samedi 9 juin 2012

Demain je vote Debout la République, et vous ?

Voila maintenant environ un mois que François Hollande a été élu président de la République. Comme le veux notre calendrier électoral, les Français sont appelés en ce mois de juin à élire leurs députés pour la prochaine législature. Une fois n'est pas coutume, le niveau d'abstention sera un enjeu important de ce scrutin, notamment en raison de ses particularités (l'accès au second tour nécessite de recueillir les voix 12,5 % des inscrits).
 
Mais au delà de ce phénomène récurrent dans notre système politique, cette élection revêt une importance singulière en raison de la récente alternance. On me demande souvent mon avis sur une éventuelle cohabitation. Et invariablement je réponds la même chose. Je ne souhaite en aucun cas une majorité de droite car une situation de cohabitation serait la pire des choses. En effet, cela reviendrait à repartir pour un tour avec l'UMP et surtout à empêcher les socialistes de mettre en oeuvre leur programme. Or comme je l'ai déjà dit, j'ai envie de laisser sa chance à François Hollande afin de juger sur pièce. Voila pourquoi je pense qu'il ne faut pas voter pour les candidats présentés par l'UMP.
 
Mais si l'UMP n'est pas une solution, il est clair qu'apporter sa voix au FN n'en est pas une non plus. D'ailleurs, et hormis dans des cas très précis, les chances d'élection des frontistes sont quasi nulles. Certes une accession au second tour est envisageable mais il est très probable qu'un front républicain fasse alors barrage. Voter Front National est donc le meilleur moyen de stériliser sa voix. Marine le Pen et ses amis, souvent peu recommandables, ne constituent pas une alternative au système. Ceux-ci ne sont ni plus ni moins que des individus qui jouent sur les peurs du peuple en assénant des contre-vérités plus stupides les unes que les autres. Mais comme on dit, plus c'est gros plus ça passe.
 
Je ne vais pas ici m'exprimer sur tous les partis ou mouvements qui présentent des candidats tant ils sont nombreux. En revanche, et après lecture des professions de foi pour ma circonscription, quelques éléments m'ont quelque peu interloqués.
Tout d'abord, je trouve assez étrange, voire même dommage, qu'un même courant de pensée soit représenté par plusieurs candidats. Je pense notamment aux écologistes (Europe Ecologie-Les Verts, CAP 21, Alliance écologiste indépendante ...) ou à l'extrême gauche (Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Ouvrier Indépendant ...).
Ensuite, j'ai été interpellé par la multiplication des candidatures sans étiquette ou de petits mouvements (le Trèfle, Solidarité et Progrès, Parti Pirate ...). Cela est d'autant plus incompréhensible que les programmes sont souvent absents, portés par des personnes sans réelles convictions. On ne peut bien évidemment pas interdire à des gens de se présenter, en particulier lorsque cela se fait sur leurs fonds propres, mais je crois qu'une telle situation conduit à dénaturer l'esprit même de notre système politique.
 
Enfin, j'ai été plus que surpris par certaines propositions qui sont, selon moi, folkloriques au possible. Parmi celles-ci, trois ont particulièrement retenues mon attention. La première, avancée par le mouvement  "Démocratie réelle", consiste à soumettre tout projet de loi à un référendum. Outre l'impossibilité pratique d'une telle mesure au vu de la quantité de lois adoptées, celle-ci reviendrait à rendre caduc l'existence même de notre Parlement et donc à remettre en question notre système législatif, ce que je ne souhaite pas.
Les deuxième et troisième propositions sont issues du programme du NPA et de LO notamment. Les candidats nous expliquent alors qu'il faut accorder le droit de vote et d'élection aux étrangers à toutes les élections. Pire, ils proposent de régulariser tous les sans-papiers et d'accorder à chacun une réelle liberté de circulation et d'installation sans aucune contrainte. Rien de surprenant venant de l'extrême gauche internationaliste mais je ne peux que m'opposer à de telles bêtises. En effet, il est illusoire de croire que la libre circulation des personnes est un progrès tant celle-ci occasionne des problèmes conséquents en termes d'emploi, de logement ... De même, je réaffirme ici que le droit de vote, donc la citoyenneté est et doit rester lié à la nationalité. Je considère donc pour ma part que seules les personnes de nationalité française doivent pouvoir voter, et ce quelle que soit l'élection, locale ou bien nationale.
 
