vendredi 11 février 2011

Paroles, paroles de Français ...

Jeudi soir, 8,2 millions de téléspectateurs ont suivi l'intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1. Le président de la République était invité pour répondre à un panel de Français dûment sélectionnés.
Si certains attendaient quelque chose de cette émission, je pense qu'ils ont été déçus. En effet, il ne s'agissait, ni plus ni moins, que d'une opération de communication visant à faire remonter le président dans les sondages.
 
Arrêtons-nous quelques instants sur la forme de cet entretien.
Personnellement, je ne suis pas fan de ce type d'émission dans la mesure où elle n'apporte que peu de choses et consiste uniquement en une tentative de réhabilitation d'un individu aux yeux de la population. En outre, on peut remarquer que les personnes invitées avaient beaucoup de mal à s'exprimer. Cela peut évidemment se comprendre mais cela ne facilite en rien l'échange, bien au contraire.
Concernant la prestation de Nicolas Sarkozy, j'ai trouvé le président égal à lui-même. Effectivement, ce dernier était plutôt agité, particulièrement dans la première partie. De plus, il a largement usé et abusé du "je" et du "moi" tout en jouant sur  les émotions (affaire Laëtitia) comme à son habitude.
Enfin, Nicolas Sarkozy a loué, voire même ciré les pompes, de tous les corps de métier et de toutes les professions qu'il a réussi à se mettre à dos. Je pense notamment aux magistrats, aux enseignants, aux forces de l'ordre, aux agriculteurs ...
 
Mais la forme n'est pas très intéressante tant elle est classique. Penchons-nous davantage sur les principaux éléments de fond abordés durant ces deux heures de dialogue.
L'un des thèmes abordés fut la Justice et notamment la grogne des magistrats. A cette occasion, Nicolas Sarkozy a confirmé ses propos : s'il y a eu faute, il y aura une sanction. Pour moi, il n'y a pas lieu de polémiquer puisque ce sentiment me paraît logique et justifié. En effet, je crois que les juges ne doivent pas être au dessus des lois et doivent pouvoir répondre de leurs actes afin de garantir une certaine égalité et équité dans notre système judiciaire. Néanmoins, il me semble nécessaire de renforcer les moyens de ce ministère qui sont aujourd'hui, malgré les augmentations de ces dernière années, encore insuffisantes pour faire face à la charge de travail croissante. Parallèlement, la volonté d'instaurer des jurys populaires dans les tribunaux correctionnels a été réaffirmée. Cette mesure ne me convainc pas forcément dans le sens où elle posera la question de son financement mais aussi de sa pertinence en lien avec la technicité des affaires jugées.
Autre sujet sensible de ces derniers jours : les excursions de Michèle Alliot-Marie et François Fillon dans des pays en proie à des troubles sociaux. La ligne de défense a visiblement été travaillée et n'a guère changé. Il a ainsi été avancé le fait que le contribuable n'a pas été mis à contribution. Cela est peut-être vrai mais je trouve que cet argument est insuffisant. De fait, on nous oppose des éléments matériels alors que l'on devrait se situer sur le plan de la morale et de l'éthique. Ainsi, le problème n'est pas tant le déplacement en tant que tel mais davantage le fait qu'il s'agisse de vacances dans un contexte tendu. Clairement, je crois que MAM aurait dû démissionner ou, à défaut, aurait dû être viré du gouvernement.
Le président a également abordé la question de la compétitivité de nos entreprises en nous comparant, une fois de plus, avec l'Allemagne qui semble être la panacée en Europe. Selon lui, les deux principaux problèmes à l'origine de notre retard sont les 35 heures et la fiscalité. Malheureusement, les choses ne sont pas si simples. Les délocalisations ne s'expliquent pas uniquement par des considérations fiscales et de temps de travail. Bien d'autres facteurs entrent en ligne de compte et notamment la concurrence à outrance ou le libre échange généralisé. En revanche, ces critiques sonnent comme une charge directe et peu dissimulée contre notre modèle social qui n'augure rien de bon pour les réformes à venir.
En outre, la problématique des moyens et des effectifs est revenue à de (très) nombreuses reprises au cours de la soirée. Qu'il s'agisse des forces de l'ordre, de la Justice ou de l'enseignement, le président considère que le problème n'est pas quantitatif mais qualitatif. En clair, il nous explique qu'il ne faut pas plus de policiers, de juges ou de profs mais au contraire qu'il en faut moins mais mieux formés et mieux payés. Bien que la question de la rémunération et de la formation se pose, il ne faut pas négliger l'aspect numérique. Effectivement, le manque d'effectif est aujourd'hui une réalité criante qui ne peut être mise de côté de manière arbitraire uniquement pour des raisons comptables. Je crois donc qu'il serait préférable d'inverser la tendance actuelle, qui consiste à dégraisser de manière drastique l'Etat, sous peine de le regretter fortement à moyen et long terme.
Pour finir, le débat s'est conclu sur le thème de l'université avec l'intervention d'un étudiant en histoire et en anglais. Nicolas Sarkozy a ainsi pu promouvoir l'autonomie des différents établissements français qui permettrait de meilleurs "performances" ou tout du moins de meilleurs résultats. Pour moi, les problèmes rencontrés par nos universités ne seront pas tous résolus par davantage d'autonomie. Selon moi, deux éléments expliquent, en partie, ces problèmes. Tout d'abord, je pense qu'il faut admettre que tout le monde ne peut pas aller à la fac. Je ne trouve donc pas aberrant d'instaurer une certaine sélection à l'entrée afin d'éviter d'accueillir tous les lycéens paumés qui n'ont aucune chance de réussite. Ensuite, il me semble impératif de faire un tri dans notre offre de formation. En effet, certaines filières sont actuellement bouchées en termes d'insertion professionnelle et d'autres ne mènent à rien de concret. Je crois donc qu'il faudrait pouvoir limiter le recrutement dans les "filières poubelles" tout en cherchant à professionnaliser les autres cursus afin de maximiser l'employabilité future des étudiants.
 
