mardi 7 juin 2016

Oz ta droite ou le coup (pas totalement) manqué de Robert Ménard

Le week-end dernier, Robert Ménard organisait dans sa ville les fameux "Rendez-vous de Béziers". Réunissant différents partis ou mouvances de droite (FN, Siel, une partie des Républicains …),  ce rassemblement hétéroclite se voulait être une sorte d'états généraux de la droite. Ménard avait d'ailleurs lancé pour l'occasion un nouveau mouvement du nom "d'Oz ta droite".

Curiosité médiatique et politique, l'évènement organisé par Robert Ménard, passé de RSF (Reporters Sans Frontières) à la mairie de Béziers, ne pouvait qu'attirer les journalistes … qui furent au rendez-vous. Cela fut également le cas avec le public qui se pressa assez nombreux pour assister aux différents débats et tables rondes proposés. On ne peut toutefois pas en dire autant côté politiques. Si Marion Maréchal-Le Pen fit un passage (plus court que prévu) accompagné de Louis Aliot, peu de leaders de droite de premier plan se sont finalement présentés à ces journées.

Et pour autant, est-ce vraiment étonnant ?
Je ne le crois pas. Ce revers était finalement assez prévisible du fait de la nature même de la droite dans notre pays. Enfin si tant est que l'on puisse parler de "la" droite. Car de même qu'il y a selon moi plusieurs gauches, je crois qu'il existe plusieurs droites. Et comme à gauche, si des convergences existent entre ces différentes composantes, de profonds désaccords les séparent.
Pour aller plus loin je dirais même, en particulier en matière économique, que des points d'accord importants rassemblent une partie de la gauche et de la droite. Il n'y a qu'à voir les débats actuels autour de la loi travail pour s'en convaincre.

Sans revenir à la typologie des droites de René Rémond (légitimiste, orléaniste et bonapartiste), il me semble exister aujourd'hui dans le paysage politique français deux lignes de clivage qui finalement transcendent la gauche et la droite. Je n'ai d'ailleurs de cesse de répéter que cette distinction est dépassée depuis de nombreuses années. En réalité les nouvelles lignes de démarcation s'opèrent autour du rapport au libre-échange et à la mondialisation ainsi qu'à l'europe. On retrouve alors une opposition d'une part entre souverainistes et mondialistes et d'autre part entre interventionnistes et libéraux. Gauche et droite se mélangeant allégrement sur ces axes, on retrouve ainsi LR et PS dans les catégories mondialistes et libéraux.

Mais revenons-en à nos moutons.
Comme nous l'avons dit, les droites sont diverses et d'importantes divisions existent, à la fois entre mouvements mais également au sein du même parti. L'existence de lignes politiques différentes chez les Républicains mais également au FN (Philippot vs Maréchal Le Pen) est aujourd'hui indéniable même si les appareils cherchent à taire et réduire, au moins vis-à-vis de l'extérieur, ces courants.
Réunir l'ensemble des composantes de droite autour d'un consensus n'est donc clairement pas chose aisée. Et il aurait été surprenant que Robert Ménard y parvienne au vu de ces divergences. Sans parler évidemment des aspects de stratégie politique ou encore des problématiques d'egos.
Quoi que l'on pense de l'initiative ou de la personnalité hôte, le maire de Béziers a au moins le mérite d'avoir essayé quelque chose de plutôt novateur à droite. Nul ne sait vraiment si la démarche était sincère mais ce qui est certain c'est que Robert Ménard s'est retrouvé sous le feu des projecteurs durant ces quelques jours. Plus encore celui-ci s'est posé, ce qui est certes discutable, en personnage incontournable pour l'élection présidentielle de 2017. Et la publication de 51mesures issues de ces "rendez-vous de Béziers" place une fois de plus Ménard au centre de l'agitation politico-médiatique dans la mesure où celles-ci ont été reprises et commentées à de multiples reprises.