Avec onze candidats sur ma circonscription, la 4ème de l'Isère, le choix est vaste pour les électeurs. De mon côté, je dois reconnaître que la décision a été rapidement prise. En effet, il s'avère qu'un candidat de Debout la République, en la personne d'Olivier Courade, se présente par chez moi. C'est donc en toute logique que je glisserai un bulletin à son nom. Evidemment, je suis bien conscient que le second tour n'est pas accessible à l'heure actuelle. Pour autant, je crois qu'il est très important de voter pour les candidats de Debout la République (300 sur toute la France dont 161 femmes) pour deux raisons. Tout d'abord, il s'agit là d'un vote de conviction à portée nationale. Dans la foulée de l'élection présidentielle qui a permis à Nicolas Dupont-Aignan de gagner en visibilité, les législatives sont une étape supplémentaire dans la diffusion de nos idées et constituent un premier pas vers une implantation au niveau local. Ensuite, il ne faut pas oublier que cette élection conditionne l'octroi du financement public des partis politiques (1,68 € par voix si un parti dépasse 1 % dans 50 circonscriptions). Or comme chacun le sait l'argent est le nerf de la guerre, même en politique. Chaque voix est donc importante pour ce petit parti car sans moyens il est très difficile de réellement exister dans le système actuel.
 
En conséquence, et pour soutenir les idées que nous défendons, j'appelle solennellement l'ensemble de nos concitoyens à voter pour les candidats présentés par Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République. En faisant ce choix, c'est un signal fort que vous enverrez à nos dirigeants. Un message en faveur de mesures courageuses pour le bien de notre pays : mise en place d'un protectionnisme, évolution vers une europe des nations ou encore retour à un pôle public de l'énergie. Bref, voter Debout la République c'est voter pour des hommes et des femmes engagés pour un intérêt particulier : celui de la France.

vendredi 8 juin 2012

Patron incognito : une expérience à généraliser

Hier soir, M6 diffusait le premier numéro de sa nouvelle émission de télé-réalité : patron incognito. Le concept est simple et consiste à ce qu'un chef d'entreprise soit plongé en immersion dans sa propre société. En somme, il s'agit plus ou moins d'un "vis ma vie d'employé" à destination des patrons.
Après avoir visionné le premier épisode avec Jean-Claude Puerto, PDG de Ucar, je dois reconnaître avoir été séduit par le concept. Certes les images sont à prendre avec recul car il s'agit d'une émission de télé mais plus que le format de l'expérience, c'est bien l'idée en elle-même qui m'intéresse au plus haut point.
 
Il n'aura échappé à personne sur ce blog que je ne porte pas, et c'est un euphémisme, le patronat dans mon coeur. Je dirais même plus que j'ai une fâcheuse tendance à critiquer, à juste titre je crois, les manières de nos grands patrons. En effet, j'ai beaucoup de mal à accepter que des entreprises licencient leurs salariés alors même que leurs dirigeants sont conservés avec des rémunérations démesurées. Pour moi le chef d'entreprise doit être un leader qui sait prend ses responsabilités à l'image d'un capitaine qui sombre avec son navire. Or aujourd'hui, dans la plupart des grandes sociétés, les dirigeants ne sont que des mercenaires débauchés chez la concurrence pour couper dans les dépenses, et en particulier les charges de personnel, pour offrir une rentabilité toujours plus importante à ces requins que sont les actionnaires.
 
La réalité actuelle du monde des affaires est donc complètement à l'opposé de ma conception de l'économie. Ou plus précisément le fonctionnement des grandes entreprises est totalement déconnecté de la vérité du terrain. Si je prends soin de préciser "grande entreprise" c'est qu'il serait malhonnête de mettre tous les patrons dans le même sac. De fait, il n'y a que peu de similarités entre le PDG d'une société cotée et le petit patron de PME puisque seul leur statut de chef d'entreprise les rapproche. Selon moi, et sans démagogie aucune, l'utilité sociale de l'artisan ou du commerçant est sans comparaison possible avec celle d'un directeur général. Si le premier est essentiel à la continuité de son activité, le second est parfaitement interchangeable. D'ailleurs, il n'y a qu'à voir avec quelle vitesse les actionnaires changent de dirigeant en cas de mauvais résultats.
 
