eux mais on remarque malgré tout la conservation de plusieurs villes telles que Milan ou Bologne ce qui nous conduit à nuancer notre jugement.
La prise en compte du profil des candidats victorieux permet en revanche de mieux comprendre leur succès. Comme Podemos en Espagne, le mouvement 5 étoiles est une formation plutôt jeune et issue de la société civile qui prône une nouvelle manière de faire de la politique. Leur volonté de renouvellement de la classe politique les conduit alors à présenter des candidats jeunes, peu ou pas expérimentés à l'inverse des candidats des partis traditionnels qui sont eux en place depuis de nombreuses années et sont pour certains englués dans des affaires de corruption.   
Cette stratégie fut doublement gagnante à Rome et Turin avec l'élection de deux jeunes femmes (Virginia Raggi, 37ans dans la capitale et Chiara Appendino, 31 ans). Peu connues du grand public, celles-ci ont réussi le pari d'incarner le renouveau face aux candidats sortants, des hommes plus âgés et expérimentés.

Si la campagne n'a pas été de tout repos et que la victoire était loin d'être acquise, le plus dur est peut-être finalement à venir. Indéniablement ces candidats, en Italie, en Espagne ou ailleurs, suscitent une importante vague d'espoir mais aussi, et surtout, une forte attente de la part de leurs concitoyens. Plus encore que la situation des villes conquises ou les attaques de l'opposition, ce sera l'impatience des électeurs qui constituera le pire ennemi de ces nouveaux élus. Toute la difficulté se résume donc maintenant à résister à l'épreuve du pouvoir et à la confrontation avec la réalité …

dimanche 8 mai 2016

Nouveau maire de Londres : pourquoi tant de polémiques ?

Pont de l'ascension aidant, notre pays s'est quelque peu  ralenti ces derniers jours. En revanche, la polémique, elle, ne semble pas avoir pris de repos. Pire encore, lorsque nos contrées ne suffisent pas à nourrir la controverse, nos experts en la matière font preuve d'imagination en en important d'ailleurs.

Et c'est justement ce qui s'est produit suite à l'élection du nouveau maire de Londres. Récoltant 44% des voix, Sadiq Khan a remporté jeudi la capitale britannique face au candidat conservateur, Zac Goldsmith. Rien de bien intéressant a priori que cette élection municipale chez nos voisins anglais. En théorie non. Mais pas en pratique tant cette élection a fait couler de l'encre.

Qu'a-t-on souligné finalement dans cette affaire ?  La conquête de la ville de Londres par un travailliste après le double mandat du conservateur Boris Johnson ? La victoire du fils de chauffeur de bus face au fils de milliardaire ? Les propositions en matière de logement, de transports ou de pollution ? Rien de tout ça en réalité.
La principale chose, pour ne pas dire l'unique chose, qui a été mise en avant est la religion du nouveau maire. Et en l'occurrence son appartenance à la religion musulmane. Sadiq Khan n'a jamais caché sa religion mais ne l'a a priori pas revendiquée non plus. En tout cas, il ne semble pas l'avoir utilisée comme un argument électoral contrairement à ses adversaires. Il faut d'ailleurs noter que ce sont les médias français qui ont particulièrement mis l'accent sur la religion du candidat.


Le maire de Londres a bien le droit d'être musulman me direz-vous. Et je vous l'accorde bien volontiers. Pour être tout à fait honnête je me contrefiche de la religion de ce monsieur. Et c'est également le cas de la majorité des électeurs londoniens. Je trouve donc navrant que cet homme ait été systématiquement renvoyé à sa religion alors même que cela doit relever pour moi de la sphère privée. Pourquoi une telle différence de traitement avec d'autres candidats, si ce n'est pour lui porter préjudice ?

Ce traitement médiatique est toutefois révélateur et symptomatique de l'époque dans laquelle nous vivons. Plus que le programme et les idées, ce sont les identités des individus qui sont mises en avant. La tendance n'est plus au candidat socialiste ou libéral mais plutôt au candidat musulman ou gay. A l'ère du communautarisme ambiant, l'avènement de ces nouvelles étiquettes me semble préoccupant tant elles mettent à mal notre pacte républicain.
Encourager et entretenir ce phénomène comme le font certains médias ou forces politiques ne fera que donner du grain à moudre aux partisans de l'identitarisme. Ne leur facilitons pas la tâche en tendant le bâton pour se faire battre …

lundi 28 mars 2016

Terrorisme : il est temps d'agir !

