dimanche 21 février 2010

Quick : tu seras halal ou tu ne seras point

Depuis cet automne, à Argenteuil, Marseille et Roubaix notamment, certains restaurants Quick ne servent plus, à titre expérimental, que des hamburgers garnis de viande de bœuf venant de bêtes abattues selon le rite halal et où la dinde fumée a remplacé le bacon.
Le maire socialiste de Roubaix, René Vandierendonck, a déposé plainte jeudi pour «discrimination». Il explique ne pas être gêné «qu’il y ait une offre halal», mais juge que «ça va trop loin quand on ne propose plus que cela».
Source : Liberation.fr
 
Depuis quelques jours déjà la chaîne de restauration Quick est projetée sur le devant de la scène suite à cette affaire sensible. Pour mettre rapidement les choses au clair, je suis formellement opposé à un tel choix et je vais ici essayé de m'en expliquer.
Certaines personnes trouvent que cette décision relève d'une stratégie purement économique et qui se justifie par la loi de l'offre et de la demande. De plus, elles invoquent le fait que la viande halal a le même goût que la viande traditionnelle.
Personnellement, je crois que ces arguments ne sont pas recevables. Effectivement que Quick peut choisir de vendre tels ou tels produits néanmoins pourquoi avoir décidé de ne servir que de la viande halal. Je perçois cela comme une provocation. D'ailleurs, la suppression du bacon (porc) abonde en ce sens. Quick cherche donc à séduire, tout comme le NPA en présentant une femme voilée pour les régionales, une partie de la population française. Une telle entreprise me semble tout à fait condamnable dans la mesure où elle attise le communautarisme et s'oppose à notre modèle de société. Le pire dans cette histoire est que le principal actionnaire de la chaîne est la Caisse des dépôts et consignations soit autrement dit l'Etat français.

Je conçois parfaitement que certains individus ont des habitudes alimentaires différentes. Je trouve normal que l'on propose à ces mêmes individus des produits qui respectent leurs coutumes. Pour autant, je n'accepte pas qu'une part de la population soit sacrifiée au profit d'une autre. Selon moi, Quick doit immédiatement cesser son test et servir à nouveau de la viande non halal, tout en continuant à servir, si cela est son souhait, de la viande halal.
Je rajouterais que le choix de Quick risque, une fois de plus, d'attiser le sentiment anti-musulman qui couve en France.

Malheureusement, ce cas particulier n'est pas isolé puisque dans certaines cantines la viande de porc a également été bannie des menus. Pourquoi en arriver à de tels extrémités alors qu'il est possible de servir des plats avec et sans porc lors un même service ? Pourquoi jeter de l'huile sur le feu au lieu d'apaiser les tensions en répondant aux attentes de chacun ?

Je crains qu'avec le temps notre pays dérive vers une société à l'anglo-saxonne, c'est à dire une société où des communautés cohabitent les unes à côté des autres. Depuis toujours la France est une nation unie où la solidarité entre individus règne et où, du moins en théorie, il n'est pas fait de distinction entre citoyens.
Je crois qu'il faut lutter pour la survie et la pérennité de notre modèle de société. Aujourd'hui, Quick représente une menace parmi tant d'autres pour ce modèle. C'est pourquoi j'en appelle au boycott de cette enseigne. Bien sur, cela ne permettra pas forcément de changer les choses mais si chacun fait passer le message alors l'espoir est possible.
Ne dit-on pas que l'union fait la force ?

samedi 13 février 2010

Bonheur d'école

J'ai récemment terminé le livre de Marc le Bris intitulé "Bonheur d'école". Dans celui-ci, l'auteur  relate son expérience d'instituteur et de directeur d'école au travers de récits d'histoires vécues. L'instituteur en profite également pour mettre en exergue les lacunes de notre école actuelle et propose des solutions pour y remédier et refaire de notre école une fierté nationale qui a pour but de fournir à tous les outils pour bien commencer leur vie d'homme (et de femme) mais aussi de citoyen.

Mon article n'a pas pour objectif de résumer ce livre. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite vivement à le lire. Ma lecture m'a cependant permis de découvrir l'évolution de notre école depuis que je l'ai quittée. Je souhaite revenir aujourd'hui sur quelques points en particulier qui m'ont chagriné.

Le premier élément est relatif à la notation. La plupart d'entre nous ont connu le système classique de notation, avec un barème chiffré allant, le plus souvent, de 0 à 20. Pourtant, cette méthode est contestée par certains qui estiment que la note a un effet négatif sur l'enfant. C'est pourquoi les lettres ont remplacées les chiffres afin d'être soi disant moins violent. Je trouve que cela est stupide car il faut arrêter de ménager les jeunes générations. Des millions d'écoliers ont été confrontés aux notes chiffrées et ils ne s'en sortent pas plus mal. De fait, cela permet d'avoir une évaluation du travail rendu mais également de permettre la comparaison avec ses camarades. Alors bien sûr, cela introduit une certaine compétition mais c'est à l'institution de veiller à ce que cette rivalité soit saine et aboutisse à une émulation entre individus. Il ne faut pas oublier que l'école est sensée préparer à la vie future. Or la vie n'est pas toute rose et la compétition, la rivalité ... font parties intégrantes de notre société. L'école ne doit donc pas écarter cet aspect.
J'ai également entendu dire que certains professeurs donnaient les sujets d'interrogation, voire même les questions à l'avance. Comment cela permet-il d'évaluer correctement les élèves. C'est une ineptie absolue !
Je pense que les notes font parties intégrantes de la scolarité. Elles permettent d'évaluer les connaissances des élèves tout en donnant la possibilité de quantifier les progrès réalisés.

