lundi 8 juin 2009

Surprise, surprise !

Comme beaucoup de gens aujourd'hui, je vais m'atteler à commenter les résultats de ces élections européennes qui se révèlent finalement assez surprenants. Pour cela, je me baserais sur les scores nationaux des différentes listes.


- l'abstention : Les grands gagnants de cette élection sont bien évidemment les abstentionnistes avec un taux de participation de 40,65 %.
Néanmoins, ce taux d'abstention regroupe des réalités différentes. En effet, on peut trouver parmi ces 60 % un noyau dur qui ne vote jamais et ceux qui se sont abstenus par conviction afin de montrer leur rejet de cette Europe. Il faut également prendre en compte les personnes ayant voté blanc ou nul. Celles-ci ont fait le déplacement mais n'ont pas choisi de listes. En outre, on trouve dans ce pourcentage les gens qui n'ont pas voulu se rendre aux urnes car ils pensent que voter ne sert à rien vu les suites du référendum de 2005.

- l'UMP : Avec 27,87 %, les listes de la majorité remportent ces élections. On peut donc voir que le vote sanction contre Nicolas Sarkozy a eu un effet marginal. Ce score me semble tout de même élevé dans la mesure où il s'agit des listes de la majorité et du gouvernement, qui sont actuellement contestés.
On peut néanmoins expliquer ce résultat par les effets positifs de la présidence française de l'UE qui a permis à l'Europe de bouger. De plus, on peut penser que l'UMP bénéficie d'un électorat fidèle.

- le PS : Le score du parti socialiste est assez faible (16,48 %) et décevant. Toutefois, cela traduit assez bien les divisions au sein de la direction. Il apparaît également que le PS a été handicapé par sa stratégie d'appeler à un vote sanction.

- Europe Ecologie : Il s'agit ici d'une grande surprise de ce scrutin. En effet, avec 16,28 %, la liste écologiste arrive en 3ème position derrière l'UMP et le PS. Ce résultat, ajouté à celui des listes alliance écologiste indépendante, montre bien l'engouement croissant des Français pour le thème de l'écologie et les questions environnementales.
En outre, Europe Ecologie a misé sur des personnalités fortes (Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové) comme têtes de liste, ce qui me semble être un facteur important dans ce score.
Enfin, on peut supposer une influence sur les électeurs du film Home diffusé vendredi soir sur France 2. En effet, ce film, retransmis également dans des salles de cinéma et dans 134 pays, a réuni 9 millions de téléspectateurs. Ainsi, parler du réchauffement climatique deux jours avant une élection réunissant des listes écologistes n'est pas neutre et a peut-être pu inciter des électeurs indécis à voter pour les listes des verts.

- le Modem : Le score du Modem (8,45 %) est également surprenant mais dans un autre registre. Effectivement, les élections européennes sont clairement un échec pour la formation de François Bayrou. Arrivé en 4ème position, je pense que le résultat du Modem est principalement lié à une mauvaise stratégie électorale. Ainsi, les candidats ont relativement peu parlé d'Europe ou, lorsque cela était le cas, les propositions étaient similaires à celles des autres formations.
Le Modem a donc souffert d'un manque de différenciation par rapport à ses concurrents. De plus, il apparaît que Bayrou a été sanctionné pour son anti-sarkozysme obsessionnel et ses trop grandes vues sur 2012 et l'élection présidentielle.

- le Front de gauche : Avec 6,05 %, le Front  de gauche réalise un score encourageant. Toutefois, celui-ci n'était pas acquis dans la mesure où cette formation s'appuie sur un nouveau parti (le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon), un parti mineur (la gauche unitaire) et un parti en déclin (le parti communiste).
Il apparaît néanmoins que le Front de gauche a bénéficié d'un socle de fidèles électeurs communistes ainsi que de la logistique et des moyens techniques et humains du PCF. De plus, le mouvement a pu compter sur les qualités de débatteur et d'orateur de Mélenchon. Enfin, le Front a proposé une alternative à gauche, attirant ainsi les électeurs déçus du PS et du NPA.

- le NPA : Les résultats du NPA (4,98 %) ne sont pas tellement surprenants dans la mesure où ce parti, sans réel programme européen, a bénéficié de la crise et est apparu comme un vote de contestation à gauche.
Il semble toutefois dommage que le NPA n'ait pas trouvé d'accord avec le Front de gauche. Cela aurait permis d'envoyer davantage de députés au Parlement européen.

