lundi 18 juillet 2011

Primaires socialistes : avancée démocratique ou stratagème électoral ?

Ca y est la période de dépôt des candidatures pour la primaire socialiste s'est officiellement terminée le 13 juillet dernier. Seront donc candidats, par ordre alphabétique : Martine Aubry, François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls pour le PS et  Jean-Michel Baylet pour le Parti Radical de Gauche (PRG).
Six candidats s'affronteront donc les 9 et 16 octobre prochains lors d'un vote ouvert à tous militants mais aussi aux sympathisants.
 
Cette primaire est quelque chose de novateur dans notre pays. En effet, ce système de désignation d'un candidat à l'élection présidentielle, très répandu aux Etats-Unis, fait ses premiers pas en France. Alors certes un tel processus avait déjà été organisé par les socialistes en 2006 mais il s'agissait d'une version édulcorée dans la mesure où seuls les adhérents du parti avaient été sollicités.
Cette primaire est donc un outil nouveau qui s'inscrit pleinement dans le cadre de la rénovation souhaitée par les dirigeants socialistes. On peut toutefois s'interroger sur sa pertinence et son bien-fondé.
 
A priori rien ne me dérangeait dans l'organisation de ces primaires. Je dois même reconnaître que celle-ci suscitait chez moi un certain enthousiasme. Pour autant, cet engouement a rapidement laissé place à une relative déception et même à une prise de distance, et ce pour plusieurs raisons.
 
Pour commencer, il me semble nécessaire d'émettre quelques réserves sur le principe même des primaires. Comme je l'ai dit précédemment, je n'avais éprouvé, par principe, aucun préjugé ni rejet vis-à-vis de ce système. De fait, celui-ci pouvait s'avérer être une bouffée d'oxygène dans notre vie démocratique. Malgré tout, il apparaît que cette primaire peut-être interprétée comme redondant avec le premier tour de l'élection présidentielle dans la mesure où celle-ci est ouverte à tout le monde.
 
Ensuite, et c'est la principale critique que j'oppose aux socialistes, est que cette primaire se résume finalement à un casting. En effet, je regrette qu'un réel débat de fond ne soit pas organisé entre les différents candidats afin de mettre en avant les divergences qui peuvent exister. Ainsi, hormis peut-être Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls qui se distinguent quelque peu, il paraît clair que Martine Aubry et François Hollande sont parfaitement interchangeables. D'ailleurs, ces derniers reconnaissent eux-mêmes qu'ils sont d'accord sur la plupart des sujets et que peu de choses les différencient. En clair, le choix se fera sur des critères subjectifs tels que l'image ou la communication tant les deux candidats sont bonnet blanc et blanc bonnet.
 
Pour autant, est-ce vraiment surprenant ? Je ne le crois pas. De fait, s'il existait de trop importantes divergences comment les candidats défaits pourraient-ils se ranger derrière le vainqueur ? Cet état de fait pose donc la question de la légitimité et de la pertinence de cette primaire.
 
Au final, ce système de désignation de candidat, qui devait être novateur et porteur d'espoir, s'avère décevant dans la mesure dans la mesure où celui-ci reste petit-bras et ne va pas au bout de sa logique.
En l'état actuel des choses, la primaire socialiste semble se diriger vers un duel Aubry-Hollande qui consisterait alors à une opposition de personnes et non de projets tant les deux s'inscrivent dans le système social-démocrate, libéral et européiste.
En bref, rien de nouveau sous le soleil au PS depuis 1983 et l'ouverture de la parenthèse libérale. C'est bien là tout le problème de ce parti qui ne semble pas avoir retenu les leçons de la crise ...

vendredi 15 juillet 2011

14 juillet rime avec défilé de l'armée !

La candidate d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, Eva Joly, s'est déclarée jeudi favorable à la suppression du défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Élysées, qu'elle a proposé de remplacer par un "défilé citoyen". "J'ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les séniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent", a déclaré Mme Joly à l'AFP.
Source : lepoint.fr
 
Dans mon dernier article, je parlais déjà des écologistes et me réjouissais, si l'on peut dire, de leurs décisions. Malheureusement, ma bienveillance vis-à-vis de ce parti n'a été que de courte durée et a subitement disparu avec les propos d'Eva Joly.
 