Le deuxième point qui m'a interloqué est la suppression des dictées et du calcul mental. Durant mes années de primaire, le calcul mental était une activité que nous pratiquions très souvent en inscrivant sur nos ardoises la réponse au calcul énoncé par le professeur. Il en est de même pour les dictées, que nous avons continué à faire jusqu'au collège. Aujourd'hui, de tels travaux restent rares et ont été majoritairement bannis de nos écoles. Cela est ahurissant dans la mesure où ils permettent d'apprendre à manipuler avec une plus grande aisance les nombres et les mots. Ils constituent les bases qui serviront de fondations à la maison des savoirs qui sera construite durant la scolarité. En ne consolidant pas ces bases, c'est toute la chaîne de l'acquisition des connaissances qui est fragilisée.
D'ailleurs, on constate chaque jour un peu plus les conséquences de ce laxisme éducatif. En effet, la moindre addition nécessite le recours à la calculatrice, outil somme toute formidable mais qui aliène complètement notre cerveau et instaure une sorte de dépendance. Je ne jette pas la pierre à ces élèves car je suis le premier à taper mes opérations pour en vérifier le résultat. Pourtant, les dommages causés par la suppression de la dictée sont encore plus importants. Ainsi, les jeunes générations ne savent plus écrire sans fautes. De plus, l'utilisation croissante des SMS et de la messagerie instantanée n'arrange en rien les choses.
La dictée avait ce mérite de faire découvrir de nouveaux mots aux élèves tout en leur apprenant à respecter les règles élémentaires d'orthographe et de grammaire. C'est pourquoi je souhaite ardemment le retour de la dictée dans nos écoles, et ce au niveau primaire mais aussi au collège. Pourtant,  la dictée ne résoudra pas à elle seule tous les maux. Il faudrait, en parallèle, accentuer fortement les cours de français afin de donner à chacun les outils suffisants pour s'exprimer correctement, que ce soit à l'écrit ou à l'oral.

Ces deux éléments ne sont qu'une partie des problèmes de notre école. Certains sont bien plus profonds et moins visibles. Néanmoins, on s'aperçoit que ceux-ci ont des effets désastreux sur les plus jeunes. Ainsi, il n'est pas rare qu'un élève rencontre des difficultés pour lire, écrire ou compter, quand ce n'est pas les trois à la fois.
Je ne crois pas que ces problèmes soient imputables aux enseignants. Il est bien sûr possible d'adresser quelques reproches à d'entre eux mais je crois, peut-être à tort, que les professeurs font le maximum avec les moyens dont ils disposent. Selon moi, les vrais responsables du naufrage du "paquebot Education Nationale" sont ces hauts fonctionnaires et autres soi disant experts qui cherchent sans cesse à ajouter leur pierre à l'édifice, sabordant ainsi toute possibilité de réussite.
Je pense que l'école doit être réformée en profondeur afin de revenir aux fondamentaux. L'école n'est pas, comme je l'entends souvent, un lieu de vie où les élèves passent un bon moment entre amis. L'école est un lieu de d'apprentissage où l'on inculque des savoirs aux jeunes générations. Arrêtons de croire que les jeunes ont à tout pris besoin de liberté. L'ordre et la rigueur n'ont jamais tué personne.
Je reprendrais juste la devise du pensionnat de Chavagnes (émission sur M6) : "discipline stricte et travail acharné triomphent de toutes les difficultés". Peut-être faudrait-il s'inspirer de cette devise pour nos établissements actuels. Car je le répète une fois de plus, l'école républicaine doit former les élèves et leur donner les outils nécessaires afin qu'ils puissent avoir un avenir décent.

Cessons donc ces changements homéopathiques et, avec le concours des enseignants notamment, attaquons nous au fond des problèmes afin de changer réellement les choses dans l'éducation nationale. Privilégions le qualitatif au lieu d'agir sans cesse sur le quantitatif. Intéressons nous aux attentes des professeurs, des élèves et des parents pour qu'enfin l'école ne laisse personne sur le bord de la route car celle-ci a un devoir d'égalité envers tous les citoyens. C'est grâce à une école forte qui promeut l'effort et le goût du travail que nous pourrons lutter contre les inégalités.
Investissons (nous) dans l'éducation car elle seule permettra d'assurer la survie et la continuité de notre pays.

dimanche 7 février 2010

Contre les délocalisations, l'appel au boycott

Voici un article issu du blog économique et social. Celui-ci aborde le thème des délocalisations en posant des constats très justes. Il propose également la mise en place d'un étiquetage signalant la provenance du produit afin que les consommateurs puissent privilégier les biens fabriqués localement.