Ces propositions qui devaient être issues des débats et donc construites avec la salle étaient en réalité, comme souvent dans ce genre ce genre d'évènement d'ailleurs, rédigées en amont. Cela ne m'a toutefois pas empêché de parcourir ces 51 idées et si je suis en accord avec certaines (en particulier la partie "de l'indépendance"), j'en rejette un grand nombre (notamment la partie "de l'effort").  En revanche, ce qui m'a le plus interpellé c'est que ce programme, car c'est finalement bien d'une bribe de programme dont il s'agit, est présenté comme un programme de droite. Une droite assumée, LA vraie droite en quelque sorte.

S'il n'existe pas comme nous l'avons expliqué précédemment, une droite en tant que tel, "Oz ta droite" s'inscrit toutefois dans le courant de la droite souverainiste libérale. Si cet élément peut paraitre anodin au premier abord, il s'avère au contraire fondamental dès lors qu'on le replace dans son contexte.
Petit retour en arrière. Chacun aura pu suivre les récentes tribulations du FN avec l'affrontement à la fois entre deux personnalités (Marine vs Jean-Marie) mais aussi entre deux visions politiques/économiques (interventionnisme vs libéralisme). Il n'aura également échappé à personne que Marion Maréchal-Le Pen reprend à son compte la ligne historique du parti portée par son grand-père et que la jeune femme a reçu un soutien appuyé de Robert Ménard à différentes occasions.
A la lumière de tout cela, on ne peut que constater l'habileté du maire de Béziers qui, bien que prétendant prendre ses distances avec le Front National, fait la promotion des idées portées par Marion au sein du parti.

Indéniablement, Robert Ménard est beaucoup plus malin que certains ne le pensent. Si ces "rendez-vous de Béziers" n'auront pas permis de refonder la droite (était-ce seulement l'objectif ?), ces journées de débat auront finalement servi à renforcer les positions de Marion Maréchal-Le Pen au sein du FN et à initier un début de rassemblement autour de ses propositions.
Aujourd'hui, suite au retrait de Jean-Marie Le Pen, personne ne représente vraiment la ligne souverainiste libérale en France alors que celle-ci tend à se développer chez nos voisins européens. Quid d'un ticket Maréchal-Le Pen/Ménard pour l'incarner ?

samedi 21 mai 2016

"France lève-toi et marche" de Nicolas Dupont-Aignan


Mois de mai aidant, j'ai profité des rares ponts de cette année pour reprendre le chemin de ma bibliothèque afin de continuer ma lecture de livres politiques. Et la reprise se fait en douceur avec un livre sorti récemment : "France lève-toi et marche" de Nicolas Dupont-Aignan (NDA).

Partisan du personnage, je ne m'attendais évidemment pas être déconcerté par cet ouvrage. Pour autant, celui-ci m'a permis de découvrir un peu plus l'homme politique et son action. Ce fut notamment le cas dans les premières pages où l'auteur nous expose son parcours, depuis son enfance à son départ de l'UMP en 2007 en passant par son élection comme maire de Yerres en 1995 et comme député de l'Essonne en 1997.
Si ces passages ne relèvent pas strictement de la politique, ils permettent toutefois de mieux cerner l'homme et de d'appréhender davantage son cheminement. Les paragraphes sur son action au niveau local, et en particulier comme maire, illustrent cela à merveille. Ravie à la gauche au 1er tour en 1995, Nicolas Dupont-Aignan est systématiquement réélu depuis avec des scores soviétiques, signe de confiance des habitants. Ayant pour slogan "la douceur de vivre", l'édile explique avoir pour volonté de développer l'implication de ses administrés dans la vie de la cité au travers d'une forte consultation (conseils quartier, référendums locaux). Enfin, certaines de ses réalisations à la tête de la ville sont évoquées : création d'un foyer pour femmes battues, financement de 50% du permis pour les jeunes en échange de travaux d'intérêt général, baisse de la délinquance, division par deux de la dette en 20 ans.

Outre ces aspects locaux, l'auteur insiste sur un point essentiel de son parcours, à savoir sa rupture avec l'UMP en 2007. Plus que l'évènement en tant que tel, celui-ci permet également de poser la question du combat de l'intérieur avec  la volonté de peser en interne et d'infléchir les décisions de l'appareil. Cette détermination à influer sur un parti en étant minoritaire est clairement illusoire comme nous pouvons le voir actuellement avec les frondeurs socialistes ou par le passé avec Arnaud Montebourg ou Jean-Pierre Chevènement. Remarquons d'ailleurs que Jean-Luc Mélenchon s'est lui résolu à quitter le PS pour pouvoir proposer une alternative. L'UMP et le PS sont aujourd'hui des machines de guerre au service du modèle dominant et qui ne sauraient tolérer les têtes qui dépassent.