En plus d'un charisme digne d'une huître, Eva Joly possède une capacité impressionnante pour débiter des âneries. Je laisserai de côté les critiques du nucléaire ou les tirades sur l'économie pour me concentrer sur la proposition démentielle liée au défilé militaire du 14 juillet.
 
Avant toute chose, je dois avouer me satisfaire de la fronde suscité par l'ancienne magistrat. En effet, je me félicite que la quasi-totalité de la classe politique, de droite comme de gauche, se soit élevée et révoltée contre la candidate à l'élection présidentielle.
 
Mais revenons-en au fond de l'affaire. Deux éléments sont à prendre en compte.
Le premier est la suppression du défilé militaire. Bien évidemment je suis absolument contre cette proposition dans la mesure où cette parade de nos soldats relève d'une tradition historique qui s'inscrit dans notre héritage depuis des décennies. De plus, cette journée est un véritable moment de communion entre le peuple et son armée, qui vise à renforcer les liens entre ces deux entités.
Le second point est son remplacement par un défilé citoyen. Pour moi, cela ne vient rien dire. Que signifie donc "défilé citoyen" ? Si l'on en croit les propos d'Eva Joly cela reviendrait à faire défiler des enfants, des jeunes et des vieillards. Bref tout le monde et personne à la fois.
En somme, cette dame nous propose de remplacer un hommage à nos forces armées par une grosse manifestation désordonnée.
 
Parallèlement à cela, Eva Joly a comparé notre pays à des nations telles que la Chine ou la Corée du Nord sur la seule base d'un point commun : une parade militaire. Je trouve que cette comparaison est tout bonnement honteuse pour une personne qui souhaite prendre en main la destinée de notre nation. En effet, comme peut-elle oser nous rapprocher de ces dictatures qui n'hésitent pas à utiliser la force contre leur propre peuple ?
 
Au final, cette sortie médiatique calamiteuse et déplacée aura au moins eu le mérite de révéler le vrai visage des écologistes : une tribu de bobos sectaires et mondialistes pour qui la nation doit disparaître.

mercredi 13 juillet 2011

Les écolos disent oui à Joly mais non à la Lybie

Hier, mardi 12 juillet, nos amis écologistes étaient à l'honneur ou tout du moins avaient l'honneur des médias. En effet, deux évènements importants se tenaient lors de cette même journée : le résultat de la primaire verte et le vote sur le Lybie.
 
Sans surprise Eva Joly a finalement été choisie comme candidate EELV pour l'élection présidentielle avec 58,16 % des voix aux dépens de Nicolas Hulot.
Est-ce vraiment surprenant ? Oui et non en fait. Effectivement, le choix de l'ancienne magistrat est assez logique tant elle incarne la ligne traditionnelle des Verts tout en étant une bleue en politique, découverte à l'occasion des européennes de 2009. De plus, celle-ci symbolise, à tort ou à raison, l'éthique et la droiture. Enfin son côté sérieux voire même austère rassure et contraste fortement avec le pouvoir en place, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose.
A l'inverse, Nicolas Hulot aurait pu bénéficier de son charisme, nettement plus important que celui d'Eva Joly, ou encore de son engagement de longue durée pour la cause écologique. Malgré tout, ces points positifs n'ont pas suffi à inverser la tendance du premier tour. On peut même dire que ces "avantages" ont été largement contrebalancé par des prétendus handicaps jugés rédhibitoires par certains. Je pense notamment à certaines accointances avec le centre et la droite, et en particulier avec Jean-Louis Borloo, ou encore aux subventions versées par de grandes entreprises à sa fondation.
Par ce choix EELV perdure dans la droite lignée de ces dernières années avec des candidats assez "insipides" et sans réelle cohérence profondeur programmatiques. Malgré tout, on peut penser que les derniers succès électoraux et les récents évènements environnementaux permettront de réaliser un score honorable, sinon de limiter la casse. Par ailleurs, il y a fort à parier qu'une alliance avec le PS verra assez rapidement le jour, permettant ainsi aux écologistes de rester sur le devant de la scène.
 