Au final, il apparaît que cette émission a été plutôt décevante. En effet, il n'a pas été possible d'approfondir suffisamment les différents thèmes abordés en raison, je pense, d'un trop grand nombre d'invités. Pour autant, je trouve que la prestation du président de la République a été assez convaincante en raison notamment de ses qualités oratoires. Je dois même dire que j'ai retrouvé là les qualités du candidat Sarkozy que sont sa force de persuasion, de conviction et de proposition. Malgré tout, je n'oublie pas, comme beaucoup de Français, que Nicolas Sarkozy est certes un beau parleur mais qu'il existe un fossé entre les paroles et les actes.

lundi 7 février 2011

Et si Chateaubriand disait vrai ?

Dans le Marianne n°720 du 5 au 11 février, Jack Dion terminait son article sur cette formule de Chateaubriand issue de ses Mémoires d'Outre-tombe : "pour faire de la politique, il n'est pas besoin de qualités, il faut en perdre."
Rappelons que François René de Chateaubriand était un écrivain romantique et un homme politique français. On peut donc penser que ce dernier a écrit cette phrase en connaissance de cause.
 
Toute la question est de savoir si cette assertion est fondée ou au contraire si elle ne relève que d'un effet littéraire. En somme, il s'agit de se demander si l'équation "politiques = tous pourris" est vérifiée ou non.
 
Au vu de l'actualité récente, et notamment la polémique relative aux excursions tunisiennes de Michèle Alliot-Marie, la ministre des affaires étrangères, semble attester d'une certaine véracité de l'égalité susmentionnée. Ce sentiment est d'autant plus renforcé que d'autres controverses ont déjà, à de (très) nombreuses reprises, défrayé la chronique. Souvenons-nous, entre autres, de l'affaire de l'EPAD ou de l'affaire Woerth-Bettencourt. Et il en existe encore beaucoup d'autres quelles que soient les époques ou les majorités au pouvoir.
Vu sous cet angle, la politique ne suscite guère d'espoir et provoque même, à l'inverse, un certain dégoût de la part de la population pour la chose publique. D'ailleurs, certains leaders de parti surfent allègrement sur ce rejet des élites. C'est notamment le cas de Jean-Luc Mélenchon au travers de son livre "qu'ils s'en aillent tous" mais aussi de Marine Le Pen qui reprend le flambeau paternel dans ce domaine.
 
Cette situation est un fait. De nombreux abus ont été commis par la classe politique. Cela n'est évidemment pas acceptable et l'est d'autant plus que les élus de la République représentent le peuple français et se doivent d'adopter une certaine irréprochabilité dans leur comportement. Le récent rapport de la commission de réflexion pour la prévention des conflits d'intérêt dans la vie publique avance ainsi des propositions assez novatrices qui vont dans le bon sens.
 
Pour autant, et malgré les dérives, je refuse de croire que l'intégralité de la classe politique française est corrompue et gangrenée. J'ai la faiblesse de considérer que les hommes et les femmes qui s'engagent dans la vie publique le font en premier lieu pour l'intérêt général et non pour un quelconque avantage personnel.
Alors bien sûr des brebis galeuses sont et seront toujours présentes dans le troupeau. Malgré tout, je suis persuadé que la très grande majorité de nos élus font du bon travail pour favoriser le bien-être collectif sans penser à tout moment à leur réélection.
 
Au final, je crois que la classe politique est à l'image de la société. Elle est constituée de personnalités diverses dont certaines sont honnêtes, vertueuses et intègres alors que d'autres sont avilies, serviles et vénales. Bien que je regrette que l'on parle principalement des mauvais comportements, je peux le comprendre dans la mesure où cela fait vendre du papier. En revanche, je crois que cela ne suffit pas puisque cela tend à instaurer un climat assez anxiogène et surtout à entretenir le pessimisme de la population.
Pour conclure, je terminerai sur des propos de Ségolène Royal qui disait en 2006 : "Le peuple s'intéresse à la politique quand la politique s'intéresse à lui." Voila ce qui, à mon avis, fera que nos dirigeants ne soient plus conspués par les Français.

jeudi 3 février 2011

La TVA sociale est (encore) de retour !