Délocalisation, développement des pays pauvres, intérêt des citoyens et des consommateurs sont des sujets galvaudés. Qu’est-ce qu’une délocalisation ? Dans quels cas une délocalisation est-elle acceptable ? Que faire lorsqu’elle ne l’est pas ? Nous avons en fait le choix, du moins si on nous aide un peu.


Qu’est-ce qu’une délocalisation ?
Délocaliser c’est déplacer une activité industrielle, artisanale ou de service local vers un autre pays en remplacement partiel ou complet de cette activité.


Les neuf évidences des délocalisations


Première évidence : les délocalisations ne concernent pas que l’industrie mais également les services. Ainsi nous avons vu la majorité des centres d’appels basculer progressivement vers des pays étrangers. Evolution possible grâce aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et à leurs coûts de plus en plus bas. Avant la délocalisation des centres d’appels, quelques initiatives de secrétariat à distance ont été menées.


Deuxième évidence : Les délocalisations ne concernent pas uniquement les activités à faible valeur ajoutée mais tout type d’activités. Ainsi la Recherche et Développement, la médecine, la chirurgie esthétique, etc. sont maintenant concernées. Ce qui veut dire que presque tous les métiers sont aujourd’hui concernés. Une usine qui disparaît, c’est des ouvriers, des chefs d’équipes, des secrétaires, des comptables, des logisticiens, des acheteurs, des qualiticiens, des personnes des services généraux, de l’environnement, de la recherche et développement, des cadres, des dirigeants, etc. qui disparaissent. Si le mouvement continue, même les sièges sociaux disparaîtrons car ils n’auront plus de raison de rester en France si plus aucune n’activité ne se fait localement… Les managers qui favorisent ces délocalisations scient la branche sur laquelle ils sont assis à très court terme.


Troisième évidence : si au commencement des délocalisations les produits ou services voyageaient du producteur vers le consommateur, aujourd’hui il peut arriver que le consommateur se déplace pour obtenir un service moins cher ou avec un meilleur rapport qualité/prix. Il est possible maintenant de se déplacer pour obtenir des services de santé, de chirurgie esthétique vers des pays proches mais moins chers.


Quatrième évidence : Se développer à l’étranger n’est pas forcément délocaliser. Une entreprise Française qui crée une usine ou un centre R&D étranger est-elle forcément une entreprise qui délocalise ? Ce n’est évidemment pas le cas. Une entreprise doit « idéalement » produire là ou le produit est consommé. Ceci à plein d’avantages aussi bien économiques qu’écologique. Savoir que la fabrication d’un blue-jean nécessite de faire plusieurs fois le tour du monde avant d’arriver en temps que produit finit dans nos magasins est une hérésie. Certaines entreprises l’on bien comprit comme Toyota qui produit également ses voitures en France, ou comme Décathlon qui finalement à décidé de produire ses vélos en France (relocalisation) car le surcoût d’une dizaine d’euros n’était pas significatif en regard des avantages. Citons également le cas d’une entreprise fabriquant du mobilier de bureau : après avoir délocalisé en Chine, la production a été relocalisé en France car les délais d’acheminement de 3 mois par bateau lui faisaient perdre des clients (le client avaient le choix entre attendre 3 mois pour recevoir leur commande ou de choisir parmi un nombre très limité de modèles ou couleurs en stock). Se rapprocher de ses clients est un choix justifié et naturel pour une entreprise, que cela nous arrange ou non.


Cinquième évidence : Dans l’intérêt d’un pays, il faut produire le plus possible localement et vendre le plus possible à l’étranger. Ceci entre en contradiction avec le point précédent. Si pour l’écologie il vaut mieux ne pas acheter de produits fabriqués loin, pour un pays il vaut mieux exporter le plus possible (et donc fabriquer localement). Cette contradiction transparaît dans les avis divergents que l’on entend aujourd’hui concernant les délocalisations. Si les délocalisations sont légitimes parfois pour l’entreprise elles sont contraires à l’intérêt local et à l’écologie (à l’exception des services intellectuels, encore que cela consomme de l’électricité en serveurs, téléphone et transmissions d’informations). Ainsi chacun défend ses intérêts et tout le monde à « égoïstement » raison.