Parallèlement à la primaire, les écologistes se sont également illustrés lors du vote sur la poursuite de l'engagement de nos troupes en Lybie. En effet, les parlementaires verts et communistes, ainsi que certains députés non-inscrits, se sont opposés à la demande de François Fillon.
Le sujet étant sensible, il me semblait important que les représentants du peuple puissent en débattre. Pour autant, et même si je dois m'incliner devant ce vote, je ne m'en satisfais pas. Il est vrai que ma position concernant cette guerre a évolué à plusieurs reprises. De fait, j'ai tout d'abord été opposé à un tel engagement puis je me suis résigné, devant les faits, à soutenir une intervention militaire dans le cadre de l'ONU.
Aujourd'hui, et compte-tenu de l'évolution de la situation, je crois qu'il est temps de se retirer de ce pays. En effet, après quatre mois et 160 millions d'euros, nous en sommes plus ou moins au même point. Certes notre devoir était d'éviter le massacre de milliers de civils par Kadhafi mais nous n'avons pas le droit ni la légitimité de déchoir un dirigeant en place tel que cela semble être le cas actuellement. A l'instar des révolutions en Egypte ou en Tunisie, c'est au peuple de prendre en main son destin et de décider de son avenir.
Chercher à influencer le cours de l'Histoire de manière dissimulée, comme ce fut le cas en Côte d'Ivoire avec l'arrestation de Laurent Gbagbo ou en Lybie avec le parachutage d'armes légères, n'est pas digne d'un pays tel que le notre. La France ne doit pas reprendre le flambeau des Etats-Unis. Les conséquences d'un tel bellicisme seraient trop dramatiques, tant à court terme qu'à plus longue échéance.
De même qu'en Afghanistan où un retrait progressif des troupes va être engagé, il me semble impératif que nos soldats rentrent au plus vite à la maison. Cette guerre n'est pas notre guerre et le prix payé est déjà trop important. Une escalade militaire serait la pire des décisions. Une solution diplomatique pour une sortie de crise pacifique constituerait alors une meilleure alternative.  

lundi 11 juillet 2011

Des efforts d'accord mais pour tous !

Les élus pourront continuer à bénéficier d'avantages en nature de façon discrétionnaire et à reverser une part de leurs revenus à qui bon leur semble. Ainsi en a décidé lundi matin le Sénat. René Dosière pensait pourtant avoir mis fin à ces pratiques, qu'il condamne. Le député apparenté PS a fait adopter le 28 juin, par une commission mixte du Sénat et de l'Assemblée, deux amendements en ce sens.
Source : lepoint.fr
Qu'ils s'en aillent tous disait Jean-Luc Mélenchon. Cela pouvait paraître excessif mais, au final, ce dernier n'a-t-il pas raison, au moins en partie ? 
 
Une nouvelle fois nos élus se distinguent par un conservatisme et un élitisme et cherchent à préserver leurs avantages, souvent démesurés. Les privilèges n'ont-ils pas été abolis la nuit du 4 août 1789 ? C'est ce que l'on croyait mais il semblerait que ceux-ci aient été rétablis pour une petite caste.
 
Alors bien sûr il est facile d'attaquer les avantages des parlementaires  et certains qualifieront même cela de populisme. Néanmoins je crois qu'il est important de dénoncer les abus qui existent et perdurent au sein de l'Assemblée Nationale et du Sénat mais aussi parmi les membres du gouvernement.
 
Il est évident que les fonctions occupées par ces personnes sont contraignantes et exigent une certaine abnégation. Pour autant, cela justifie-t-il des indemnités de plusieurs milliers d'euros, des voitures avec chauffeur ou autres logements de fonction ? Cela ne va bien sûr pas de soi. D'ailleurs, d'autres métiers sont nettement plus éprouvants et ces salariés ne bénéficient pas du même traitement.
 