Après je suis Charlie, je suis Paris, je suis Tunis, je suis Beyrouth et tous les autres, c'est maintenant la Belgique qui est touchée par un nouvel attentat revendiqué par Daech. Terribles explosions à l'aéroport de Zaventem et dans le métro près de Maelbeek causant ainsi 31 morts et plus de 300 blessés.

Bien évidemment nous ne pouvons qu'avoir une pensée pour les victimes et leurs familles. Bien sûr ces attentats ont soulevé une vague d'émotion dépassant largement la Belgique et nombre de pays ont rendu hommage aux victimes. Quoi de plus naturel finalement ? Mais est-ce pour autant suffisant ? Je ne le crois pas. Car c'est ce que nous avons fait après le 7 janvier, c'est ce que nous avons fait après le 13 novembre. Et ensuite ? Doit-on continuer à faire le deuil et à allumer des bougies en attendant la prochaine fois ?

Le temps du deuil et du recueillement est évidemment nécessaire. Mais il n'est clairement pas suffisant. Et ces attentats qui se répètent, en Europe mais partout dans le monde, ne peuvent continuer indéfiniment. En tout cas, nos dirigeants doivent faire le maximum pour y mettre un terme. Nul ne prétend avoir la solution miracle face au terrorisme tant cette menace est diffuse. Prétendre éradiquer ce risque serait évidemment un mensonge éhonté. Pour autant, il est possible de réduire ce risque, de le contenir en prenant des mesures fortes et immédiates.

Car au final, quelles ont été les réactions du gouvernement face à ces attentats ?
Presque aucune en janvier malheureusement. Rien de réellement significatif en réalité. La loi renseignement, qui se révélera totalement inutile, a été avancée pour donner l'illusion du mouvement et l'opération Sentinelle, c'est-à-dire le déploiement de militaires dans nos rues afin de protéger des points jugés sensibles, a été mise en place. Déjà critique à l'époque comme je l'expliquais ici, je continue à penser que cette opération est contre-productive et relève davantage d'un coup de communication visant à rassurer la population plutôt qu'à assurer sa sécurité. Preuve en est la terrible conversation entre un policier et un soldat le soir du massacre au Bataclan où le second refuse d'agir sans ordres de sa hiérarchie.

Fervent soutien de nos forces armées, je ne peux que saluer le travail accompli par nos soldats. Pour autant, je pense que l'opération Sentinelle doit être arrêtée. Il en va de l'intérêt de nos militaires qui sont complètement épuisés, avec encore récemment la suppression de jours de repos. Mais cela serait également profitable pour notre pays si ces hommes et ces femmes étaient envoyés sur des théâtres d'opérations extérieures (Mali ou Syrie par exemple) afin de faire vraiment leur métier. Car il serait grand temps que nos dirigeants comprennent que nos soldats n'ont pas vocation à patrouiller dans les rues de France, mission qui relève de la police et de la gendarmerie. Enfin si tant est que ceux-ci en aient encore les moyens suite aux coupes budgétaires et suppression de postes imposées par Nicolas Sarkozy et François Hollande …

Faibles réactions donc après le 7 janvier. Et moins d'un an plus tard, nouveaux attentats sur notre sol, en plein Paris, le 13 novembre 2015. Nouveau choc, nouvelle vague d'émotions. Là encore la réponse n'est pas forcément à la hauteur des évènements. Certes des annonces ont été faites, certes l'état d'urgence a (enfin) été déclaré. Mais que retient-on de tout cela ? Des affrontements stériles entre politiciens autour de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité. Toute une mise en scène autour d'une mesure qui relève de la symbolique et qui ne permet en rien de lutter activement contre le terrorisme. A l'inverse très peu sur des actions plus urgentes et efficaces telles que le renforcement des contrôles aux frontières ou l'augmentation des moyens des forces de l'ordre. Bref, encore et toujours de la comm …

Nous l'avons déjà dit et je le réaffirme ici, il n'existe aucune solution miracle permettant à coup sûr d'éradiquer le terrorisme de notre planète. Pour autant, cela ne doit pas nous réduire à la passivité, en attente d'un nouveau massacre. Bien au contraire. Car il existe malgré tout des mesures simples et concrètes qui permettraient de réduire le risque. Mais encore faut-il avoir le courage politique de les annoncer et de les mettre en œuvre.