Sixième évidence : Les délocalisations semblent profiter aux pays pauvres mais la réalité est plus complexe. Nous entendons parfois que les délocalisations sont nécessaires et utiles aux pays pauvres. Cet argument très altruiste (lorsqu’il émane des habitants des pays à hauts-coûts) est portant discutable. Les pays pauvres se développant trop vite agrandissent souvent leurs inégalités locales. Ainsi, entre les paysans Chinois qui ont conservés leur métier et ceux qui ont intégrés les usines, il y a maintenant un écart de pouvoir d’achat très grand. Le développement économique rapide d’un grand pays comme la Chine et l’Inde ne concerne et ne concernera pas toute sa vaste population. Pire, il fait monter les prix locaux, rendant plus pauvres encore les laissés pour compte de l’industrialisation. Etre paysan est de plus en plus dévalorisé dans ces pays et pourtant il est nécessaire de nourrir cette population citadine sans cesse grandissante qui ne produit pas sa propre nourriture. Ceci implique des importations massives de denrées alimentaires en provenance de l’étranger. D’un point de vue écologique, ces développements rapides sont une catastrophe, l’eau en Chine n’est pas buvable et ne le sera pas avant très longtemps. Les usines utilisent parfois des produits interdits et/ou dangereux ; Difficile de contrôler de si nombreuses entreprises alors que ces pays n’ont pas encore la culture nécessaire ni les moyens. Une croissance économique rapide attise les appétits des plus corrompus, développant mafias et abus en tous genres (scandale du lait frelaté en Chine et corruption). Les délocalisations massives et non contrôlées vers ces pays tout en leur apportant croissance à deux chiffres, leurs posent de nombreux problèmes sociaux, énergétiques, écologiques, politiques et même économiques.


Septième évidence : Il est à noter que les délocalisations rapides auxquelles l’Europe procède ne sont pas facilement réversibles et ne sont pas pérennes pour l’Europe et pour les pays en voie de développement. Ces derniers ont parfois une masse de population si importante (se comptant en milliards d’individus) qu’elle est difficilement épuisable. Le nombre de pays potentiellement en voie de développement est également assez important. Si les délocalisations continuent à ce rythme nous n’aurons bientôt plus rien à délocaliser ce qui n’est pas pérenne pour nous et pour ces pays. Les grand pays comme la Chine et l’Inde en sont conscients et parient sur une croissance de la consommation locale forte pour prendre le relais lorsque l’occident cessera d’être leur principal donneur d’ordre. C’est un pari et une course contre la montre qui n’est pas gagnée au premier abord. La paupérisation de l’occident est en revanche programmée.


Huitième évidence : Les délocalisations ne sont pas toujours rentables et relèvent parfois de l’idéologie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, une « mode » des délocalisations s’est répandue et un dirigeant qui ne délocalise pas est mal vu par ses actionnaires. Si décider une délocalisation est une action simple et facile, réussir une délocalisation afin qu’elle soit profitable à l’entreprise demande de nombreuses compétences. Ce qui est ridicule avec ces délocalisations ratées est que ceux qui les ont mises en place (de manière coûteuse) ne veulent pas supporter le poids de leurs erreurs, ils font tout pour masquer, au sein de l’entreprise, cet échec. Le manque de rentabilité d’une délocalisation peut tenir à beaucoup de sujets : manque de main d’œuvre qualifiée, forte concurrence entre entreprises qui délocalisent (turn-over important et salaires croissants), sous-estimation des écarts culturels, sous-estimation des frais de management, gestion de projet, voyages, formation, de la qualité des infrastructures du pays (route, réseau, téléphone, Internet…), productivité de la main-d’œuvre locale, temps de mise en place d’un centre qui fonctionne de manière optimale, éloignement des clients finaux, corruption locale, loi locale mal connue, etc. Dans cette liste, le choix du pays est primordial mais le pays idéal n’existe pas. Dans la course à la recherche du profit immédiat, une délocalisation est souvent éphémère. Les délocalisations en cascade (d’un pays pauvre vers un pays encore plus pauvre) d’une activité qui vient à peine d’atteindre ses performances maximales, diminuent encore la rentabilité de ces opérations !


Neuvième évidence : Ainsi, les délocalisations ne concernent pas que les pays occidentaux, mais également les pays en voie de développement. La Chine délocalise elle-même certaines de ses usines au profit de l’Afrique par exemple. Les victimes des délocalisations sont beaucoup plus nombreuses et variées qu’on peut l’imaginer.


Que faire ?
Laisser le marché se réguler lui-même ne donnera rien car ceux qui décident de délocaliser n’ont souvent aucun intérêt commun avec le reste des personnes concernées par ce phénomène. L’intérêt des actionnaires est axé sur le profit immédiat sans vision du long terme. Délocaliser appauvrit le pays et donc diminue le marché local ? Qu’importe, les pays en voie de développement sont de nouvelles cibles de consommation encore plus grandes et alléchantes ! Pourtant ces pays en pleine expansion ne comptent pas rester uniquement des cibles commerciales et leurs entreprises comptent bien profiter en priorité de cette croissance. Le protectionnisme que l’on s’interdit pour des raisons idéologiques en Europe ne pose en revanche aucun problème à ces pays. Nous allons donc « dans le mur ».
Que faire si le marché ne va pas dans la bonne direction ? Il faut que nous, consommateurs, prenions nos responsabilités rapidement tant qu’il en ait encore temps. Il faut également que nous ayons les moyens d’assumer nos responsabilités. Tout le monde peut remarquer que le prix d’un objet n’a plus aucun lien avec sa qualité ni même son lieu de fabrication. Cela fait bien longtemps (plus de 20 ans) que les marques de luxe ont commencé à délocaliser très discrètement. Le consommateur ne peut plus, comme autrefois, faire confiance au prix afin de désapprouver les délocalisations qui finalement lui sont néfastes. C’est donc une vraie question, comment faire valoir ses intérêts en temps que consommateur ? Il faut être clair ce n’est actuellement pas possible. Le système ne permet pas au client de choisir. Il faut donc réguler un peu, juste assez pour que les consommateurs aient le choix.