Outre le fait que les sommes en jeu sont démesurées, et parfois injustifiées voire même injustifiables, il est étonnant que ces individus demandent au peuple de se serrer la ceinture alors même que ces derniers ne daignent pas faire quelque effort que ce soit. Pire nos chers sénateurs se sont récemment accordés une prime de 3500 €.
Il me paraît donc inacceptable, à l'heure où on nous rebat les oreilles avec le déficit, que certaines catégories de la population soient épargnées par l'effort collectif demandé par nos dirigeants.
 
Je peux tout à fait concevoir qu'il faille faire des économies, encore qu'il suffirait d'aller chercher l'argent là où il se trouve en réalisant de vraies réformes, mais ces économies doivent concerner tous les Français. Et par tous les Français j'entends les classes populaires et moyennes mais aussi et surtout les classes aisées et dirigeantes. En effet, si ces derniers s'engraissent quand l'économie est au beau fixe, il est logique qu'ils se mettent au régime en temps de crise.
Malheureusement, ce n'est pas de sitôt que l'on verra cela avec ce président de la République et son gouvernement ...

samedi 9 juillet 2011

Merci Jean-Pierre !

« Au fond, dans le passé, l’élection présidentielle dépendait d’un seul facteur : l’avis des électeurs. Maintenant, l’élection présidentielle dépend de deux facteurs : l’avis des électeurs, mais aussi l’avis des prêteurs. Nous sommes endettés comme tous les pays endettés. Pour que notre pays marche, il faut que certains lui prêtent de l’argent. Ce “certains”, ce sont des fonds de pension, ce sont des retraités, ce sont des acteurs mondiaux, ce sont surtout des acteurs hors de France. Ces acteurs-là, ils ont leur avis sur l’économie française. »
« Il va falloir faire des promesses de bonne gestion, des promesses d’équilibre budgétaire, de rigueur budgétaire, de réforme ».
 
Voilà les propos tenus par Jean-Pierre Raffarin à Jean-Michel Apathie lors de son interview sur RTL.
Bien que je n'approuve bien évidemment pas ce discours, je m'en réjouis tant il traduit de manière simple et sans équivoque la situation dans laquelle se trouve notre pays.
 
Concrètement que nous dit l'ancien premier ministre ? Et bien tout simplement que notre nation est soumise au diktat des marchés financiers et que le peuple est privé de sa souveraineté électorale. En somme, ce monsieur nous explique que le président de la République ne doit pas servir ses concitoyens et défendre leurs intérêts mais au contraire chercher à plaire et complaire aux créanciers de l'Etat.
 
Alors bien sûr personne n'est naïf et chacun sait que cet état de fait ne date pas d'hier. Pour autant, c'est la première fois qu'un responsable politique proche du pouvoir en place fait une telle révélation. Cela montre donc bien que le discours des alternatifs n'est pas aussi farfelu qu'on aimerait à le faire croire.
 
De Gaulle disait : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille" ou autrement dit la France n'a pas à se laisser dicter sa politique économique par les marchés financiers. Or c'est exactement ce qui se passe à l'heure actuelle, que ce soit en France ou ailleurs en Europe. Ainsi, la réforme des retraites a été conçue uniquement pour rassurer les agences de notation. De même, les plans d'austérité imposés à la Grèce ou au Portugal répondent également à cet objectif.
 
Aujourd'hui le politique a donc vu ses pouvoirs considérablement diminué. De fait, la souveraineté nationale est de plus en plus attaquée au profit d'instances supranationales (FMI, UE …). D'ailleurs, la dernière escroquerie en date consiste à soumettre les budgets nationaux à la Commission européenne pour validation. Ce mécanisme, sensé éviter d'autres crises, revient en fait à imposer des choix budgétaires libéraux aux Etats-membres.
 