Bien évidemment il serait idiot et contre-productif d'accuser le patronat de tous les maux de notre société. Pour autant, je suis convaincu que ceux-ci ont joué un rôle prépondérant dans l'évolution qu'a connu notre pays ces dernières décennies. De fait, leur vision à court terme couplée à une course au profit et à un dogmatisme libéral ont conduit à dévoyer le phénomène de mondialisation pour aboutir à une disparition de notre industrie synonyme de croissance du chômage et de précarisation du travail.
 
En fait, et malgré des effets de communication, les grands patrons se sont enfermés dans des considérations purement comptables en faisant complètement abstraction des conséquences de leurs décisions. Leur objectif est malheureusement devenu uniquement financier dans une optique de satisfaction des marchés financiers et donc des actionnaires. C'est d'ailleurs dans ce contexte que nous avons vu émerger une génération de "jeunes cadres dynamiques" issue de ces si fameuses écoles de commerce : les cost killer. Dans ces institutions de promotion du capitalisme déluré et du libre-échange intégral, on apprend à restructurer les entreprises pour gagner en flexibilité et optimiser son fonctionnement et améliorer ses performances. Ou autrement dit à multiplier les plans sociaux et encourager la précarité pour diminuer les dépenses et verser plus de dividendes.
 
En général, les cours de RH sont assez réduits dans ce genre de formation. Il est d'ailleurs plus souvent question de charges de personnel que de ressources humaines. Et si l'aspect social est abordé, c'est plus souvent sous l'angle d'une contrainte ou d'une entrave que d'un élément de solidarité indispensable à la cohésion de la nation. Pour ces gens là, les salariés ne sont ni plus ni moins qu'une variable d'ajustement parmi tant  d'autres.
 
Comme vous l'aurez sûrement compris, je n'ai que peu d'estime et de considération pour ces personnes. Bien sûr tous les étudiants d'école de commerce ne correspondent pas au portrait que j'en ai dressé, et heureusement. Malgré tout, il faut être conscient que ce sont de telles notions que l'on enseigne à nos jeunes. Après des années d'endoctrinement, comment ne pas devenir alors un adepte de ces principes qui ont cours parmi les puissants ?
 
C'est donc pour éviter ce genre de dérives aux lourdes conséquences que je crois qu'il est indispensable que les dirigeants d'entreprise ne soient pas coupés des réalités. Il me semble impératif que ceux-ci gardent à l'esprit que même la plus petite de leur décision a une incidence parfois énorme sur leurs salariés.
Et quoi de mieux pour ne pas se couper du terrain que d'y retourner de manière régulière ? C'est en ce sens que l'émission de M6 revêt tout son intérêt puisqu'elle permet de montrer que les dirigeants de société ne voient les problèmes que par le bout de la lorgnette.
 
En conséquence, je crois que deux mesures s'imposent à nous.
La première est applicable à court terme du fait des possibilités de recours au pouvoir législatif. Elle consiste à intégrer au sein des formations de gestion un ou plusieurs stages ouvriers. A la différence des stages classiques existants, ces stages ouvriers ont pour objectif de montrer au moins une fois la réalité de la production industrielle en forçant les étudiants à "mettre les mains dans la merde". Cela serait alors l'occasion pour ces jeunes destinés à travailler dans les bureaux de vivre pendant quelques semaines le quotidien, souvent difficile, de ces ouvriers afin de mesurer toute l'ampleur de leurs tâches.
La seconde mesure est certes nettement plus délicate mais est d'autant plus intéressante. Elle se résume finalement à généraliser le concept de cette émission, c'est-à-dire à envoyer les directeurs sur le terrain pour se rendre réellement compte de ce qu'ils demandent à leurs employés.
 
Je ne suis  évidemment pas naïf et je sais donc pertinemment que j'exprime ici des voeux pieux. Malgré tout, je crois profondément que notre pays irait mieux si la frontière entre "conception et exécution", si chère à Frederick Taylor, était moins prononcée. Fortement attaché à la notion de légitimité, je pense que ces expériences seraient très positives pour le patron mais également pour l'employé. Car il est clair que les salariés français souffrent aujourd'hui d'un manque de reconnaissance et de considération qui impacte inévitablement à leur travail.
 