Propositions
Il pourrait par exemple être rendu obligatoire un marquage règlementaire sur chaque produit indiquant : ou le produit est conçu (R&D), ou il est assemblé, ou il est emballé. Pour chacune des trois catégories un pourcentage serait rendu obligatoire. Bien sûr cela ne va pas dans le sens de l’intérêt des multinationales qui délocalisent mais dans le sens de la démocratie et de l’information du consommateur. Ainsi je suis sur que certain nous expliquerons tout le mal qu’ils pensent de cette proposition qui va contre leur intérêt purement financier et/ou idéologique.


PS : Remarquons également que le bas prix des produits qui voyagent beaucoup tout au long de leur cycle de fabrication et de vente est en fait un hold-up sur la planète car si l’on payait au juste prix le CO2 dégagé par ce cycle ils couteraient chers. Le marquage concernant le CO2 dégagé par la fabrication de chaque produit est un premier pas vers l’information du consommateur et vers un choix possible de société.

vendredi 5 février 2010

Pour un retour au théâtre

Cela faisait depuis le lycée que je n'avais pas remis les pieds dans un théâtre. Comme la plupart d'entre vous, je suis allé au théâtre avec ma classe dans le cadre des cours de français. J'y allais parfois à reculons mais je ressortais très souvent avec le sourire et une certaine satisfaction. J'ai même eu l'occasion durant mes années de primaire d'endosser le rôle d'acteur dans différentes pièces.
Ce soir donc, je suis allé voir  "La dispute" de Marivaux (1688-1763). Pourquoi me demanderez-vous ? Et bien je ne sais pas vraiment. J'ai eu une envie subite, telle que celles qu'ont les femmes lors de leur grossesse, d'aller au théâtre. Le choix de la pièce s'est fait un peu au hasard, en fonction de mes disponibilités mais aussi car je connaissais quelque peu l'intrigue et l'auteur.
Mon ressenti concernant la pièce en elle-même est plutôt positif. La mise en scène était plaisante bien que j'ai été surpris par l'utilisation de costumes et de musique modernes. Je m'attendais en effet à des costumes d'époque. Pour autant, je crois qu'un tel choix a permis de montrer que les évènements sont atemporels et peuvent donc très bien avoir lieu de nos jours. J'ai ainsi été étonné de voir que même si le texte a été écrit au XVIII ème siècle, il est encore d'actualité aujourd'hui.  Le seul regret que je peux avoir est que la représentation était trop courte (1 heure seulement). Cette expérience positive m'encourage donc à récidiver dès que possible.

Lors de cette soirée, j'ai pu constater que le public était assez homogène. Il s'agissait majoritairement d'adultes  (+ 35 ans) avec une forte proportion de personnes d'un certain âge. Les jeunes étaient donc très peu présents. Cela peut s'expliquer par le type de pièce (classique) ainsi que par l'horaire (vendredi soir). Néanmoins, ces explications ne me paraissent pas suffisantes et je crois qu'il faut aller plus loin afin de cerner l'ensemble du problème. D'ailleurs, j'ai été moi-même confronté à ces difficultés.
La première chose est l'image que l'on se fait du théâtre. Pour beaucoup, le théâtre est "nul, ennuyeux, dépassé, trop intello ...". Il est donc nécessaire de dépasser ces a priori.
Le deuxième point est que l'on manque d'informations. Personnellement, j'habite à deux minutes de l'amphithéâtre de ma commune. Pourtant, je ne dispose d'aucun renseignement sur les représentations. Cela pose également le problème du choix de la pièce. Comment un novice peut-il faire décider d'aller voir une pièce plutôt qu'une autre alors qu'il ne dispose pas des connaissances nécessaires ? Cela est une opération délicate et pour ma part, les critères subjectifs ont pris le dessus.
Enfin, la question du prix est bien évidemment à prendre en compte. A titre indicatif, le plein tarif est à 15 €  dans ma ville et il en coûtera 6 € pour les étudiants, lycéens ... Or il ne s'agit que d'un petit amphithéâtre où les prix sont relativement modestes comparativement aux structures de plus grande taille. Pour moi, une telle gamme de tarifs est tout simplement rédhibitoire pour les occasionnels. Rendez-vous compte qu'aller voir  "la dispute" de Marivaux revient plus cher que d'aller voir Avatar (15 € contre 11,70 €). Cela me semble tout de même curieux alors que les théâtres sont délaissés par la jeunesse. Cette politique tarifaire revient donc à renoncer aux jeunes et aux plus défavorisés. La culture doit-elle rester une affaire de riches ?

Maintenant que les constats sont posés, il faut se pencher sur les éventuelles solutions à y apporter. Je crois qu'il est important de redonner au théâtre ses lettres de noblesse. Cela passe notamment par davantage de communication autour des différents évènements théâtraux. Cela permettra de vulgariser le théâtre et de dédramatiser le fait d'aller voir une pièce. En outre, des efforts devraient être réalisés afin de séduire un public plus large.
Ces solutions ne pourront évidemment pas faire du théâtre le divertissement préféré des Français. Pourtant, elles pourraient permettre de lui donner une plus grande visibilité.