Ce qui me désole le plus dans cette histoire est que nos gouvernants, plutôt que de s'opposer à une telle vassalisation de notre pays, accompagnent et encouragent cette régression démocratique. Pire ils en sont même fiers et nous vantent cela comme un progrès alors même qu'il ne s'agit que d'une mise sous tutelle de nos institutions.
 
Certains attendent beaucoup de la présidentielle de 2012. Sans vouloir être pessimiste, je crois que cette élection est un leurre. En effet, la plupart des candidats, malgré des différences de façade, s'inscrivent dans le système actuel. Or il me semble illusoire de vouloir entamer un réel changement sans s'affranchir des contraintes actuelles.
 
Pour le moment, le PS ne me paraît pas porter une alternative. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que DSK était tant plébiscité par les institutions financières. Qu'il s'agisse de Martine Aubry, de François Hollande ou encore de Dominique Strauss-Kahn, ce parti représente au mieux une alternance politique au gouvernement en place.
 
Cela ne sera évidemment pas suffisant pour redresser notre pays de manière pérenne. Peut-être que les choses s'arrangeront quelque peu mais on peut supposer que les dirigeants socialistes seront davantage dans la gestion que la transformation, si tant est qu'ils accèdent au pouvoir …

mardi 5 juillet 2011

Yes he Kahn ?

Mieux que le feuilleton de l'été, l'affaire Dominique Strauss-Kahn !
Après DSK à l'hôtel, DSK en prison et DSK dans une résidence de luxe, voilà maintenant DSK en liberté. En effet, après moult rebondissements et révélations en tout genre, de nouveaux éléments sont venus entachés la crédibilité de la plaignante et ont conduit à la libération de l'accusé. Par ailleurs, un abandon des charges pesant contre l'ancien directeur du FMI est sérieusement envisagé.
 
Bien que le scandale ait éclaté il y a plusieurs semaines, il s'agit là du premier article que j'y consacre. Cela s'explique tout simplement par le fait que je ne trouvais pas utile de m'étendre sur le sujet. En effet, nous ne savons que peu de choses dans cette histoire. Personnellement, je ne crois pas plus la femme de chambre que l'homme politique. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que nous connaîtrons la vérité un jour puisque c'est parole contre parole. Seules les personnes présentes dans la fameuse suite savent ce qui s'est réellement passé.
 
Ce qui m'intéresse aujourd'hui est les suites de cet évènement. Effectivement, DSK était le grand favori pour 2012 et faisait la course largement en tête. Or depuis tout a changé et le PS a continué sa route sans lui. Pour autant, la possibilité de son retour risque de compliquer grandement les choses.
 
Disons le clairement, je crois que Strauss-Kahn n'est pas un bon candidat pour le PS. Ou tout du moins pour ce que devrait être le PS. Je ne nie évidemment pas les qualités et compétences de l'ancien ministre mais je suis en désaccord total avec les politiques qu'il a menées, notamment en Grèce. Pour moi, DSK n'est donc clairement pas un vote envisageable.
 
Mais laissons de côté ce sentiment pour nous intéresser à cette théorie du retour. Selon moi, il existe plusieurs scénarios possibles quant à une réapparition sur la scène politique française. En fait, DSK peut soit se présenter à la primaire, soit venir en soutien d'un autre candidat, soit rester en retrait.
Il est évidemment prématuré de prendre position tant d'autres surprises peuvent encore intervenir mais pour moi les trois options sont crédibles.
 
La candidature à la primaire consisterait en une revanche après ces semaines de descente aux enfers. Il pourrait alors s'agir d'un retour gagnant en jouant la carte de l'erreur judiciaire, de la victime ou encore de l'affrontement entre un homme et un système (judiciaire, médiatique, politique).
Le soutien à un candidat peut être un moyen de revenir sur le devant de la scène plus en douceur, en perspective de jours meilleurs (2017 ?) et/ou de responsabilités (premier ministre ?). Cela consisterait alors probablement à respecter le pacte de Marrakech et à se ranger derrière Martine Aubry.
L'éloignement, la prise de recul peut également être une stratégie payante. Ce laps de temps permettra ainsi de se reconstruire, tant politiquement que moralement. En outre, après une période de "traversée du désert" et en cas de difficultés, DSK pourrait être vu comme un sauveur, à l'instar du général de Gaulle en 1958.
 