L'un des aspects que l'on retrouve dans chacune des attaques que nous avons subies est que les personnes impliquées étaient déjà connues et surveillées par les services de renseignements. Pourtant, les informations obtenues n'ont pas été traitées ou les surveillances avaient été abandonnées. A qui la faute ? Bonne question en réalité. Et il serait justement intéressant d'analyser si des manquements ont eu lieu et surtout si les actions correctives ont été prises afin d'éviter que cela ne se reproduise. Clairement l'accent doit être mis sur le renseignement et la coopération, notamment au niveau européen, en matière d'échanges d'informations. C'est tout ce travail de fourmi réalisé dans l'ombre qui permettra de déjouer les attentats en préparation et d'identifier les menaces potentielles.

Mais les services de renseignement sont seulement un rouage du système de lutte contre le terrorisme. Et si cette lutte passe par une surveillance sur notre territoire, le combat doit aussi être mené à la source du problème là où se développe Daech, c'est à dire notamment en Syrie. Pendant trop longtemps nos dirigeants ont pris le problème syrien à la légère et leur volonté de voir Bachar El Assad tomber a pris le pas sur toute autre considération. Pire, nous avons soutenu, dans ce vil objectif, différents groupes islamistes tels qu'Al Nosra, filière locale d'Al Qaida. Tout cela laissant alors champ libre à Daech. Il semblerait que notre diplomatie commence progressivement à changer son fusil d'épaule et à ne plus conspuer les forces armées russes largement actives sur le terrain, contribuant notamment à la reprise de Palmyre ce week-end. Une partie de notre sécurité, en Europe, se joue actuellement au Moyen-Orient et il me semble indispensable de combattre Daech dans ses bastions notamment afin de couper ses sources de financement liées en grande partie au pétrole et à ses relations plutôt ambigües avec la Turquie.

Renseignement d'une part, opérations militaires au Moyen-Orient d'autre part. Sans oublier évidemment les actions qui doivent être menées sur notre sol au quotidien. L'état d'urgence est en soi une réponse si tant est qu'il soit utilisé à bon escient et non pour persécuter d'éventuels opposants politiques. Évidemment que les moyens des forces de l'ordre doivent être renforcées, ne particulier en termes d'hommes et de matériel. Mais les effets se verront uniquement à moyen terme suite aux coupes réalisées lors des quinquennats Sarkozy et Hollande. En revanche, il est un élément qui peut, sur simple volonté politique, être immédiatement mis en œuvre. Je pense bien sûr au contrôle des frontières aujourd'hui totalement inexistant. Car nous l'avons vu, là aussi lors des évènements du 13 novembre, les assaillants ont pu allégrement circuler entre la France et la Belgique avec armes et munitions sans être inquiétés. Schengen est mort et enterré mais nos gouvernants ne veulent malheureusement pas l'admettre par pure idéologie. En ces  temps troublés est-ce si illogique que cela de contrôler qui entre et qui sort de notre territoire ? Et pourquoi ce qui serait possible dans la plupart des pays du monde ne le serait pas pour la France ?

Enfin,  il est une chose que j'ai, comme beaucoup de nos concitoyens d'ailleurs, beaucoup de mal à comprendre. Nous l'avons dit précédemment, la quasi-totalité des terroristes étaient connus des services de police ou de renseignement. D'autres, qui sont allés combattre en Syrie et qui sont de retour sur le territoire français, sont également clairement identifiés. Sans parler évidemment de toutes les personnes radicalisées ayant une fiche S. Bref toute une flopée d'individus représentant une menace potentielle sérieuse circulent aujourd'hui en toute liberté dans nos rues. Et face à cela nos dirigeants ne font rien ou plutôt si, ils attendent que la menace se matérialise donc que ces dégénérés passent à l'acte. N'a-t-on pas, dans un pays comme la France, les moyens de neutraliser de manière préventive ces individus, avant même qu'il ne soit trop tard ?

En matière de terrorisme, comme dans bien d'autres domaines d'ailleurs, nos dirigeants font preuve d'un angélisme et d'un laxisme dévastateur. Pour des raisons économiques, politiques ou idéologiques, pour ne pas dire électorales,  certains ont pendant trop longtemps détourné le regard préférant nier les problèmes plutôt que de les combattre à la racine. Nous en récoltons malheureusement aujourd'hui les fruits. Charge à nous maintenant d'ouvrir les yeux et d'affronter la réalité en face …