Jean-François Copé s'est prononcé, mardi dernier, pour une hausse de la TVA dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Il faudrait baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns, et faire un transfert sur la TVA, qui elle est payée par tout le monde, dit le secrétaire général de l'UMP. (…) Un point de TVA, ça se voit à peine. Il faut y réfléchir. Il y aura certes une augmentation, mais tout le monde sera gagnant au final."
Source : challenges.fr
 
Une fois n'est pas coutume, le débat sur la TVA sociale, ou anti-délocalisations, revient à nouveau sur le devant la scène. En 2011, c'est Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, qui commet l'affront mais l'idée avait déjà été avancée en 2007 par Jean-Louis Borloo durant la campagne des législatives. Bref, cette proposition pointe son nez par intermittence dans le débat politique.
 
Personnellement, je suis tout à fait favorable à ce système tant il me semble une solution, ou tout du moins une partie d'un ensemble de solutions, aux problèmes que rencontre actuellement notre pays.
Rappelons tout d'abord que la TVA sociale consiste en une baisse des charges sociales en contrepartie de l'augmentation des taux de TVA. En fait, il s'agit ni plus ni moins qu'un transfert du financement de notre protection sociale du travail vers la consommation.
Pour le moment, au vu de la forte opposition suscitée par cette idée, il est difficile d'avancer des chiffres précis notamment en ce qui concerne la proportion de charges transférées et la variation de points de TVA afférente. Pour autant, il semblerait que, sur le principe, un consensus se dégage quant aux grandes lignes du mécanisme.
 
Voyons maintenant les conséquences de la mise en place d'un tel système.
Le premier élément est une baisse des charges sociales. Mais qu'entend-on par charges sociales ? Pour moi, il s'agit des charges sociales patronales ET salariales alors que d'autres incluent seulement la part patronale. Dans mon idée, l'avantage de ce système est double. Tout d'abord, la diminution des charges salariales va conduire à une hausse du salaire net, ce qui a une action directe sur le pouvoir d'achat. Ensuite, la réduction des charges patronales conduit à une baisse du coût de revient des entreprises par une baisse du coût du travail, ce qui se traduit par un gain de compétitivité-prix et notamment à l'export.
Le second point devrait être une hausse immédiate des prix en lien avec la répercussion de la variation de TVA. Pour autant, nous avons vu que le coût pour les entreprises se trouvait réduit du fait de ce dispositif. Ce gain est alors absorbé par la hausse de TVA ce qui, au final, signifierait une relative neutralité du dispositif pour les consommateurs. Il semble toutefois nécessaire de nuancer cette remarque puisque celle-ci n'est valable que dans le cas où les entreprises joueraient réellement le jeu sans chercher à accroître leurs marges. Malgré tout, il est tout à fait envisageable de mettre en place des mesures coercitives pour éviter toute dérive. En revanche, il faut noter que, à l'inverse, les produits importés subiront intégralement la hausse de la TVA mais c'est bien là tout l'intérêt. En effet, ce dispositif permet de faire participer les produits venus de l'étranger, et notamment de pays émergents, au financement de notre protection sociale. De plus, le renchérissement des importations peut avoir pour conséquence, à terme, de limiter nos achats extérieurs ce qui contribuerait à améliorer notre balance commerciale.
 
Pour résumer, ce mécanisme me semble être une bonne chose pour l'ensemble de la société. Ainsi, il permet à nos entreprises de gagner en compétitivité, aux salariés de gagner en pouvoir d'achat et aux organismes sociaux de gagner en cotisations. Ce dernier point est loin d'être négligeable. En effet, à l'heure actuelle, les entreprises et les salariés sont la principale source de financement de notre protection sociale. Après mise en place de ce dispositif, l'assiette et le nombre de cotisants augmenteraient de manière substantielle, permettant alors de combler tout ou partie du déficit de la sécurité sociale voire même d'inverser la tendance actuelle afin de revenir à un système réellement protecteur.
 
Aujourd'hui, il semblerait que le débat sur la TVA sociale ne soit pas possible dans notre pays. Je peux tout à fait concevoir que l'on soit opposé à ce mécanisme mais j'ai davantage de mal à comprendre pourquoi ces personnes refusent seulement de débattre et préfèrent jeter l'anathème sur ceux qui proposent des solutions alternatives.
 