En ce sens, gauche et droite se ressemblent et NDA renvoie gauche et droite dos à dos dans ce domaine comme dans bien d'autres. Tous deux ont accompagné main dans la main la montée en puissance d'une union européenne technocratique qui se fait sans les peuples, pour ne pas dire contre les peuples. Tous deux ont sacrifié notre souveraineté et notre pouvoir sur l'autel de l'europe (loi, monnaie, budget, frontières). Face à tout cela, mais aussi face aux conflits d'intérêts et aux accointances du monde politique et économique (autoroutes, fraude fiscale), nos concitoyens ne peuvent que se résigner et perdre confiance en leurs dirigeants, se réfugiant alors entre autres dans l'abstention.

Mais ce livre ne se résume pas à une série de constats. Il est également l'occasion d'aborder différents sujets tels que la crise agricole, les négociations en cours sur le TAFTA, la protection des lanceurs d'alerte, la crise des migrants.
Parmi ces thèmes, l'un a particulièrement attiré mon attention.  Il s'agit du chapitre consacré au retour en force des nations dans un monde multipolaire. Si Singapour ou l'Islande sont cités, la France est bien évidemment longuement évoquée. Le président de Debout la France (DLF) commence par détailler les atouts de notre pays (démographie, épargne, productivité, terroir, langue) puis en vient rapidement à un élément central de notre système politique : l’État. A l'heure actuelle, l’État en tant qu'institution est à la fois une force de par son existence et une faiblesse du fait de son affaiblissement. Et c'est justement contre cet affaiblissement que l'auteur veut lutter en faisant la promotion d'un Etat fort. Pour lui, et je le rejoins complètement sur ce point, cela passe par trois aspects : un état régalien (police, justice, armée), un état stratège (vision de long terme, planification) et un état providence. Contrairement à de nombreuses personnalités politiques, notamment à droite, Dupont-Aignan réaffirme clairement la nécessité d'un état social et solidaire tout en exprimant le souhait de lutter davantage contre l'assistanat, le gaspillage et la fraude (versement du RSA en échange de 7h de travail par semaine au service de la collectivité, suppression de l'Aide Médicale d’État (AME) parallèlement à l'ouverture de dispensaires, instauration d'un délai de carence pour l'attribution des aides sociales aux étrangers).

La dernière partie du livre est elle dédiée à l'exposition de différentes propositions, véritables prémices à un futur programme présidentiel. En voici quelques unes parmi beaucoup d'autres :
- introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale
- réduction du nombre de parlementaires
- organisation de 5 référendums : justice, institutions, éducation, europe, immigration
- création d'un statut de l'élu
- financement direct de l’État par la banque de France
- division par deux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéficies réinvestis en France
- affichage de la part du fabriqué en France afin de réorienter la consommation
- attribution des commandes publiques en priorité aux PME françaises
- mise en place de mesures protectionnistes visant au respect de nos normes par les importations
- développement de l'actionnariat salarié permettant l'association capital/travail chère au général de Gaulle

Pour en terminer avec ce livre, je souhaitais reproduire ici un passage sur l'intercommunalité (p 222-223). Alors que beaucoup, à droite comme à gauche, se jettent à corps perdu dans ce nouvel échelon administratif, j'ai toujours exprimé des réserves sur ces regroupements de communes. Et la création récente des métropoles avec toujours plus de compétences ne fait que renforcer mon scepticisme face à ces organisations gargantuesques. Comme j'aime à le dire, les métropoles sont l'union européenne du XXIème siècle : des regroupements à marche forcée avec une tendance à s'arroger toujours plus de compétences, en laissant parfois de côté le peuple. J'espère toutefois me tromper et surtout que nos intercommunalités n'atteindront pas le niveau de défiance et de contestation rencontrée actuellement par cette europe.