Depuis quelques années maintenant, le concept de lutte des classes tend à revenir sur le devant de la scène. Personnellement, je crois que cette lutte n'a, en vérité, jamais disparue mais que celle-ci s'est atténuée durant les trente glorieuses du fait d'une situation économique favorable. Or en ces temps de crise, les réflexes de caste reviennent logiquement à l'ordre du jour.
Dans l'intérêt de tous, il me semble préférable que cette opposition entre patronat et ouvriers ne prenne pas des proportions trop importantes afin de ne pas dégénérer en conflit ouvert. En ce sens, il est impératif que le gouvernement agisse rapidement sur le partage des richesses afin de rééquilibrer la balance en faveur des salariés. Pour cela de nombreuses solutions existent parmi lesquelles on trouve la mise en place d'un écart maximal des salaires, la revalorisation du SMIC ou encore l'augmentation des impôts sur les plus hauts revenus.
Espérons simplement que le gouvernement socialiste soit à la hauteur des enjeux actuels ...

vendredi 1 juin 2012

Hollande et la Syrie : des prises de position encourageantes

Outre l'économie, les affaires étrangères constituaient un sujet sur lequel j'avais quelques a priori sur François Hollande.  Et la nomination de Laurent Fabius au poste de ministre ne m'a guère rassurée. J'aurais d'ailleurs préféré, comme dans d'autres domaines, la présence d'une personnalité plus jeune et moins "usée".
 
Mais comme je l'ai exprimé à plusieurs reprises, je me fierai davantage, pour le quinquennat à venir, aux actes qu'aux paroles. Et pour le moment je dois reconnaître être assez agréablement surpris par le nouveau président de la République. Plus que sa prestation au G8 ou ses annonces sur l'Afghanistan, ce sont ses positions vis-à-vis de la Syrie qui m'intéressent aujourd'hui.
 
En ce sens, deux évènements récents sont à prendre en compte. Le premier est bien évidemment la décision d'expulser l'ambassadrice de Syrie, de manière concertée avec d'autres nations (Australie, Angleterre, Italie, Espagne, Canada ...). Le second a trait à l'interview accordé par François Hollande où il indiqué de pas exclure une intervention armée sous mandat de l'ONU. Ces deux faits montrent donc que Flamby est bel et bien mort et enterré et que le nouveau chef de l'Etat a la capacité de représenter notre pays sur la scène diplomatique.
 
Mais revenons-en à la Syrie. Cela fait maintenant de nombreux mois que ce pays est plongé dans un conflit meurtrier entre le pouvoir en place de Bachar el-Assad et un mouvement révolutionnaire disparate. Malgré les pressions de la communauté internationale et l'élaboration d'un plan de sortie de crise par Kofi Annan, la situation ne fait qu'empirer au fur et à mesure du temps. Accroché à son trône, le "lion de Damas" enchaîne les tueries et massacre sans vergogne son peuple. C'est d'ailleurs le bain de sang de Houla, causant la mort de 108 personnes dont  49 enfants, qui a déclenché la vague d'expulsion des diplomates syriens.
 
Il est de coutume de dire que l'Histoire ne se répète jamais. Or, dans ce cas, il apparaît malgré tout de fortes similitudes avec une précédente affaire. Je pense bien évidemment au conflit de la Libye d'il y a peu. Comme pour la Syrie, nous étions face à un dictateur qui massacrait consciencieusement son peuple. Comme pour la Syrie, suite aux printemps arabes, la population s'est révoltée contre le tyran. Comme pour la Syrie, la communauté internationale s'est insurgée contre ces boucheries incessantes. Comme pour la Syrie enfin, la Chine et la Russie ont soutenu le pouvoir en place.
 
Voila où nous en sommes aujourd'hui. Et si les étapes continuent à s'enchaîner, l'intervention militaire ne devrait plus tarder où tout du moins être sérieusement envisagée. Pour autant, et c'est ce qui explique la plus grande fermeté de la Russie, le cas de la Libye fait dorénavant jurisprudence. Soyons clair, une intervention étrangère en Syrie reviendrait in fine, comme en Libye d'ailleurs, à destituer Bachar el-Assad.
 
Plus que d'autres, les questions géopolitiques sont des sujets très sensibles et hautement stratégiques. Il convient donc de les traiter avec la plus grande prudence. Ces problématiques sont d'autant plus délicates qu'il est nécessaire d'arbitrer entre intérêt général et intérêts particuliers, entre pragmatisme et morale.
 
Dans le cas qui nous occupe la communauté internationale doit alors trancher entre la défense d'une population en péril et l'ingérence dans les affaires internes d'une nation souveraine. Le choix étant aujourd'hui clairement plus compliqué qu'hier dans la mesure où le renversement de Kadhafi n'est pas vraiment une réussite, notamment en ce qui concerne la suite des évènements.
 