Malheureusement, on ne peut que constater que la TVA sociale n'est pas le seul sujet tabou en France. Je pense notamment à la sortie de l'euro, au protectionnisme ou encore à l'immigration. Ces thématiques, lorsqu'elles sont abordées, sont présentées de manière caricaturale avec des positions tranchées sans laisser la place à une discussion et une argumentation raisonnées et modérées.
Comment s'étonner alors de la montée en puissance des extrêmes, et en particulier le Front National, alors même que l'on a abandonné à ces partis tout une fraction des questions qui intéressent grandement les Français ?

samedi 29 janvier 2011

Les Etats Généraux du renouveau et moi

Hier, alors que mes camarades étaient en cours de comptabilité, je me trouvais à la maison de la culture de Grenoble (MC2) pour une nouvelle édition des Etats Généraux du renouveau organisés par Libération et Marianne.
J'ai pu assister à deux débats durant cet après-midi. Voici mes impressions :
 
Le premier débat mettait en scène Ségolène Royal et Dominique de Villepin avec pour sujet : "2012, un nouveau souffle pour la 5ème République ?".
Sur le fond, peu de désaccords séparaient les protagonistes qui se trouvaient face à face lors d'un débat pour la première fois. Il faut toutefois reconnaître que le sujet était relativement large ce qui permettait de faire de grandes déclarations de principe que chacun peut approuver.
Malgré tout, Dominique de Villepin a avancé quelques propositions (création de 8 à 10 grandes régions, cogestion à la française des entreprises, élection des présidents de région au suffrage universel ...) qu'il avait déjà soutenu dans une tribune parue il y a quelques jours dans Libération.
Ségolène Royal a, quant à elle, davantage insisté sur le social en avançant également des propositions (conditionnement des aides aux entreprises, fin du cumul des mandats, séparation pour les banques des activités commerciales et d'investissement ...).
Sur la forme, j'ai trouvé Dominique de Villepin plus à l'aise que Ségolène Royal qui me semblait plus hésitante avec un discours moins bien construit. Malgré tout, je dois reconnaître que, sur ce débat, j'ai été davantage convaincu par Royal qui a tenu des propos qui me plaisent et que j'aurais pu, en partie, prononcer.
J'ai pu remarquer que la salle était composée de manière plus ou moins égale entre des jeunes (surtout des étudiants) et des vieux. Cela montre bien que les gens s'intéressent encore à la politique, quels que soient leur âge ou leur condition sociale. Bien que la salle ait été plus réceptive au propos de la socialiste, il faut noter que les piques et autres critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement ont été particulièrement applaudies.
Pour conclure sur ce premier débat, je dois bien avouer que j'ai été plutôt déçu. Cela s'explique principalement par le fait qu'il n'y a pas eu de réelle opposition ni confrontation entre les protagonistes, notamment en raison d'un sujet trop large et d'une certaine retenue des participants. Malgré tout, ce dialogue a au moins le mérite de m'avoir fait prendre conscience que je ne suis pas aussi proche des idées de de Villepin que je le pensais.
 
Le second débat auquel j'ai assisté rassemblait Jean-Luc Benhamias (Modem), François Delapierre (PG),  Michel Destot (PS), Nicolas Dupont-Aignan (DLR) et Jean-François Kahn autour du sujet : "des convergences républicaines sont-elles possibles ?"
Alors que je n'attendais pas grand-chose de ce débat et que je m'y étais rendu davantage pour écouter Nicolas Dupont-Aignan que pour le reste, je dois admettre que j'ai été surpris par la qualité des débats et des intervenants. Ce dernier point devant toutefois être nuancé par la prestation du maire de Grenoble qui m'a semblé en deçà de celles des autres. Je dirais même plus que Michel Destot n'avait pas vraiment sa place ou tout du moins qu'il n'a pas réussi à la trouver.
Parallèlement à cela, j'ai découvert ou plutôt redécouvert Jean-Luc Benhamias. Bien que je ne sois pas toujours d'accord avec lui, j'ai trouvé ses interventions très pertinentes et j'ai particulièrement apprécié le personnage.
Sur le fond, on a pu voir que le clivage gauche/droite n'est plus vraiment d'actualité et que la différenciation se fait aujourd'hui davantage entre les mondialistes d'un côté et les souverainistes de l'autre. Le deuxième point à noter est que des convergences sur les constats n'impliquent pas forcément de convergences sur les solutions à apporter. Enfin, j'ai remarqué que les propos de Nicolas Dupont-Aignan sur la création monétaire ont été bien reçus par la salle. Cela montre bien que le peuple n'est pas complètement stupide, comme certains aiment à le croire, et que les gens sont tout à fait capables de comprendre les choses du moment que l'on leur explique. Il me semble donc nécessaire de continuer ce travail de vulgarisation auprès de la population.
 