"Pour revivifier notre démocratie locale, il faut aussi changer de cap en matière de regroupement des communes. Une chose est de rassembler, pour faire des économies d'échelle entre plusieurs communes autour d'un besoin réel (écoles, piscine, bibliothèque); une autre est de créer des intercommunalités XXL qui dépossèdent complètement les élus, et donc leurs électeurs, de leur pouvoir de contrôle tant en matière de dépenses que d'impôts. Quand une communauté de communes regroupe, comme l'a décidé aujourd'hui la loi NOTRe, des dizaines de communes sur des territoires très étendus (trente à quarante kilomètres), le représentant du conseil municipal qui siège dans un conseil communautaire d'une centaine de membres ne pèse plus rien. Il n'ose plus ouvrir la bouche et, s'il l'ouvre, on lui cloue le bec.
Le pouvoir est concentré dans les mains d'un nouveau féodal prisonnier lui-même d'une administration hors-sol. Le filet se resserre sur les maires indépendants qui pensent et agissent différemment. Les subventions servent à fidéliser ou à punir les uns ou les autres, et le parti dominant verrouille le tout. Quant aux oppositions elles sont totalement marginalisées, car la gestion tend à devenir consensuelle entre la gauche et la droite, un peu comme au Parlement européen où, loin des électeurs, les forces politiques dominantes se partagent les postes et les charges comme des fromages.
Voila pourquoi il est vital de mettre fin à cette fausse bonne idée du regroupement dans des intercommunalités toujours plus grandes, toujours plus opaques, toujours lus coûteuses, toujours plus politisées."

dimanche 8 mai 2016

Nouveau maire de Londres : pourquoi tant de polémiques ?

Pont de l'ascension aidant, notre pays s'est quelque peu  ralenti ces derniers jours. En revanche, la polémique, elle, ne semble pas avoir pris de repos. Pire encore, lorsque nos contrées ne suffisent pas à nourrir la controverse, nos experts en la matière font preuve d'imagination en en important d'ailleurs.

Et c'est justement ce qui s'est produit suite à l'élection du nouveau maire de Londres. Récoltant 44% des voix, Sadiq Khan a remporté jeudi la capitale britannique face au candidat conservateur, Zac Goldsmith. Rien de bien intéressant a priori que cette élection municipale chez nos voisins anglais. En théorie non. Mais pas en pratique tant cette élection a fait couler de l'encre.

Qu'a-t-on souligné finalement dans cette affaire ?  La conquête de la ville de Londres par un travailliste après le double mandat du conservateur Boris Johnson ? La victoire du fils de chauffeur de bus face au fils de milliardaire ? Les propositions en matière de logement, de transports ou de pollution ? Rien de tout ça en réalité.
La principale chose, pour ne pas dire l'unique chose, qui a été mise en avant est la religion du nouveau maire. Et en l'occurrence son appartenance à la religion musulmane. Sadiq Khan n'a jamais caché sa religion mais ne l'a a priori pas revendiquée non plus. En tout cas, il ne semble pas l'avoir utilisée comme un argument électoral contrairement à ses adversaires. Il faut d'ailleurs noter que ce sont les médias français qui ont particulièrement mis l'accent sur la religion du candidat.


Le maire de Londres a bien le droit d'être musulman me direz-vous. Et je vous l'accorde bien volontiers. Pour être tout à fait honnête je me contrefiche de la religion de ce monsieur. Et c'est également le cas de la majorité des électeurs londoniens. Je trouve donc navrant que cet homme ait été systématiquement renvoyé à sa religion alors même que cela doit relever pour moi de la sphère privée. Pourquoi une telle différence de traitement avec d'autres candidats, si ce n'est pour lui porter préjudice ?

Ce traitement médiatique est toutefois révélateur et symptomatique de l'époque dans laquelle nous vivons. Plus que le programme et les idées, ce sont les identités des individus qui sont mises en avant. La tendance n'est plus au candidat socialiste ou libéral mais plutôt au candidat musulman ou gay. A l'ère du communautarisme ambiant, l'avènement de ces nouvelles étiquettes me semble préoccupant tant elles mettent à mal notre pacte républicain.
Encourager et entretenir ce phénomène comme le font certains médias ou forces politiques ne fera que donner du grain à moudre aux partisans de l'identitarisme. Ne leur facilitons pas la tâche en tendant le bâton pour se faire battre …

samedi 23 avril 2016

Le foot ou le règne de l'argent roi

L'affaire n'aura fait que peu parler d'elle et les "grands médias" ne se sont pas saisis du dossier pour l'heure. Je dois d'ailleurs avouer ne pas en avoir entendu parler avant de lire la réaction de Nicolas Dupont-Aignan à ce sujet.