- Libertas : Le rassemblement du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous réalise un score correct de 4,8 %. Toutefois, les résultats du mouvement souverainiste sont faibles et même inférieurs à ceux du seul MPF en 2004. Libertas n'a donc pas bénéficié de l'apport en voix de CPNT alors que la conjoncture lui était favorable.
Je pense que ce score s'explique par l'abstention d'une partie de l'électorat souverainiste et du siphonage par l'UMP de ce même électorat. En outre, on peut penser que les Français ont pu être rebutés par le mouvement en lui-même en raison de ses antécédents et non par les idées en elles-mêmes.

- le FN : Avec 6,34 %, le Front National se maintient dans le paysage politique. Néanmoins, comme pour Libertas, le FN souffre d'une abstention forte. Pourtant, alors que certains le voyait mort, le parti prouve qu'il est toujours présent et qu'il peut encore avoir des élus.
Je pense qu'il faudra suivre attentivement le FN durant les prochaines années afin de voir comment celui-ci réagit au retrait de son président.

- Debout la République : Ce petit parti que je soutiens à réalisé un score honorable de 1,77 %. Alors bien évidemment, ce résultat peut paraître faible. Néanmoins, ce mouvement gaulliste et républicain est peu connu des Français et bénéficie de peu de visibilité médiatique.
Je crois que la faiblesse de ce score est principalement due à un manque de notoriété et de visibilité du parti.

samedi 6 juin 2009

Posons la question de l'élargissement

Pour ces élections européennes, des clivages existent entre les différentes listes. Bien évidemment, une césure  demeure entre les partisans du Oui et du Non au Traité Constitutionnel Européen (TCE) et, par extension, au traité de Lisbonne.
On peut également constater qu'une rupture a lieu entre les partis favorables à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et ceux qui y sont opposés. Toutefois, outre le cas de la Turquie, cette opposition pose la question de l'élargissement (sans fin ?) de l'UE.

Initialement, le projet européen était basé sur des accords à 6 pays (la France, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, les Pays bas et le Luxembourg dans le cadre de la CEE). Pourtant, au fil du temps, la construction européenne s'est accélérée pour aboutir finalement à une union à 27 pays depuis 2007 avec l'entrée de la Roumanie et la Bulgarie.
Il apparaît cependant que les frontières de l'UE ne sont toujours pas définitives dans la mesure où de nombreux pays souhaitent s'y engager. C'est notamment le cas de la Turquie, de la Croatie ou encore une partie de la population islandaise.
Je crois que l'Union Européenne, en l'état actuel des choses, ne peut fonctionner. En effet, il me semble que de trop grandes disparités subsistent entre les différentes nations, que ce soit en termes économiques ou culturels par exemple. Il conviendrait donc d'arrêter immédiatement toute négociation visant à intégrer de nouveaux pays.

Alors bien sûr, il n'est pas possible de revenir en arrière. Néanmoins, je crois que l'Union Européenne aurait dû se limiter à 15 pays. En effet, je pense que cela aurait  permis à ce noyau dur de rivaliser réellement avec les grandes puissances actuelles et surtout de ne pas subir la concurrence fiscale et sociale des pays d'Europe centrale et orientale (PECO).

Je crois donc que la stratégie d'élargissement menée depuis une dizaine d'années est vouée à l'échec. De fait, cela se traduit par l'entrée de pays au développement, économique notamment, inférieur à ceux des nations déjà membres. Il se créé ainsi un décalage entre les régions qui se révèle handicapant pour les pays d'Europe de l'Ouest.
En fait, l'Union Européenne est un tel un pont qui s'appuie sur deux berges : l'une robuste, solide et l'autre plus fragile plus instable.

vendredi 5 juin 2009

Etre petit c'est dur ...

Dans la vie de tous les jours, le fait d'être petit peut parfois être ressenti comme un handicap. Cela est d'autant plus vrai en politique. En effet, quoi de plus difficile pour un petit parti de se faire connaître ?

Les petits et/ou nouveaux partis ont donc énormément de mal à exister. Effectivement, les médias parlent peu de ces mouvements et se justifient en invoquant leur manque de visibilité. Hallucinant ! Comment veulent-ils qu'un parti gagne en visibilité s'il n'a pas accès aux interviews et reportages ?
Alors bien sûr, il existe toujours le tractage mais la diffusion d'affiches a un coût et sans élection, pas de financement public. Or sans renommée médiatique pas d'élection et si pas de reconnaissance publique, pas de médias. Il s'agit donc d'un cercle vicieux qui empêche un renouvellement de notre paysage politique.