"Nous voulons de la vie au théâtre, et du théâtre dans la vie" disait Jules Renard (écrivain français, 1864-1910). Tâchons donc de contribuer à ce que son souhait puisse se réaliser.

samedi 30 janvier 2010

Eau et électricité ne font pas bon ménage ...

Le gouvernement s'est employé, mercredi, à désamorcer la nouvelle polémique sur le double salaire du patron d'EDF, qui a suscité de fortes critiques à gauche et jusque dans les rangs de la droite. Sa double casquette – Henri Proglio est à la fois PDG d'EDF et président du conseil d'administration de Veolia Environnement – avait déjà suscité de vives réactions. Ce sont désormais les modalités de sa rémunération qui alimentent le débat. La rémunération annuelle d'Henri Proglio s'élèvera à quelque 2 millions d'euros par an – 1,6 million de la part d'EDF et 450 000 euros de la part de Veolia –, et ce alors que la ministre de l'économie, Christine Lagarde, avait affirmé en novembre qu'il ne percevrait qu'un seul salaire. Dans les rangs de l'UMP, les réactions peuvent se ranger en trois catégories : ceux qui justifient cette double rémunération par la "loi du marché", ceux qui disent comprendre la polémique tout en jugeant qu'elle n'a pas lieu d'être, et enfin ceux qui se disent choqués.
Source : lemonde.fr

Depuis plusieurs jours déjà, Henri Proglio est victime d'un acharnement politico-médiatique dû à ses nouvelles fonctions et à la rémunération correspondante.
Mais enfin, que reproche-t-on à M. Proglio ? Le pauvre homme ne fait qu'appliquer à la lettre la devise de notre cher président : "travailler plus pour gagner plus". Celui-ci s'est donc évertuer à travailler davantage en assurant la charge de deux emplois, ce qui lui permet d'augmenter substantiellement ses revenus en cumulant deux salaires. I
l n'y a donc rien de choquant dans cette affaire. Viendrait-il à l'idée de jeter l'opprobre sur une femme qui en plus de son métier de caissière ferait quelques heures de ménage le soir ?

Plus sérieusement, cette affaire est symptomatique de la dérive de notre pays et au delà du monde entier. Pourtant, je crois que deux points sont à distinguer dans cette histoire : le cumul de fonctions d'une part et le niveau de rémunération d'autre part.
Tout d'abord, il faut noter qu'Henri Proglio sera à la fois le PDG d'EDF et président du conseil d'administration de Veolia Environnement. Bien que ce cumul pourrait n'être que temporaire (même si rien n'est encore fait), cela pose le problème de l'acceptation d'une telle configuration par le pouvoir en place. De fait, comment a-t-on pu tolérer qu'un homme puisse diriger deux entreprises aussi puissantes ? Certains y voient là la volonté de permettre une synergie ou tout du moins un rapprochement entre les deux groupes. Proglio jouant alors le rôle le trait d'union.
Disons le tout net, cette double casquette est simplement inacceptable tant cela pose des suspicions de conflits d'intérêts mais également d'efficacité car ne l'oublions pas, Henri Proglio n'est pas un surhomme et ses journées durent, comme les nôtres, seulement 24 heures.
Ensuite, la question de la rémunération a également provoqué une polémique et ce à plusieurs titres. Le premier point était l'addition de deux salaires,  le second se rapporter à l'augmentation de la rétribution entre le dirigeant actuel et son prédécesseur (Pierre Gadonneix) et le troisième concernait le montant de celle-ci. Sur les trois points cités précédemment, un seul me paraît tolérable. Effectivement, je pars du principe que dès lors où une personne a deux emplois, il est normal d'avoir deux salaires. Le cumul des deux rémunérations n'a donc rien de choquant. En revanche, je trouve anormal que M. Proglio ait bénéficié d'une augmentation faramineuse d'environ 45 % pour aboutir à un salaire annuel de 1,6 million d'euros. Là est tout le problème car il ne faut pas omettre qu'EDF est une entreprise publique qui rend un service public aux Français. Il ne s'agit pas d'une quelconque entreprise privée !

Mais alors que pouvons nous faire ? Personnellement, je crois qu'il n'y a rien à attendre du gouvernement dans la mesure où il est à l'origine de l'affaire. Toutefois, j'en appelle à la morale de M. Proglio afin qu'il renonce de lui-même à ses fonctions chez Veolia.
Malheureusement, je crois que ce genre d'évènement est amené à se reproduire dans le futur. D'ailleurs, une telle polémique autour des rémunérations n'est pas une nouveauté puisque des précédents (traders, sportifs, politiques, grands patrons ...) ont déjà défrayé la chronique.
Je crois donc qu'il est grand temps d'agir. En effet, comment peut-on expliquer au peuple que certains individus gagnent plus en un an qu'ils ne pourront le faire durant toute leur vie ? Je tiens à préciser que je ne suis pas opposé aux gros salaires par principe. Néanmoins, ceux-ci doivent être mérités et justifiés. En outre, je pense, même si cela me semble utopique, que la morale et l'éthique doivent avoir leur place dans l'économie.
Plus concrètement, il me semble nécessaire de plafonner le montant des plus importantes rémunérations. Cela peut prendre la forme d'une loi qui fixerait un écart entre le plus faible et le plus important salaire (une proportion de 1 à 50 par exemple) ou celle d'une pression fiscale accrue qui toucherait les rémunérations dépassant un certain niveau.