Comme c'était le cas pour la Libye, le cas de la Syrie me laisse assez dubitatif. Fortement attaché à la souveraineté des nations, j'ai un peu de mal avec la notion de "droit d'ingérence". Pour autant, il paraît compliqué de rester de marbre face à la cruauté d'un dictateur.  L'équation est donc plus que complexe.
 
A titre personnel, je crois que la solution diplomatique doit être privilégiée au maximum. Dialogue et sanctions économiques doivent être les armes de la communauté internationale. En cas d'échec des mesures pacifiques, et uniquement à cette condition, le recours à une intervention militaire doit être discutée dans un contexte international sous mandat de l'ONU. Et par recours à la force j'entends évidemment des attaques ciblées aériennes. Cela exclut donc toute opération au sol et surtout toute distribution d'armes aux populations locales. Il n'a été de pire erreur dans l'affaire de la Libye que de fournir des armes à des civils. Armes qui se sont finalement retrouvées entre les mains de terroristes.
 
Quelle que soit la tournure que prendront les évènements, la crise libyenne constitue indéniablement un défi de très grande ampleur pour le gouvernement socialiste. On ne peut que souhaiter que les forces politiques de notre pays sauront faire bloc derrière le président comme cela avait été le cas avec Nicolas Sarkozy.
Sur certains sujets, il faut savoir dépasser les querelles partisanes pour défendre l'intérêt supérieur de la nation. Les questions de politique étrangère font parties de ceux-là. Espérons que nos gouvernants seront, pour une fois, à la hauteur de l'enjeu.

jeudi 24 mai 2012

Retour sur l'actualité

Après une longue absence du fait d'obligations professionnelles, j'ai le plaisir de retrouver le chemin de ce blog pour revenir à une fréquence de publication plus régulière.
Pour ce premier article depuis plusieurs semaines, j'ai choisi de revenir sur les évènements marquants de ces derniers jours.
 
- Gouvernement Ayrault : pour le meilleur et pour le pire
C'est donc finalement Jean-Marc Ayrault, ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, qui a été nommé premier ministre. Si cette nomination ne fut pas vraiment une surprise, je crois qu'il s'agit là d'un bon choix dans la mesure où nous avons affaire à un homme d'expérience et de dialogue.
En revanche, je suis clairement plus dubitatif en ce qui concerne son gouvernement. Outre le fait que le nombre de ministres (34) est beaucoup trop important, je regrette la présence de certaines personnes. En premier lieu, j'ai du mal à comprendre la présence des écolos au gouvernement car leur score à la présidentielle est calamiteux, traduisant une perte de vitesse de la part de ce mouvement exotique. Ensuite, je trouve extrêmement risqué de nommer Christiane Taubira à la Justice. De fait, celle-ci traîne une réputation de communautariste, d'autonomiste ... qui me semble peu compatible avec cette fonction. D'ailleurs, l'UMP s'est empressée d'attaquer la ministre pour chercher à déstabiliser ce gouvernement. Malgré tout, j'ai quelques éléments de satisfaction grâce à la présence de personnalité que j'apprécie. Je pense notamment à Manuel Valls, à Arnaud Montebourg ou encore à Najat Vallaud-Belkacem.
Comme pour François Hollande, j'attends de voir ce qu'il sortira de ce gouvernement. Ce seront alors les actes qui détermineront ma position vis-à-vis de cette majorité.
 
- Condamnation d'Arnaud Montebourg : sanction ou décoration ?
Hier Arnaud Montebourg, nouveau ministre du redressement productif, a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris à un de dommages et intérêts pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance. Dans la foulée, certains membres de la vertueuse UMP (Copé, Morano, Dati ...) se sont empressés de demander sa démission en vertu du principe d'exemplarité voulu par François Hollande durant la campagne.
Une fois de plus, l'UMP n'est pas à une contradiction près. Pire, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité. De fait, il n'y a qu'à regarder la composition des gouvernements Fillon (Hortefeux, Juppé ...) pour s'en apercevoir. S'agissant de Montebourg, je ne peux que le soutenir. Malgré sa condamnation, certes légitime, je crois que celui-ci a totalement raison et que ses propos ne sont que la triste vérité. Les patrons de nous ménagement pas alors pourquoi devrions-nous prendre des gants avec eux ?
 