Pour en revenir aux élections européennes, les autorités attestent de la présence de 161 listes en France. Toutefois, la plupart d'entre elles n'ont aucune chance d'obtenir des élus. Je mets de côté les listes folkloriques qui existent seulement dans 1 région électorale, ce qui élimine un certain nombre de candidats.
Il reste toutefois des partis nationaux qui présentent des listes dans toutes les régions de métropole. Ceux-ci en raison de leur "petite taille" ont peu accès aux médias et sont souvent, pour des raisons financières, très présents sur internet.
Ces listes ont pourtant  peu de chance d'envoyer des députés au Parlement  européen du fait d'un mode de scrutin aberrant. En effet, depuis 2003, la France est divisée en 8 grandes circonscriptions  (Est, Ile-de-France, Massif central  -Centre, Nord-Ouest, Ouest, Outre-mer, Sud-Est et Sud-Ouest). Le but de cette réforme du mode de scrutin était de rapprocher les électeurs de leurs élus mais cela a plutôt eu pour conséquence de multiplier le nombre de candidats pour un même parti. Ainsi, les frais de campagne ont été multipliés ce qui favorise énormément les grands partis.    En outre, les sièges disponibles sont répartis entre les listes ayant obtenus plus de 5 % des suffrages exprimés. Cela limite donc considérablement l'émergence de nouvelles forces politiques.

Finalement, on se rend bien compte que la vie politique française tend à devenir bipartite sur le modèle américain. Effectivement, la mise à l'écart, notamment médiatique, des petites formations profite grandement aux deux principaux partis de notre pays que sont l'UMP et le PS.
Je crois donc qu'il est important de faire des efforts afin de maintenir un pluralisme politique en France. Cela peut se traduire, par exemple, par des modes de financement différents ou encore par un plus grand recours au scrutin proportionnel.

Ne nous trompons pas d'élection !

Dimanche 7 juin, les Français seront appelés à voter pour élire les représentants de la France au Parlement européen. L'élection de dimanche est donc une élection EUROPEENNE et non une élection purement nationale.

Alors évidemment, comme pour toute élection, ce scrutin comporte des enjeux nationaux. Néanmoins, ce vote ne doit pas se limiter à ces seuls enjeux comme cela est actuellement le cas. En effet, je regrette que cette élection soit transformée en un plébiscite (ou non) de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, la gauche appelle à un vote sanction et l'UMP fait campagne sur la "réussite" de la présidence française de l'Union Européenne.

Il n'est donc pas étonnant que l'abstention soit si forte lors de ce genre de scrutin. Je crois que les Français, dans leur grande majorité, aiment l'Europe. Ils attendent donc que nos politiques leur parlent réellement d'Europe, de leurs propositions pour les années à venir.
Malheureusement, la campagne européenne est une farce. Il suffisait de regarder le débat d'hier soir sur France 2. Celui-ci s'est avéré inaudible et repoussant pour n'importe quel électeur. Ce genre d'émission a pour but de faire connaître les propositions de chaque parti, permettant à chacun de faire son choix. Néanmoins, dans la plupart des cas, cela se résume à des oppositions stériles entretenues par des joutes verbales qui contribuent à décourager les gens de se rendre aux urnes.

Je pense donc que nos dirigeants ont une responsabilité dans le phénomène abstentionniste qui plane sur notre démocratie. Afin d'encourager tous les citoyens à voter, je crois que des débats doivent être organisés avant chaque élection, que les campagnes pré-électorales doivent débuter au moins un mois avant la date du scrutin et surtout que les candidats doivent parler des vrais sujets au lieu de faire preuve de démagogie.

Finalement, je crois que la lutte contre l'abstention passe par le remplacement de la contestation par la proposition afin d'intéresser à nouveau les Français au processus électoral.

jeudi 4 juin 2009

L'immigration, un problème européen

Hier soir, l'émission Enquête exclusive (M6) était consacrée aux roms. Outre le cas particulier de cette "communauté", le reportage pose la question de l'immigration dans l'Union Européenne.