J'aimerais maintenant raconter une petite anecdote à la fois comique et inquiétante.
Hier, alors que j'attendais dans le hall pour assister au second débat, je suis tombé sur un sacré numéro. Il s'agissait d'une militante socialiste d'environ 50 ans qui était plutôt mécontente car elle n'avait pu approcher Ségolène Royal, notamment du fait de la nuée de journalistes présents mais surtout en raison des gardes du corps qui barraient le passage. A la limite on pourrait comprendre sa déception, encore que je considère que les politiques ne sont pas des stars. Là où le bât blesse c'est lorsque l'on écoute ses propos. Le premier point est qu'elle souhaitait interdire l'accès aux journalistes, alors même que ce sont eux, et notamment Libération et Marianne, qui ont organisé l'évènement. Mais ce qui m'a le plus "choqué" est le fanatisme et le peu de sens critique dont a fait preuve cette preuve. Ainsi, "Lionel Jospin est un homme exceptionnel" qui n'aurait jamais dû arrêter la politique, "Michel Destot est un excellent maire" qui a fait des grandes choses pour la ville depuis 15 ans. Et j'ai gardé le meilleur pour la fin : "c'est sûr que comparé à Ségolène on est des minables" !
Alors bien sûr les gens autour ont apprécié le spectacle et ont bien ri, moi le premier. Néanmoins, avec le recul, cette scène me fait peur. En effet, comment voulez- vous relever le pays avec de tels béni oui oui ? Cette femme a largement dépassé le stade de militante pour atteindre celui de bigot sans aucune objection.
Voilà ce qui me gêne aujourd'hui dans les partis politiques. Ces derniers sont davantage devenus un rassemblement de fans qui portent aux nues des personnalités plutôt qu'un lieu d'échanges, de débats et de réflexion. C'est donc cet état de fait qui me retient de m'encarter.
 
Pour conclure, que retenir de ces deux débats ?
La première chose est que l'association de personnalités politiques de premier plan n'implique pas forcément un débat de qualité. Je dirais même que c'est le contraire puisque les "connus" doivent faire attention à ce qu'ils disent, surtout lorsqu'ils sont en route vers 2012.
Ensuite, ces débats m'ont permis de confirmer ma proximité idéologique avec Nicolas Dupont-Aignan, de prendre de davantage de distances avec Dominique de Villepin et de (re)découvrir la personnalité atypique de Jean-Luc Benhamias.
Enfin, l'affluence globale à l'ensemble du forum me semble être un signe d'espoir qui atteste que les Français ne sont pas (encore) complètement dégoutés de la politique malgré les trahisons et déceptions successives.
La demande existe donc bel et bien dans notre pays. Ce n'est pas vraiment le cas de l'offre qui, même si elle est présente en quantité, ne l'est que peu en qualité. Voilà pourquoi il me semble très important de défendre le pluralisme politique et non le bipartisme à l'instar du système américain. Voilà pourquoi il est nécessaire de favoriser l'émergence de nouveaux partis, de nouvelles figures et de nouvelles idées dans notre paysage politique. C'est là tout l'objectif du Parti de Gauche et de Debout la République, deux petites formations qui apportent un peu de nouveautés dans cet ordre établi ...

samedi 15 janvier 2011

Révolution du Jasmin : le 1789 tunisien ?

Comme je l'écrivais quelques jours plus tôt dans un précédent article, le peuple tunisien manifestait dans les rues du pays. Depuis, la situation a nettement évolué. En effet, la contestation initialement pacifique et à portée économique s'est rapidement transformé en un mouvement populaire, parfois violent, à visée politique. Cette mutation a toutefois été rendu possible par l'action inappropriée du pouvoir en place. Rappelons seulement que la police et l'armée avaient la possibilité, voire l'ordre, de tirer à balles réelles sur la foule.
 
La conséquence de cette révolte paraissait impossible il y a encore peu de temps. Pour autant, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a finalement quitté le pouvoir après 23 ans de règne et a fui le pays en direction de l'Arabie Saoudite.
La Tunisie est donc aujourd'hui à un tournant de son Histoire. Effectivement, de nouvelles élections devraient prochainement avoir lieu sous l'impulsion de Foued Mebazaa, ancien président du Parlement et président de la République par intérim.
Pour autant, tout ne sera pas simple rien n'est encore gagné. D'ailleurs, la situation reste encore fragile dans le pays avec une recrudescence des violences et notamment de nombreuses scènes de pillages.
 
Je crois que les jours et les semaines à venir seront décisifs pour le futur de la Tunisie. Pour le moment on constate une certaine inertie dans la gestion du pays. Il me semble donc impératif de tourner rapidement la page Ben Ali et de commencer à écrire un nouveau chapitre. Il ne faut cependant pas être naïf. Car n'oublions pas que le président en fuite a gouverné d'une main de fer durant 23 ans, tenant à la fois le monde politique, économique et médiatique.
 
A l'inverse, le pessimisme ne doit pas non plus dominer. Le peuple tunisien a ouvert la voie d'un renouveau démocratique. Il faut maintenant prendre le relais de la population afin d'inscrire ces avancées dans la durée. Je crois que ce rôle est notamment dévolu aux intellectuels, aux politiques mais aussi à la société civile qui ne doit pas se laisser totalement déposséder de son initiative. 
 