- UMP : la guerre des chefs a commencé
Nicolas Sarkozy ayant perdu, l'UMP se retrouve donc sans président à sa tête pour quelques mois. En perspective de l'élection d'un nouveau dirigeant, les candidats potentiels se mettent en ordre de bataille. C'est notamment le cas de Jean-François Copé et de François Fillon qui veulent tous deux briguer le poste. Poste qui est clairement une rampe de lancement pour la présidentielle de 2017. Dans quelques temps, les militants UMP devront donc élire un nouveau président pour leur mouvement. D'ici là, il est clair que nous assisterons à une bataille larvée entre les deux prétendants, chacun cherchant à prendre l'ascendant sur l'autre.
Politiquement, il s'agit là d'un jeu dangereux pour le parti. En effet, sans unité ni leader pour prendre la tête de l'opposition, il existe une possibilité de dépassement par le FN qui reste à l'affut. Il serait alors préférable que cette histoire de succession se termine au plus vite, notamment dans l'intérêt des militants qui risquent d'en perdre leur latin. Je leur souhaite d'ailleurs un bon courage car le futur de leur parti ne sera forcément rose. Entre Copé le libéral qui court après le FN et Fillon l'homme invisible qui trahit ses convictions pour un poste, le choix sera très, très compliqué.

mardi 8 mai 2012

Hollande, second président socialiste après Mitterrand

Sans grande surprise François Hollande a été élu président de la République dimanche dernier. Celui-ci a recueilli 51,63 % contre 48,37 % pour Nicolas Sarkozy. Mais plus que ces résultats qui étaient annoncés depuis longtemps déjà, ce sont deux autres chiffres qui sont plus intéressants.
Le chiffre de l'abstention tout d'abord. Avec un taux de 19,65 %, le nombre d'abstentionnistes est en recul par rapport au premier tour (20,52 %). Bien que cela soit un peu moins bien qu'en 2007, on ne peut que se féliciter de la relative faiblesse de cette abstention.
 
Plus remarquable encore est le nombre de votes nuls ou blancs. En effet, celui-ci atteint des sommets avec plus de 2 millions soit 4,66 % des inscrits et 5,80 % des votants. Clairement il s'agit là d'un record, notamment par rapport à 2007. Ayant moi-même fait ce choix, je me réjouis de ce score qui, je l'espère, amènera les autorités à réfléchir à sa reconnaissance.
Mais au delà, un tel niveau de vote blanc doit conduire nos dirigeants à s'interroger sur sa signification. Car cela signifie que les personnes ayant votées ont refusé de choisir entre les deux candidats ou, autrement dit, les ont rejeté tous les deux. Alors bien sûr, cela ne correspond "qu'à deux millions" de voix mais je suis convaincu que ce résultat serait nettement plus important en cas de reconnaissance du vote blanc. De fait, beaucoup considèrent que le vote blanc est inutile et préfèrent donc s'abstenir ou faire un choix par défaut.
 
Mais passons. C'est donc François Hollande qui a été choisi par les Français pour être le septième président de la cinquième République. Malgré les commentaires des socialistes, qui ont néanmoins fait preuve d'une certaine retenue, il apparaît que François Hollande a grandement bénéficié d'un rejet de Nicolas Sarkozy et ne suscite qu'un enthousiasme limité. Pire, certains de nos concitoyens redoutent les cinq années à venir et prédisent la faillite pour notre pays. D'ailleurs, je me suis beaucoup amusé des réactions publiées sur facebook ou twitter suite à l'annonce des résultats. Bien que nous soyons en 2012, j'ai eu l'impression de revenir en 1981 au temps où l'on nous annonçait l'invasion de chars soviétiques. Sans compter tous ceux qui ont annoncé leur volonté d'exil.
 
Bien que je ne sois pas socialiste et que je n'aie pas voté pour François Hollande, je ne peux que lui souhaiter de réussir son quinquennat. Car il en va évidemment de l'avenir de la France et des Français. J'espère sincèrement que celui-ci saura se montrer à la hauteur des défis qui l'attendent, en particulier en matière économique.
Pour autant, je saurai être critique lorsque cela sera nécessaire. Je ne manquerai pas, comme je l'ai fait avec Nicolas Sarkozy, de pointer les dérives et de saluer les progrès.
 