Alors bien sûr la venue de migrants a été profitable pour nos pays. Toutefois, ce phénomène est aujourd'hui catastrophique et lourd de conséquences. En effet, il apparaît que la France n'a plus la capacité d'accueillir autant d'immigrés chaque année. En outre, ces flux migratoires posent des problèmes de logement, d'emploi ... car certaines de ces personnes n'ont pas de travail et vivent dans des ghettos.
L'immigration doit également être abordée d'un point de vue financier. Je n'oublie bien évidemment pas qu'il s'agit d'êtres humains mais doit-on se sacrifier pour offrir des aides à des personnes venant s'installer dans notre pays sans, parfois, aucune volonté de s'intégrer ? Je ne le crois pas. Il ne faut pas oublier que l'immigration a un coût pour le contribuable (CMU, reconduites aux frontières ...). Or lorsque les habitants d'un pays ont des problèmes, comme c'est le cas actuellement, je pense que l'argent public doit être consacré à la résolution de ces problèmes et non utilisé en aides sociales pour clandestins.

Actuellement, nous en sommes arrivés à un point où la lutte contre l'immigration clandestine doit être primordiale. Néanmoins, je crois que les politiques migratoires doivent être appréhendées à l'échelle européenne, en plus du niveau national. De fait, lors de régularisations massives comme celles ayant eu lieues en Espagne et en Italie, les migrants peuvent, grâce à l'espace Schengen, circuler librement dans toute l'UE. Il convient donc de décider d'une ligne de conduite commune pour contrer ce phénomène.

Pour être réellement efficace, les politiques migratoires doivent s'articuler en deux parties. Un volet prévention avec  notamment l'instauration de mesures de co-développement avec les pays de départ. Un volet répression avec l'intensification des expulsions et le rétablissement des contrôles aux frontières.
Je pense que ces solutions pourront à terme permettre de diminuer les flux migratoires illégaux et également de contribuer à l'intégration des personnes légalement venues en France.

Le débat autour de l'immigration est sensible car ce problème n'a pas été réellement traité. Nos politiques l'ont mis de côté, votant quelques lois de temps en temps et laissant de ce fait le champ libre aux extrêmes. Ainsi, aujourd'hui, ceux qui essayent d'aborder le sujet sont traités d'extrémistes, de xénophobes.
Cependant, je crois que le thème de l'immigration doit être remis au coeur des discussions sans tomber dans la démagogie (régularisation de tous les sans-papiers, immigration zéro ...) car cela n'est en aucun cas responsable.
Je pense donc qu'il est du devoir de nos dirigeants de parler de tous les sujets, même de ceux qui fâchent.

mercredi 3 juin 2009

A ne pas oublier !

Voici un petit article trouvé sur le blog "le vrai débat". Celui-ci traite du financement de l'Union Européenne. Car il ne faut pas oublier que le budget de l'UE est constitué des contributions de chaque pays. En bref, l'UE ne fait que redistribuer l'argent des contribuables.


"L'Europe donne de l'argent à nos agriculteurs."
"L'Europe aide nos régions."
"L'Europe construit des routes et des ponts."

Très bien. Mais au-delà des slogans de campagne, qu'en est-il vraiment ? Quels sont les chiffres du coût de l'Europe ? L'Europe nous redistribue certes de l'argent, mais combien ? Et combien la France donne-t-elle chaque année à l'Europe ?
C'est à ces questions pas inintéressantes en pleine crise économique et sociale que nous tentons de répondre, au terme d'une enquête approfondie.
=> Concernant le transfert d'argent de la France vers l'Europe, c'est à dire ce que verse l'Etat français chaque année au budget européen, les choses sont assez claires. Il suffit de consulter le projet de loi de finances, le projet de budget. Pour 2009, la somme prévue est de 18,9 milliards d'euros (cf document en ligne ICI, page 2, "prélèvements au profit de l'Union européenne") ;

=> Les choses sont plus compliquées pour ce qu'on appelle en jargon bruxellois "les retours communautaires", c'est à dire l'argent que l'Europe redistribue aux Etats membres. La commission européenne répugne en effet à communiquer des chiffres ventilés par pays. Elle préfère les ventiler par type de dépenses.