Partons maintenant du principe que l'envie de revenir existe chez Dominique Strauss-Kahn. Cela est-il réellement possible à la suite de cette affaire et des différentes révélations/découvertes sur son compte ?
Je crois que cela dépendra de la réaction des Français à son égard. Je pense que la population sera divisée en deux "camps". D'une part ceux qui éprouveront de la compassion vis-à-vis de DSK du fait de l'acharnement médiatico-judiciaire qu'il a subi. Ceux-ci seront alors favorables à son retour sur le devant de la scène. D'autre part ceux qui considéreront que DSK est grillé en raison de ses fautes (comportement avec les femmes, résidence privée à 35 000 € par mois …). Ces derniers considérant alors qu'un retour serait une mauvaise chose.
 
Comme vous l'aurez sûrement compris, je me classe évidemment dans la seconde catégorie d'individus. Même si Nicolas Sarkozy a commencé à dégrader l'image de la France dans le monde, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de continuer pour cinq ans de plus.
En outre, je ne crois pas que Dominique Strauss-Kahn soit une solution pour notre pays. En effet, je ne suis pas convaincu que les réponses qu'il souhaite apporter à nos problèmes soient les bonnes.
 
Selon moi DSK est un leurre. Sous l'alibi du socialisme, il mène en réalité des politiques libérales et mondialistes qui tendent à favoriser les multinationales aux dépens des peuples. D'ailleurs, la situation en Grèce est une illustration parfaite des méfaits de DSK. Or je ne souhaite bien évidemment pas cela pour mon pays et mes concitoyens.

jeudi 30 juin 2011

Retour à l'actualité

Après une longue absence du fait de contraintes professionnelles, voici donc un nouvel article revenant sur certains évènements majeurs de ces derniers jours.
 
 - Martine à la campagne
Mardi dernier, Martine Aubry a finalement annoncé sa candidature à la primaire socialiste dans son fief de Lille. Même si cela ne faisait aucun doute, cette officialisation marque un pas dans cette primaire puisque la première secrétaire est une candidate de poids.
DSK étant hors-jeu, on peut légitimement s'attendre à un duel Aubry-Hollande. Toute la question étant de savoir quel rôle jouera Ségolène Royal dans la campagne. En effet, et bien que les sondages ne soient pour le moment pas au rendez-vous, il serait abusif de miser sur un retrait. Pour autant, cette option ne doit pas non plus être écartée et dépendra probablement des évènements à venir.
Pour en revenir à Martine Aubry, je dois reconnaître que celle-ci m'est plutôt sympathique. Alors bien sur il existe de nombreux points de désaccord mais à choisir, je la préfère à François Hollande. Même si le candidat le plus proche de mes idées au PS est Arnaud Montebourg, je crois que la dame des 35 heures constitue un bon compromis au sein du parti, arrivant à concilier au mieux tous les courants. En outre, le soutien de la gauche du PS (Hamon, Emmanuelli …) me semble être un gage de crédibilité. A l'inverse, François Hollande me paraît plus libéral et souhaite davantage être dans la gestion que la transformation. Pour autant, il y a fort à parier que, quel que soit le candidat, les réformes engagées ne différeront que légèrement et que le fond du programme sera le même.
 