Il me semble également nécessaire que la Tunisie puisse s'appuyer sur d'autres Etats pour se reconstruire. Je pense évidemment aux pays voisins mais surtout à la France, du fait de notre passé commun. A titre personnel, j'ai trouvé les réactions françaises timides voire déplacées dans l'unique but de ménager la chèvre et le chou. D'ailleurs, les commentaires se font plus incisifs à l'encontre du régime déchu maintenant que la situation s'est décantée. Mention spéciale à Michèle Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, qui a proposé "le savoir-faire de nos forces de sécurité " à la police tunisienne afin "de régler les situations sécuritaires". La communauté internationale doit se tenir prête à intervenir en cas de sollicitation de la part de l'Etat tunisien et non chercher à s'ingérer dans les affaires internes d'une nation souveraine.
 
Après 1956, 2011 est une année charnière pour la Tunisie. Le renversement de Ben Ali n'est qu'une étape. Il ne s'agit que du prologue d'une nouvelle aventure pour tout un peuple. Espérons simplement que la Révolution de 2011 soit à la hauteur de celle de 1789 ...

mercredi 12 janvier 2011

Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise

Hier soir, France 2 a diffusé "fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise". Présentée par Pierre Arditi (comédien), Daniel Cohen (économiste) et Erik Orsenna (romancier et académicien), cette émission visait à expliquer l'évolution de notre économie mais également à éclaircir quelque peu les mécanismes de la crise que nous avons connue.
 
Je ne pourrai évidemment pas revenir sur l'intégralité du film en question. Malgré tout, je souhaite m'attarder sur quelques points en particulier qui m'ont particulièrement marqués.
Le premier élément concerne le "tournant de 83". Il s'agit évidemment de la parenthèse libérale ouverte (et jamais refermée ?) par François Mitterrand. A partir de cette date, le président de la République de l'époque renonce à son programme socio-économique, cède aux sirènes des marchés et fait le pari de l'europe. Ainsi, celui-ci disait : "la France est ma patrie mais l'europe est mon avenir". L'année 1983 est alors perçue comme une année de trahison et de renonciation. Mais elle symbolise surtout la déception de millions de Français qui attendaient tant de l'arrivée de la gauche au pouvoir. Depuis, on peut remarquer que le fil conducteur des politiques menées par la gauche et la droite est le même. Soumission aux marchés financiers et intégration européenne en deviennent les maîtres mots. Aujourd'hui, rien ne semble avoir changé et on ne peut être que pessimiste quant à l'issue de la présidentielle de 2012.
 
Plus tard dans le film, Pierre Arditi mentionne le trio Friedman - Reagan - Thatcher et considère qu'il s'agit là d'un tournant dans l'histoire économique du monde. Cela est fort possible dans la mesure où ces personnes ont grandement contribué à l'essor de la pensée libérale et au développement de l'économie financière. Pour autant, il serait trop réducteur de les accuser de tous les maux. En effet, il ne faut pas oublier que ces derniers ne sont pas arrivés au pouvoir par magie. De même, leurs politiques ont connu une certaine adhésion de la part de la population et ont tout de même rencontré un succès relatif.
On pouvait également voir dans l'émission que Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont chacun fait face à d'importants conflits sociaux, respectivement face aux contrôleurs aériens et aux mineurs. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, l'issue de ces mouvements est la même : un recul des syndicats et une victoire du gouvernement. J'avoue être partagé entre admiration et consternation en ce qui concerne la gestion de ces contestations. Admiration car ces politiques ont su tenir bon au plus fort de la crise afin de défendre des réformes jugées bénéfiques. Ils ont donc eu le courage de leur opinion, chose que j'apprécie beaucoup. Consternation car, malgré tout, ces dirigeants ont fait preuve d'un certain autisme et d'aucune compréhension, voire même considération, pour les individus concernés par les réformes. On a alors assisté à une nette coupure entre le peuple et ses gouvernants.
 
Quelques commentaires maintenant sur une phrase prononcée par Erik Orsenna : "il existe une déconnexion entre la rémunération et l'utilité sociale". Cette phrase est très juste et le débat est ancien. En effet, qu'est ce qui justifie qu'un (grand) patron soit payé 50, 100 ou 200 fois le salaire d'un ouvrier ? La réponse n'est évidemment pas aisée et là est tout le problème. Alors certes le dirigeant a davantage de responsabilités et crée de l'emploi. Néanmoins, je tiens à rappeler que sans salariés il ne peut y avoir d'entreprise donc de patron. De plus, la question ne se pose pas en termes de légitimité à gagner davantage, car il est normal que le salaire évolue en fonction du niveau de qualification, de responsabilité ..., mais plutôt en termes d'écart parfois astronomique. D'où la nécessité de plafonner les rémunérations.
Mais pour mieux comprendre la pensée d'Orsenna, il convient de comparer la situation du salarié et de l'actionnaire. Alors que c'est le premier qui est à l'origine de la création de richesse, c'est le second qui s'en accaparera la plus grosse partie. On voit alors très bien que l'actionnaire est fortement rémunéré alors que son utilité sociale est quasi-nulle. Cela montre également clairement la coupure qui existe entre l'économie financière et l'économie réelle.
 