Depuis quelques années, la mondialisation et l'ultralibéralisme ont bouleversé le fonction de notre économie. Aujourd'hui, je crois qu'il est nécessaire de réintroduire une certaine morale dans la finance. Cela passe notamment par un accroissement de la régulation par le biais des Etats et des institutions internationales.
Dans les années 80, Ronald Reagan avait comme slogan "America is back".
Je souhaite que 2010 soit l'année du retour de l'Etat, d'un Etat puissant. En somme, "State is back".

jeudi 28 janvier 2010

Sois drôle et tais-toi !

Voici un article du blogueur Philippe Bilger que j'ai découvert sur le site Marianne2.
Celui-ci remet à leur place ces personnalités qui se croient au dessus du peuple et qui nous inondent de leur propos futiles. 

L'artiste insulte les parlementaires à propos de la burqa et beaucoup de médias applaudissent. Le blogueur Philippe Bilger veut partager son ras-le-bol face aux propos de l'humoriste. Les artistes ont-ils tous les droits ?, demande-t-il.


C'est entendu, les artistes ont le droit de dire n'importe quoi, de proférer des insultes et de nous imposer leur point de vue comme s'ils étaient plus légitimes que le citoyen ordinaire, plus avertis et plus conscients. De leur bouche sort la vérité et la société n'a qu'un devoir : les écouter bouche bée.

Imaginons alors le poids d'un Jamel Debbouze reconverti en penseur dont les saillies et provocations sont accueillies (France Inter) et reprises (nouvelobs.com, Le Parisien). On prend une claque et nous n'avons plus qu'à tendre l'autre joue. Pourquoi n'aurait-on pas le droit de dénoncer la bêtise toute nue ?

Selon Jamel Debbouze - je cite en substance -, le débat sur l'identité nationale serait « schizophrénique » et constituerait « une insulte ». « La France a aussi un nouveau visage et il ressemble étrangement au mien et il faut que ça rentre dans les cerveaux ». Quant à la burqa, « elle n'est même pas un épiphénomène, ça ne concerne que 250 personnes, qu'est-ce qu'on vient nous faire chier avec ce truc...Encore une fois c'est xénophobe, voilà, et les gens qui vont dans ce sens là (la mission parlementaire Gérin-Raoult) sont des racistes! »

Je ne relève même pas les approximations, les erreurs, notamment sur le nombre de jeunes filles et de femmes portant la burqa en France. Je n'ai même pas besoin d'insister sur la violence du ton, l'outrance des propos qui n'ont pour objectif réussi que d'occulter la vacuité du fond et de contraindre l'interlocuteur, les médias à l'empoignade, à la connivence ou à l'effacement. La première attitude a évidemment été oubliée. Il y a une manière péremptoire de se poser en dépositaire de l'éthique et de la morale publiques qui coupe court à tout. Alors qu'il faudrait au contraire prendre l'insulte au mot pour révéler l'insignifiance qu'elle masque et la facilité qu'elle représente.

Le plus choquant tient à la formule comminatoire, presque menaçante par laquelle Jamel nous avertit que la France aura dorénavant « aussi » son visage et qu'au fond, si on suit le raisonnement, on a intérêt à en prendre acte parce que - cela est implicite - c'est la seule France qui vaut quelque chose. Je préfère l'attitude d'une Rachida Dati, pour laquelle je n'ai pas eu que des faiblesses, qui a osé - dans notre bienséance frileuse, c'est du courage !- déclarer qu'elle respectait les électeurs du FN à propos du débat sur l'identité nationale. La France est évidemment plurielle mais je ne vois pas au nom de quoi l’on serait justifié à reléguer dans les oubliettes des préoccupations politiques la population qui ne plaît pas aux artistes progressistes, le peuple qui n'est pas « l'autre visage ». Le thème sur l'identité nationale n'est sans doute pas la meilleure idée pour apaiser une société en crise et  faire don d'un destin collectif exemplaire à une communauté nationale qui sur ce plan est gravement en manque. Mais où est « l'insulte », où « la schizophrénie » ? Jamel Debbouze se prend pour qui et il nous prend pour quoi ?