- Après Dominique, voilà Christine
C'est maintenant officiel, Christine Lagarde a pris la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds Monétaire International (FMI). Le suspens était toutefois limité dans la mesure où l'usage veut que ce poste revienne à un européen et la direction de la Banque Mondiale à un américain.
Mais le choix de Christine Lagarde est-il approprié ? Disons le tout de suite, l'ancienne ministre de l'économie a incontestablement les compétences requises. De plus, cela permet de maintenir la présidence dans le giron de la France, ce qui n'est pas négligeable. Malgré tout, les choses ne sont pas complètement roses. En effet, il ne faut pas oublier que Mme Lagarde est empêtrée dans des ennuis judiciaires en raison de l'affaire Tapie.
Enfin, outre cet aspect purement pratique voire même déontologique, la nomination/élection de Christine Lagarde n'est pas forcément une bonne chose pour les peuples. Effectivement, la nouvelle directrice s'inscrira complètement dans la continuité de la direction sortante et prônera donc cures d'austérité et de rigueur contre "plans d'aide et de sauvetage". En somme, ce choix est donc une nouvelle victoire de la sphère économico-financière sur les petites-gens du monde entier.
 
- Journalistes de FR3 : un nouvel épisode Ingrid Betancourt ?
La nouvelle est tombée hier. Après 547 jours de détention, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont finalement été libérés par leurs ravisseurs et arriveront en France dans la journée. Logiquement, cet évènement a fait la une de tous les journaux qui y ont consacré moult reportages.
Bien évidemment, il s'agit là d'une excellente nouvelle, en particulier pour les familles des victimes. Pour autant, est-il nécessaire de faire un aussi gros tapage médiatique ? En effet, durant toute leur détention, les présentateurs de journaux avaient une pensée pour leurs confrères. Et maintenant que ces derniers sont libres, les mêmes couvrent cela comme un évènement majeur de l'actualité.
Au risque de passer pour un salop, je crois que l'on en fait trop pour cette affaire. Ok, les journalistes sont libres. C'est très bien mais cela n'est pas d'une importance fondamentale, hormis pour les proches. Concrètement, je ne supporte plus que les médias exploitent jusqu'à la moelle un fait qui ne le mérite pas forcément.
Cela me rappelle notamment le cas d'Ingrid Betancourt. Durant des mois voire des années, on nous a littéralement soulé pour soi-disant ne pas l'oublier. Puis tout un pataquès a été fait au moment de sa libération avec réception en grandes pompes par le président de la République.
Pour moi, il existe réellement une différence de traitement, un deux poids deux mesures. De fait, d'autres otages sont actuellement détenus en Afrique, or personne n'en parle car il ne s'agit de M. et Mme tout le monde. Etrange non ? De là à dire comme Jean-Luc Mélenchon que les journalistes forment une caste, il n'y a qu'un pas que l'on peut aisément franchir.
Enfin, il me semble également important de signaler qu'il existe d'autres problèmes nettement plus importants et qui ont davantage trait à l'intérêt général (chômage, crise de l'euro …).
 
- Obama ordonne, Sarkozy exécute
Qui a dit que le président de la République était le chef des armées ? Apparemment cela n'est plus forcément vrai. Ou alors il aurait fallu préciser de quel président on parlait.
Mais trêve de plaisanteries. Le début du retrait de nos troupes en Afghanistan et évidemment une bonne chose. Il serait donc malhonnête de ma part de m'y opposer aujourd'hui alors que je l'appelais de mes vœux hier.
En réalité, la question n'est pas là. Il ne s'agit pas du fond de la décision mais de sa forme, et surtout de l'image que l'on envoie de notre pays. Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a changé un grand nombre de fois d'avis. En effet, durant la campagne de 2007, celui-ci nous expliquait que notre "présence à cet endroit du monde n'était pas décisive". Par la suite, et en particulier après chaque décès, le président argumentait sur l'impérative nécessité de maintenir nos troupes, décidant même d'augmenter notre contingent. Et finalement, contre toute attente, il a été décidé d'entamer un retrait progressif.
Indéniablement, l'élément déclencheur a été l'annonce du président Obama. Nicolas Sarkozy en a donc profité pour s'infiltrer dans la brèche et faire un coup politique. Cela pose toutefois la question de notre indépendance. Clairement, cet enchaînement des évènements revient à se mettre en position de faiblesse par rapport aux Etats-Unis. De là à y voir un lien avec le récent retour dans le commandement intégré de l'OTAN …