Toujours concernant la question de la rémunération, Daniel Cohen nous explique que le "crédit est devenu un substitut de revenu, de pouvoir d'achat". Cette affirmation est particulièrement vraie aux Etats-Unis mais elle reste tout à fait valable en France et plus largement en Europe. En effet, on peut remarquer qu'aujourd'hui le nombre de foyers surendettés tend à augmenter. Cela s'explique notamment, mais pas seulement, par le fait que les gens sont obligés de recourir à l'emprunt afin de joindre les deux bouts. Trois raisons à ce phénomène : des salaires trop bas, des prix trop élevés, un niveau de consommation trop important. Je crois que les trois causes s'entremêlent mais seule la première m'intéresse.
Je pense qu'une hausse substantielle des salaires serait une bonne chose pour les ménages mais aussi pour l'Etat, et les entreprises. D'ailleurs, je ne suis pas le seul à penser cela puisque Patrick Artus (économiste français, directeur de la Recherche et des Études de Natixis) plaide, lui, pour une augmentation de 20%. Malheureusement, notre président ne semble pas du même avis puisque ce dernier a limité la hausse du SMIC au minimum légal soit 1,6%.
 
Pour en finir avec le contenu même du film, il a bien sûr été question avec de la crise économique que l'on a connu mais aussi de la crise de la dette dans laquelle nous nous trouvons. A cette occasion, il a été rappelé que la dette du privé a été transférée au public, c'est à dire aux Etats au travers des différents plans de sauvetage. Cela fiat d'ailleurs très bien écho à l'adage : "privatiser les profits et socialiser/nationaliser les pertes". Je ne vais pas m'étendre sur le sujet tant je me suis déjà exprimé à de nombreuses reprises. Toutefois, je souhaite juste rappeler que les Etats se sont endettés pour sauver le système bancaire et financier. Or on constate que ces mêmes Etats sont violemment attaqués par ceux qu'ils ont sauvés. Cela est tout bonnement incroyable. Aussi, je crois qu'il faut dorénavant adopter des règles similaires à celles de nos adversaires. Concrètement, cela signifie qu'il ne faut avoir aucune pitié et ne pas hésiter à taxer allégrement ceux qui profitent de la misère des autres et qui se gavent sur leur dos.
 
Après le film, France 2 avait organisé un petit débat animé par David Pujadas en présence de Pierre Arditi, Daniel Cohen et Erik Orsenna. En outre, trois invités étaient présents sur le plateau.
Le premier était Xavier Matthieu, le délégué CGT de feu l'usine Continental de Clairoix (Oise) qui a fermé il y a quelques mois. Je dois dire que j'ai adoré l'intervention de ce monsieur tant je crois qu'il est représentatif des Français. Ainsi, ce monsieur a, je trouve, très bien compris le problème et il avait le mérite de ramener les autres intervenants à la réalité du quotidien. Je souscris donc tout à fait aux propos de Xavier Matthieu, notamment lorsqu'il réhabilite plus ou moins le concept de lutte des classes. En outre, j'avoue avoir été touché par l'émotion et la sincérité dégagées par cet homme. A l'écouter on prend immédiatement conscience de la dureté de ce système.
Le deuxième invité était Alain Madelin. Même si je connaissais cet homme politique de nom et de réputation, je ne l'avais jamais vu ou entendu à la télévision. Pour autant, je ne perdais pas grand-chose tant cet homme est dogmatique et caricatural. Je ne pensais pas que l'on pouvait encore de nos jours être enfermé dans une pensée aussi dépassée et obsolète. En fait, Madelin représente tout ce que je déteste dans notre économie. Je m'attarde juste une seconde sur la notion de "destruction créatrice" qui lui semble très chère. Pour rappel, la destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d'activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques. (Source : wikipédia). Personnellement, je n'ai rien contre ce mécanisme mais si cela se traduit par la destruction d'emplois en France pour en créer en Chine ou en Inde alors cela ne m'intéresse pas du tout.
Enfin, la dernière invitée était Julianne Charton, trésorière du syndicat lycéen UNL. Je dois reconnaître avoir été assez séduit par son intervention, notamment du fait de son jeune âge. Cela montre que les jeunes sont impliqués engagés et concernés par la "chose publique". Néanmoins, on pourrait lui reprocher son manque d'ouverture sur des sujets plus politico-économiques et d'être trop centrée sur des préoccupations lycéennes. De même, je l'ai trouvé quelque peu naïve voire candide dans ses propos.
 