Si je ne donne pas blanc-seing à François Hollande, je ne le blâme pas non plus par avance, à l'inverse d'un très grand nombre de sarkozystes. Malgré des divergences de fond parfois importantes, je me dois de laisser sa chance au nouveau président. En ce sens, j'espère que nos compatriotes auront l'intelligence de lui accorder une majorité à l'Assemblée Nationale à l'occasion des prochaines législatives afin que celui-ci puisse mener à bien sa politique.
 
Comme beaucoup, échaudé par les mauvaises expériences passées, j'attends François Hollande et son futur gouvernement au tournant. Malheureusement pour lui, l'état de grâce sera de très courte durée. Espérons simplement que la probable déception ne poindra pas trop rapidement.

samedi 5 mai 2012

Entre François et Nicolas, je choisis ... Laurent

Demain, les Français seront une nouvelle fois appelés aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle.
Demain, la France se verra doté d'un nouveau président de la République.
Demain, l'avenir du pays sera entre les mains d'un nouvel homme.
Comme c'est la tradition sur ce blog, et toujours dans une volonté de transparence, je vais aujourd'hui faire part de mon choix pour ce scrutin. Fondamentalement quatre possibilités s'offrent à moi : voter Hollande, voter Sarkozy, voter blanc et m'abstenir. La décision n'est pas évidente pour moi qui aie voté Nicolas Dupont-Aignan au premier tour. Mais après réflexion, mon choix est fait.
 
Clairement l'abstention n'est pas une solution pour moi. Certes un tel comportement viendrait gonfler un taux déjà élevé et donc entacher la légitimité du président nouvellement élu. Pour autant, je suis trop attaché à notre système démocratique pour le renier aujourd'hui. En outre, je crois que ce serait un affront pour nos ancêtres qui se sont longuement battus pour obtenir ce droit mais également pour tous les peuples du monde qui n'ont pas cette chance.
Donc quoi qu'il arrive j'irai voter demain.
 
Si l'abstention n'est pas envisageable, le vote Sarkozy ne l'est pas non plus. Bien que j'ai été l'un de ses soutiens en 2007, j'en suis revenu depuis et me suis opposé à sa politique à de nombreuses reprises. Dès lors, il m'est impossible de soutenir un individu que j'ai combattu longuement sur ce blog. Comme chacune de mes prises de position, celle-ci est bien évidemment réfléchie. Il ne s'agit en aucun cas d'antisarkozysme primaire mais de divergences de fond avec le candidat, tant sur son bilan (paquet fiscal, politique européenne et étrangère ...) que sur son projet et sa campagne (rapport à l'europe, course à l'extrême-droite ...).
 
Souhaiter la défaite de Nicolas Sarkozy signifie-t-il forcément vouloir la victoire de François Hollande ? Oui et non.
Dans l'absolu je préfère effectivement un succès du socialiste même si je doute de ses capacités. Je pense d'ailleurs qu'une accession de la gauche au pouvoir permettrait de prouver aux Français que celle-ci n'est pas plus efficace ni plus capable que la droite et donc de faire émerger une alternative à l'UMPS.
Néanmoins je ne glisserai pas un bulletin Hollande dans l'urne. En effet, malgré des différences fondamentales sur la forme, je ne suis pas convaincu que la politique menée sera fondamentalement en rupture avec celle du président sortant. De plus, je n'oublie pas qu'Hollande est le fils spirituel de Jacques Delors et de Lionel Jospin, qui ne sont pas des modèles de vertu pour moi. Je n'oublie pas non plus les passages des socialistes au pouvoir, périodes durant lesquelles les Français ont été plusieurs fois trahi.
Pour toutes ces raisons, mais également pour des désaccords de fond (droit de vote des étrangers, politique européenne ...), mon choix ne se portera pas sur le candidat socialiste.

 
En toute logique, et surtout de manière cohérente avec mes convictions, je voterai donc blanc lors de ce second tour. Malgré un léger doute suite au débat de mercredi soir, je ne peux me résoudre à choisir François Hollande. Sans la "jurisprudence" de 2007 qui m'a quelque peu échaudée, ma position aurait probablement été toute autre. Mais depuis cette date, j'ai appris à me concentrer sur les actes plus que sur les mots. J'invite d'ailleurs l'ensemble de nos concitoyens à faire de même et à voter en leur âme et conscience pour ne pas regretter leur choix plus tard.

jeudi 3 mai 2012

Débat présidentiel ou affrontement de cour d'école ?