Après différentes enceintes sportives (stades de Nice ou de Bordeaux, palais omnisport de Paris Bercy …) c'est donc la ligue 2, championnat français de football de deuxième division, qui cède aux charmes du naming. La ligue 2 est morte, vive la Domino's ligue 2 ! Car c’est dorénavant comme cela qu’il faudra appeler ce championnat.

Très répandu outre-Manche, le phénomène de naming se propage peu à peu en France. Ainsi, il est de plus en plus fréquent, comme vient de le faire la ligue de football professionnel, qu’un propriétaire cède le nom de son stade, de sa salle de sport ou d’une compétition, à une marque commerciale moyennant une contrepartie financière. Pour faire simple, il s’agit pour une entreprise d’associer son nom à une enceinte sportive en échange d’une somme d’argent.

Voilà comment on se retrouve avec des stades aux noms plus ridicules les uns que les autres. L’argent, encore l’argent, toujours l’argent. Il est bien loin le temps où le sport portait et incarnait des valeurs telles que l’esprit d’équipe, le respect ou le dépassement de soi. Aujourd’hui, le sport en général et le foot en particulier sont devenus des business comme les autres où les notions de rentabilité et de retour sur investissement sont devenues prépondérantes.

La perversion du sport par l’argent n’est évidemment pas nouvelle et cela fait maintenant des années, pour ne pas dire des décennies, que le phénomène couve. En revanche, il semblerait que la situation se soit considérablement dégradée depuis l’arrivée d’investisseurs étrangers. Le foot en est d’ailleurs l’illustration parfaite avec le rachat du PSG par les qataris et de Monaco par les russes.

Alors bien sûr on peut se féliciter des clubs français attirent de tels moyens financiers. On peut se réjouir que leur budget s’accroisse considérablement, leur permettant alors d’acheter de « grands joueurs ». Mais au fond, est-ce réellement une bonne chose ? Je ne le crois pas. D’un point de vue purement sportif, chacun peut se rendre compte du caractère ubuesque dans lequel on se trouve : une équipe de Paris qui survole le championnat mais qui est incapable de rivaliser avec les plus grands clubs européens.

Mais finalement ce n’est pas cela qui me dérange. Et pour être totalement honnête, je me contrefiche que le PSG échoue systématiquement en quart de finale de la ligue des champions et que Marseille risque la relégation. En revanche, je suis davantage préoccupé par la tournure que prennent les évènements et par la voie que suivent les dirigeants de fédération et de ligues professionnelles où l’économique prend le pas sur le sportif.

Comme dans bien d’autres domaines, l’argent devient une fin et non plus un simple moyen. Pire encore, cet argent est accaparé par une minorité alors que la masse se contente de minces subsides. Là encore le monde du football en est le parfait exemple avec d’un côté des clubs amateurs qui pour certains vivotent grâce au dévouement de bénévoles et de l’autre des instances dirigeantes qui dépensent sans compter.

Certains diront que l’on ne peut pas faire autrement, que les dirigeants de clubs sont contraints de dépenser des fortunes pour recruter et conserver les meilleurs joueurs, que notre championnat n’est pas suffisamment compétitif pour attirer des stars de classe internationale …
Bizarrement, ce sont les mêmes critiques qui sont faites à notre pays en matière économique. Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes trop ceci ou pas assez cela. Et on retrouve les mêmes soit disant experts qui nous recommandent d’aller vers plus de dérégulation, plus de libéralisation. Bref plus de flexibilité et moins de contrôle.

Qu’il s’agisse de sport, d’économie, de travail ou de de politique, toute la question est de savoir dans quelle société nous voulons vivre et quel modèle de développement nous souhaitons défendre et promouvoir. A chacun de faire son choix en son âme et conscience.