Néanmoins, des documents communautaires nous permettent d'avoir une estimation de ces "retours" : 13,1 milliards d'euros en 2006 pour la France, aides agricoles au titre de la PAC comprises. (cf ICI page 41).
On sait par ailleurs que ce chiffre diminue assez sensiblement pour la France depuis l'élargissement de l'Europe à l'est. De grosses variations sont ainsi annoncées entre la période 2000-2006 et la période 2007-2013.
Par exemple en région Auvergne, le fonds de développement régional, c'est à dire l'argent versé par l'Europe au titre du développement des territoires, baisse de 17% entre 2007-2013 et 2000-2006. Le fonds social européen chute pour sa part de 35% sur la même période (cf ICI).
Le document gouvernemental déjà mentionné confirme en toutes lettres cette tendance à la baisse ; cf ICI page 44 : "les retours français devraient être amenés à décroître au cours de la période [2007-2013], en particulier à partir de 2009".

=> On pourrait donc tabler sur une redistribution en France de 13 à 13,5 milliards d'euros cette année, pour une dépense affichée au budget de l'Etat de 18,9 milliards d'euros. Soit une perte sèche pour la France de 5,4 à 5,9 milliards d'euros en 2009.

Mais c'est oublier deux choses.

1. D'abord, les dépenses réelles de la France vers l'Europe sont toujours supérieures aux prévisions inscrites dans les projets de budget.
Par exemple en 2008, dans les documents officiels, l'Etat prévoyait le versement de 18,4 milliards d'euros vers l'Europe. Le compte-rendu d'exécution du budget nous apprend en 2009 qu'en réalité l'Etat a versé à l'Europe 18,7 milliards d'euros, soit 300 millions d'euros de plus que prévu initialement. En appliquant le même décalage cette année, ce ne serait donc pas 18,9 milliards d'euros que la France verserait à l'Union européenne, mais 19,2 milliards d'euros.

2. Ensuite, il faut tenir compte des amendes que paie l'Etat français chaque année à l'Europe, et des subventions agricoles qu'il faut rembourser.
En 2008, l'Etat français avait inscrit à son budget 587 millions d'euros d'amendes pour non-transposition en droit français de directives européennes. La même année, la France a dû rembourser à l'Europe 150 millions de subventions agricoles perçues dans des conditions qui n'étaient pas conformes aux textes européens (vices de forme).

Il faut donc ajouter environ 1 milliard d'euros au versement de l'Etat français vers le budget européen.
Ainsi, en 2009, la perte sèche pour la France sera comprise entre 6,4 et 6,9 milliards d'euros.Ces chiffres sont cohérents avec une étude réalisée en 2006 par le Trésor public français, qui indiquait déjà une perte sèche de 5 milliards d'euros pour 2005. Cf ICI
, page 23.
En dix ans, la perte sèche pour la France a doublé. Dans le même temps, elle baissait de 40% pour l'Allemagne, et de 20% pour le Royaume-Uni.
La question se pose de savoir si les Français sont d'accord pour verser chaque année à l'Europe entre 6 et 7 milliards d'euros de plus que ce qu'ils en reçoivent, aides agricoles comprises.
En 2013, et plus encore après les futurs élargissements, cette somme flirtera sûrement avec les 10 milliards par an.

On nous répondra "solidarité européenne". Peut-être. Mais c'est aux Français de trancher, et au minimum d'être informés. Ils ont le droit de décider démocratiquement de l'utilisation de leur argent.
Un pays qui compte 8 millions de pauvres, bientôt 3 millions de chômeurs, et une précarité grandissante doit-il jouer la solidarité européenne à tout prix, ou doit-il se concentrer sur les blessures non soulagées d'un nombre croissant de ses concitoyens ?

A notre sens, la solidarité européenne était acceptable tant qu'elle restait dans des limites raisonnables, sans pénaliser les plus fragilisés des Français.
Jusqu'au début des années 2000, la France versait à l'Europe 1 à 2 milliards de plus que ce qu'elle en recevait. Cela nous paraissait acceptable. Depuis l'élargissement de 2004, le processus ne semble plus être maîtrisé. Les sommes explosent, et désormais 1/6 du déficit de l'Etat s'explique par la perte sèche de la France vers l'Europe. Certains comme Marine Le Pen demandent le gel de la contribution de la France et l'utilisation de l'équivalent de la perte sèche économisée au profit des victimes de la crise. D'autres comme le Modem et Europe écologie répondent "solidarité européenne". Les autres ne disent rien.