Quant à la burqa, suffit-il, comme un perroquet de l'humanisme s'affichant impeccable, de répéter « xénophobie, xénophobie » pour que tout soit imprégné par cette sale attitude et qu'on n'ait plus rien à démontrer ? Suffit-il de traiter de « racistes » les membres de la mission parlementaire sur la burqa pour les marquer au fer rouge de cette honte ? Comment Jamel Debbouze, du haut à la fois de son arrogance et de son ignorance, se permet-il ainsi de tourner en dérision ceux qui se soucient de la burqa, de ce problème, cette pratique, observance religieuse, provocation sociale ou étouffement conjugal et familial ? Est-il inconvenant, dans une démocratie, d'aspirer à une République des visages plutôt qu'à des ombres forcément perçues comme hostiles puisqu'elles dissimulent aux autres ce qui est notre carte d'identité humaine, notre universelle similitude ? Au moins, puisqu'on prétend, et avec quelle superficialité grossière, aborder ces faits de société, on devrait avoir l'intelligence et l'élégance, au contraire, de sortir des outrages pour faire entrer les auditeurs, ses concitoyens dans l'argumentation.

Je vais finir par me demander si le péché mortel des artistes, humoristes, comédiens et chanteurs n'est pas d'être si impatients de quitter leur domaine familier qu'ils ne savent qu'éructer ou insulter quand ils se veulent citoyens. Jacques Weber hier, Jamel Debbouze aujourd'hui. Le comble, c'est que ce dernier est protégé par son talent, son entregent, son aura qui dans notre monde se fabrique vite et est donnée à bon compte et, surtout, sa propre violence. Personne n'aurait le front de s'opposer à lui. Le scandale viendrait de la riposte et non de l'attaque. Il faut tendre l'autre joue à Jamel Debbouze pour qu'il continue à faire mal.

Moi, je n'en ai pas envie.

dimanche 24 janvier 2010

Le séisme, remède miracle contre la grippe A

C'est Roselyne Bachelot (ministre de la santé) qui doit faire la tête. Elle qui a commandé un nombre impressionnant de doses de vaccin a échoué là où un "banal tremblement de terre" a réussi.
Alors bien sûr l'important séisme ayant eu lieu à Haïti n'a pas solutionné ce problème de santé publique mais il a au moins eu le mérite de chasser la grippe A des médias.
C'est donc sur ce traitement médiatique que je souhaite revenir.

Le 12 janvier dernier, un tremblement de terre de magnitude 7 a secoué l'ile d'Haïti causant plusieurs centaines de milliers de morts et provoquant des dégâts matériels considérables. Depuis, de nombreux pays et ONG se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés.
Depuis cette date, pas un jour ne passe sans que l'on entende parler d'Haïti. Tous les médias (presse, radio, télévision ...) enchaînent les reportages annonçant chaque jour davantage de victimes. Évidemment que tout cela est triste mais est-on vraiment obligé de nous harceler avec des reportages sans autre intérêt que de nous monter la détresse humaine ? Je ne le pense pas. On dirait que depuis cet évènement la Terre s'est arrêtée de tourner et qu'il ne se passe plus rien dans le monde.
Au risque de passer pour un sans coeur, j'en ai marre que l'on me répète à longueur de journée qu'il y a énormément de morts à Haïti, que les survivants manquent de secours, de nourriture ... On me l'a raconté une fois et je crois avoir bien compris. En outre, de telles choses arrivent fréquemment partout dans le monde sans que l'on s'y attarde plus que cela. Pour parler vrai, j'en ai ras le bol que l'on me serve Haïti et ses problèmes matin, midi et soir.
Je tiens à préciser que je n'ai rien contre les Haïtiens en particulier. Ceux-ci ne sont pas responsables de cette situation et je crois d'ailleurs qu'ils préfèreraient nettement accueillir plus de secours et moins de journalistes.

En réalité, le cas d'Haïti n'est qu'un prétexte pour pousser un coup de gueule plus large contre les médias. Mon plus gros reproche concerne le traitement médiatique des évènements. En effet, je reproche aux médias de se focaliser sur un sujet précis et de l'exploiter de manière démesurée, occultant complètement le reste de l'actualité.
On peut prendre quelques exemples pour illustrer mes propos : le décès de Lady Diana, l'attentat du 11 septembre, la guerre en Irak, la grippe A ... et bien d'autres peuvent rallonger la liste.
Les médias devraient théoriquement contribuer à informer le grand public sur les évènements se déroulant par delà le monde. Aujourd'hui, il me semble qu'une partie des journalistes a oublié cet objectif car oui voila le gros problème des médias. Ils privilégient le sensationnel aux dépends de l'information. Les journaux télévisés n'a plus pour but d'informer mais de séduire les téléspectateurs et pour cela ils rivalisent de procédés parfois limites. Ainsi, les différentes rédactions ont toutes cherché à montrer davantage de scènes d'horreur et de misère dans leurs reportages.
Cela conduit malheureusement à un traitement superficiel de l'information, sans aller au fond des choses et en expliquer tous les tenants et aboutissants.

Certains voient dans cette affaire un complot entre les médias et les puissants de ce monde (politiques, grands patrons ...) visant à manipuler le peuple. Personnellement, je ne suis pas partisan d'une telle conception. En revanche, je suis convaincu qu'il existe une certaine connivence entre ces deux univers. Pour autant, je pense, enfin j'espère, que la majorité des journalistes effectue son travail correctement, en toute impartialité.
Malheureusement, l'information est, comme la plupart des secteurs aujourd'hui, gangrénée par le pouvoir et l'influence  de l'argent.