Hier soir TF1 et FR2 diffusaient le traditionnel débat d'entre deux tours de l'élection présidentielle. Comme beaucoup de nos concitoyens, j'attendais avec une certaine impatience cet affrontement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Et comme un grand nombre d'entre eux je suis resté sur ma faim.
 
Mon objectif n'est pas ici de revenir sur l'intégralité des 2h45 de débat mais plutôt de m'attarder sur quelques éléments qui m'ont semblé intéressants, tant sur la forme que le fond.
En toute logique je commencerais donc par l'introduction des deux débatteurs. Pas de surprise pour moi à ce moment là avec un François Hollande froid et distant, voire même peu naturel avec une impression de récitation d'un texte appris par cœur. A l'inverse, le discours de Nicolas Sarkozy est plus fluide, moins monocorde. Et celui-ci ne tarde pas à attaquer son adversaire.
 
Si les hostilités n'ont pas tardées à arriver, elles ne cesseront finalement pas et seront présentes tout au long de l'émission. Outre des petites piques en dessous de la ceinture (sur DSK ou Bettencourt par exemple), nous avons assisté à une véritable bataille de chiffres avec à chaque fois des versions différentes. Personnellement, je n'apprécie que peu cet exercice qui consiste à recourir à l'excès aux données chiffrées. En effet, je trouve que cela a pour effet de perdre les auditeurs dans des détails techniques souvent inutiles. Mieux vaut, à mon sens, se concentrer sur les propositions et les idées plutôt que s'affronter sur des chiffres parfois faux.
 
Par la suite, deux thèmes ont particulièrement retenu mon attention : l'économie et l'immigration.
Selon moi, les deux candidats n'ont pas été à la hauteur sur la partie économique avec des imprécisions ou des approximations (coût du travail par rapport à l'Allemagne) qui ont nui à la clarté du débat. Bien que la question de l'emploi (contrat de génération) et du pouvoir d'achat aient été abordées, à juste titre, je regrette que celles de l'euro et du protectionnisme aient été passées sous silence. Rendez-vous compte, alors même que l'europe est en crise depuis des années, le sujet de l'euro a été évacué en une phrase par Laurence Ferrari. Cela est tout bonnement irréaliste, encore que le sujet fasse consensus entre les deux hommes et qu'il valait mieux pour eux parler de leurs divergences plutôt que de leurs convergences.
 
S'agissant de l'immigration, Nicolas Sarkozy a déroulé, sans surprise aucune, ses propositions et en a profité pour draguer (très) ouvertement les électeurs frontistes. A l'inverse, mais ce n'est pas illogique du tout, François Hollande a fait preuve de fermeté et de clarté sur le sujets en levant toute ambigüité sur ses prises de positions. Bien évidemment ce thème a donné lieu à de fortes oppositions et Nicolas Sarkozy a cherché à prendre le dessus sur son adversaire et à le faire passer pour un laxiste, ce qu'il n'a pas vraiment réussi en réalité.
 
Comme je le disais au début de cet article, je trouve que ce débat a été décevant. Décevant sur le fond car les sujets à mon sens fondamentaux n'ont été que trop peu évoqués. Mais décevant également sur la forme car les deux participants n'ont pas réussi, voire même cherché, à élever le niveau du débat. Ainsi, plus qu'une opposition entre candidats à l'élection présidentielle, j'ai le sentiment d'avoir assisté à un affrontement entre gamins dans une cour d'école pour savoir qui a la plus grosse. Bref, pas du tout une prestation à la hauteur des enjeux.
 
Malgré tout et c'était là, je crois, tout l'intérêt de ce débat, François Hollande a su se débarrasser de sa réputation de "mollesse" et prouver aux Français qu'il avait les épaules pour gouverner. Pour moi c'est globalement le candidat socialiste qui sort vainqueur de cette joute verbale. Contre toute attente, celui-ci a su faire preuve de calme, de clarté et de fermeté face à un adversaire nettement plus agité. Mieux feu flamby a même réussi à plusieurs reprises à désarçonner et mettre en difficulté Nicolas Sarkozy.
 
Selon les médias, les précédents débats n'ont jamais inversé la tendance avant le second tour. Cette fois encore la tradition sera vraisemblablement respectée. En revanche, il est possible que la prestation de François Hollande vienne accroître son avance. En effet, il est probable que celui-ci ait réussi à convaincre certains indécis et surtout ceux qui doutaient de sa capacité à diriger. En ce mercredi 2 mai 2012, un président serait-il né ?