Cette situation, qu'on cache très largement aux Français, est-elle acceptable ? Nous posons la question. Elle est d'autant plus légitime qu'en réponse à l'argent qu'on leur verse, les pays d'Europe de l'est, nouveaux membres de l'Union européenne, pratiquent un dumping fiscal et social difficilement acceptable, qui accélère les délocalisations.

lundi 1 juin 2009

Stoppons les délocalisations

En cette semaine pré-électorale, mes articles seront consacrés à l'Union Européenne. Aujourd'hui, le thème sera les délocalisations qui restent un fléau pour les salariés Français et européens.

Actuellement, la France, et au-delà l'Europe, connaît un chômage de masse en raison d'un nombre croissant de vagues de licenciement. Alors bien sûr, le monde subit une crise économique et financière importante. Toutefois, ces mises à la porte durent depuis quelques années déjà et sont induites par le développement de délocalisations.
Les délocalisations sont aujourd'hui une pratique courante. Initialement, ce phénomène  avait pour objectif de  permettre à une entreprise de s'implanter sur de nouveaux marchés. Toutefois, ce système bien qu'encore présent, est surpassé par une logique purement comptable visant à limiter les coûts et notamment les coûts salariaux. Ainsi, la décision de délocaliser est maintenant motivée par la volonté de réduire ses charges de personnel afin de gagner en compétitivité et d'accroître ses bénéfices.
On peut toutefois distinguer deux types de délocalisation : celles intra-européennes et celles extra-européennes. Bien que le problème soit similaire, les solutions pour y remédier sont, selon moi, différentes.

Les délocalisations extra-européennes sont, il me semble, les plus anciennes. De fait, les départs vers l'Inde et la Chine sont relativement anciennes et étaient destinées à s'insérer sur le marché asiatique. Néanmoins, en raison d'une main d'oeuvre bon marché et docile, les entreprises ont intensifié leurs venues dans ces pays et ont commencé à réexporter leurs produits vers les pays occidentaux. Cela permet donc aux entreprises anciennement européennes mais également chinoises et indiennes de fournir aux européens des produits moins chers que ceux fabriqués localement.
Il paraît difficile d'interdire à une entreprise de délocaliser sa production en Asie. Toutefois, il semble nécessaire de réagir au niveau européen pour éviter la fuite de nos emplois. Selon moi, et d'après l'avis de plusieurs économistes, la mise en place d'un protectionnisme européen peut être une solution. En effet, l'instauration de taxes sur ces produits importés permettrait de mettre sur un pied d'égalité les produits chinois, indiens ... et européens et de lutter ainsi contre ce dumping social. De plus, cette taxe pourrait être utilisée afin de financer notre protection sociale et/ou d'aider ces pays dans le cadre d'une politique de co-développement.
L'établissement de politiques protectionnistes au niveau européen semblent donc nécessaires afin de conserver nos entreprises ou tout du moins de limiter leur disparition.

Depuis quelques années, et notamment depuis l'entrée des ex pays de l'URSS, les délocalisations intra-européennes se sont grandement développées. Les motivations restent semblables mais l'avantage réside dans la localisation de ces pays. De fait, leur proximité avec l'Europe de l'ouest et leur intégration au sein de l'UE sont des atouts non négligeables, notamment en termes de coûts de transport et de législation.
Dans cette configuration, la mise en place de mesures protectionnistes est inenvisageable car cela consisterait en un repli sur soi au niveau national, ce qui serait quelque peu suicidaire et malvenu dans une économie mondialisée telle que la nôtre.
Néanmoins, des solutions existent mais il faut pour cela remonter aux causes des délocalisations. Effectivement, il apparaît que les entreprises choisissent de délaisser les pays occidentaux pour des raisons fiscales et sociales (le salaire mensuel minimum est d'environ 1300 € bruts en France et de moins de 300 € bruts dans plusieurs pays d'Europe de l'est). Afin de mettre fin à ce phénomène, il faudrait donc que l'Union Européenne s'attelle à harmoniser les réglementations sociales (salaire minimum, protection sociale) et fiscales (impôt sur les sociétés) entre les différents pays membres. Cela aurait pour conséquence de transformer l'actuelle concurrence fiscale et sociale en une concurrence pour la qualité du travail et des produits.

Alors bien sûr ces propositions, simples en apparence, ne seront pas mises en place en deux mois. Cependant, je crois que nos politiques ont un rôle à jouer dans la promotion ces solutions mais cela ne sera possible que lorsque cette oligarchie aura pris conscience et reconnu les erreurs commises durant la construction européenne.
Pour ce faire, la prise en compte de l'avis du peuple et surtout le respect de ses choix serait déjà un bon début.