Au final, je suis assez mitigé concernant cette émission. En fait, celle-ci n'apportait rien à quelqu'un qui suit de manière assez régulière l'actualité. De plus, je m'attendais davantage à une émission visant à vulgariser le fonctionnement de notre économie, bref à une sorte d'économie pour les nuls en image. Je crois que cela aurait été plus profitable pour les gens afin de renforcer une culture économique souvent proche du néant.
Malgré tout, il me semble que ce film était assez adapté pour un non-initié, lui permettant ainsi de saisir un peu mieux l'Histoire de notre économie mais aussi les mécanismes de la crise.
Enfin, je terminerai sur la forme après m'être longuement exprimé sur le fond. Je dois dire que l'utilisation d'images d'archive était particulièrement adapté. En revanche les dialogues sonnaient faux et les décors choisis (usine abandonnée, toit ...) ne me paraissaient pas vraiment adaptés.
 
Pour autant, je crois qu'il ne faut pas être trop dur avec ce film. En effet, il s'agit là d'un coup d'essai voire d'un pari puisqu'il est assez rare de programmer une émission consacrée à l'économie à une heure de grande écoute. Il faut donc espérer que l'initiative sera renouvelée prochainement ... mais cette fois-ci en s'attardant davantage sur les mécanismes économiques.

dimanche 9 janvier 2011

La révolte gronde ...

On voit souffler, depuis quelques jours, un vent de colère dans les pays du Maghreb. En effet, de nombreuses manifestations, souvent violentes, ont eu lieu à plusieurs reprises en Algérie et en Tunisie. L'objectif premier est de s'insurger contre la "vie chère" mais plus largement  il s'agit d'une révolte contre la situation socio-économique du pays. Très clairement, les manifestants expriment leur pessimisme et leurs craintes concernant l'avenir, notamment en termes d'emploi et de logement.
 
Mais l'Algérie et la Tunisie ne sont pas les seuls pays touchés par de tels mouvements sociaux. On pense bien évidemment aux Etats membres de l'Union Européenne sévèrement touchés par les plans de rigueur (Grèce, Portugal, Espagne ...). Sans oublier une partie des pays émergents au sein desquels on voit poindre un certain nombre de revendications sociales, et en particulier une hausse des salaires en Chine.
 
Alors bien sûr chaque situation est différente et est propre à chaque pays. Néanmoins, on peut remarquer un certain nombre de facteurs communs que l'on pourrait qualifier d'universels. Il s'agit en fait du dénominateur commun à tous ces mouvements sociaux. Sans surprise, on y retrouve l'emploi, le pouvoir d'achat mais aussi le respect de la démocratie, de l'éthique et de la morale, et ce au sens large. En somme, rien qui ne sorte de l'ordinaire.
Quel que soit le pays considéré, on observe donc les mêmes problèmes et les mêmes phénomènes bien que ceux-ci soient à des degrés différents. 
 
Alors bien sûr ces problèmes ne sont pas nouveaux. Toutefois, la crise économique et financière et surtout les réponses qui ont été apportées semblent avoir été le facteur déclenchant de toutes ces contestations. Mais cela est-il si étonnant ? Je ne le crois pas. En effet, cette crise, ou plutôt ces crises, ont contribué à renforcer le fossé existant entre les politiques et le peuple, entre les élites et le peuple. Ainsi, comment peut-on expliquer aux gens qu'ils doivent se serrer la ceinture afin de sauver un système qui est, au moins en partie, à l'origine de leurs difficultés ?
 
La population a alors deux solutions : le vote ou le combat.
La première a évidemment ma préférence. Pourtant, l'augmentation croissante de l'abstention ne conduit pas à un grand optimisme. Mais je ne peux en vouloir aux électeurs. Car on voit très bien que, par-delà le monde, les politiques de gauche et de droite gouvernent de manière similaire en appliquant à la lettre la doctrine libérale et libre-échangiste. Certains disent même que gauche et droite c'est bonnet blanc et blanc bonnet. En outre, notre système médiatique, dans son état actuel, ne laisse que peu de place aux projets alternatifs.
A défaut de révolution par les urnes, certains préfèrent la révolution dans la rue voire même parfois la révolution par les armes. Je n'y suis pas favorable mais il faut bien reconnaître que la plupart des grandes avancées sociales ont été obtenues par le combat. Je pense notamment à 1789 ou encore à 1940.
 
Pour le moment, la situation est relativement calme en France. Les problèmes existent bien mais la population n'est pas encore encline à "prendre les armes". Notamment grâce aux syndicats, la contestation se borne à des manifestations pacifiques ou à des grèves. Pour autant, cet état de fait ne sera pas éternel. D'ailleurs, notre pays a déjà connu des séquestrations de dirigeants par leurs salariés désespérés.
Il me semble donc impératif que nos politiques prennent réellement conscience de la gravité de la situation. Mais il faut aller au-delà du simple constat et mettre en oeuvre des solutions nouvelles et alternatives afin de tendre vers davantage d'égalité et de justice sociale.
 
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, disait il y a quelques mois "qu'il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août". Il fait ici allusion au 4 août 1789, date à laquelle les privilèges ont été abolis.
Malheureusement pour nous, cette ambiance ne s'est pas traduite dans les faits. Peut-être que cette année à venir sera différente ...