samedi 12 août 2017

"Le moment est venu de dire ce que j'ai vu" de Philipe de Villiers

Cela fait maintenant quelques mois que je n'avais pas repris le clavier pour alimenter ce blog. Nul souci d'inspiration toutefois tant l'actualité est riche ces derniers temps, en particulier en matière politique depuis l'élection d'Emmanuel Macron et de sa majorité. Je dois néanmoins reconnaître avoir être largement occupé ces derniers mois que ce soit sur le terrain avec la campagne présidentielle ou pour des raisons plus personnelles.

Mon dernier article en date concernait le livre de Nicolas Dupont-Aignan, "mon agenda de président". Je recommence à écrire aujourd'hui avec un ouvrage d'un tout autre genre écrit par Philippe de Villiers (P2V), "le moment est venu de dire ce que j'ai vu".
Ce livre ayant beaucoup fait parler de lui à sa sortie, j'ai donc profité de quelques jours de vacances pour m'y plonger. Et si certains ont été plus qu'élogieux, je n'ai pour ma part pas été subjugué. En tout cas pas autant que les critiques auraient pu le laisser penser. Alors que certains chapitres m'ont semblé quelque peu longs, d'autres m'ont au contraire fortement intéressé et je n'ai que pu constater que certains passages évoquant le passé ont un formidable écho aujourd'hui.
Comme chaque fois, je ne reviendrais que sur les moments qui ont particulièrement retenu mon attention.

Tout à la fois déroutant et symptomatique, le premier chapitre s'ouvre sur une anecdote. Ou plus exactement sur le récit de la première télé de l'auteur en mai 1992 sur le plateau de "l'heure de vérité". Philippe De Villiers évoque alors son altercation avec le journaliste Ivan Levaï qui le renvoie dès le début de l'interview au pétainisme. Plus que cet échange particulier entre les deux hommes, c'est le comportement du journaliste qui m'interpelle et qui renvoie aux agissements identiques que peuvent avoir les médias aujourd'hui. En 25 ans, on ne peut que constater, malheureusement, que les choses n'ont guère évolué puisque certains journalistes ou personnalités politiques continuent de jeter l'anathème sur des idées cataloguées à l'extrême droite. Quoi de plus facile pour éviter le débat que d'assimiler des opinions ou des thématiques au Front National ? En quoi serait-ce mal de réfléchir sur le patriotisme, le protectionnisme ou l'immigration ? C'est justement parce que ces sujets ont été abandonnés par les partis dits de gouvernement et sont devenus tabous que les idées les plus nauséabondes ont pu se développer. Chacun doit au contraire s'emparer de ces questions afin de faire vivre la controverse et de ne surtout pas les abandonner à des individus qui en feraient mauvais usage.

Thématique totalement différente maintenant mais qui là encore est on ne peut plus d'actualité. Il s'agit d'un passage sur l'agriculture où l'on nous raconte une divergence de point de vue entre un père et son fils. Une revisite de la querelle des Anciens et des Modernes si je puis dire où l'on voit s'affronter deux conceptions assez opposées en matière agricole. Tandis que le fils est adepte d'une agriculture intensive à base d'engrais, d'antibiotiques ou de semences optimisées, bref partisan de l'agrochimie, le père défend quant à lui une agriculture plus traditionnelle, respectueuse de la terre et des saisons, du temps long. Cette opposition, cet affrontement entre deux visions de la ruralité existe bien évidemment toujours à l'heure actuelle. Bien que l'on constate depuis quelques années une volonté des consommateurs d'un retour aux sources, d'une alimentation plus saine et de meilleure qualité avec une forte croissance du bio et des circuits courts, la logique de course à la rentabilité avec des exploitations toujours plus grandes comme la ferme des 1 000 vaches continue. Et ce n'est pas l'extrême dépendance des agriculteurs aux subventions européennes versées dans le cadre de la PAC (Politique Agricole Commune) qui va améliorer la situation. Cette sujétion du monde agricole est au contraire un frein au développement d'une agriculture vivrière respectueuse de l'environnement et des paysages. Dès lors, les choses ne pourront vraiment changer qu'à la condition que nos paysans puissent s'affranchir de ces perfusions d'argent public en vivant de leur travail. Charge à nos dirigeants de mettre en cohérence leurs actes avec leurs paroles mais aussi aux consomma(c)teurs qui ont un grand pouvoir d'influence, notamment vis-à-vis de la grande distribution.

En matière agricole, comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs, les lobbys possèdent une influence considérable. C’est ce que nous expose P2V dans un chapitre consacré à son expérience au parlement européen. De Bruxelles à Strasbourg, les lobbys œuvrent discrètement en coulisses afin de défendre les intérêts de leurs clients (groupes pharmaceutiques, industrie pétrolière …). Au prétexte d’apporter une expertise technique sur des sujets parfois complexes, ces groupes de pression n’hésitent pas à mélanger les genres en allant jusqu’à fournir aux parlementaires des propositions de loi ou des amendements déjà rédigés. S’il s’agit là d’une opportunité pour certains élus qui peuvent ainsi donner l’illusion d’un travail assidu, cela constitue surtout une aubaine pour les lobbyistes qui peuvent alors imposer leur credo à la collectivité. Un marché gagnant-gagnant ou perdant-perdant selon les points de vue. La loi de moralisation de la vie publique devrait alors être l’occasion d’ouvrir un important chantier de régulation en ce domaine.

Ceux qui connaissent quelque peu Philippe De Villiers savent que l’europe est un de ces grands chevaux de bataille. Il n’est donc pas illogique que ses combats européens occupent une part importante de son livre. Un chapitre porte ainsi sur la campagne autour du traité de Maastricht adopté en 1992. "L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie" disait Karl Marx. Cet adage semble bien se vérifier lorsqu’il s’agit de construction européenne. Que ce soit en 1992 avec Maastricht, en 2005 avec le TCE (Traité Constitutionnel Européen) ou en 2007 avec le traité de Lisbonne, chacun aura pu se rendre compte que le traditionnel clivage gauche/droite s’est largement effacé devant les questions de souveraineté nationale. En effet, PS et UMP se sont à plusieurs reprises donnés la main pour défendre ces traités supranationaux. A l’inverse, certains ténors de ces mêmes partis ont combattu les bonds en avant fédéralistes proposés par Bruxelles. Quel autre sujet d’ailleurs aurait pu rassembler de la sorte Mitterrand, Hollande, Lang, Juppé, Chirac d’une part et De Villiers, Pasqua, Séguin, Chevènement d’autre part ?

Fervent défenseur de la souveraineté de notre pays, Phillipe De Villiers mena une liste dissidente de droite aux élections européennes de 1994 (à cette époque le scrutin avait lieu dans une circonscription unique à l’échelle du pays). Arrivé en troisième position derrière la liste du RPR (ex-UMP) et du PS, le fondateur du Puy du fou sort renforcé de cette échéance électorale et décide de se présenter à la présidentielle de 1995. Il ne réussit toutefois pas à renouveler l’exploit de l’année précédente et obtient cette fois-ci un score de 4,74 %, soit moins que la barre fatidique des 5 % permettant d’obtenir le remboursement de sa campagne. En conséquence, le candidat défait lance un appel à la générosité des Français au 20h de TF1.
Ici encore nous pouvons voir que les problématiques liées au financement de la vie politique (prêt des banques, financement occultes …) perdurent. Si certains vantent notre système démocratique, il n’en reste pas moins qu’il existe des inégalités criantes entre candidats, notamment en termes de moyen et d’accès aux médias. La campagne présidentielle de 2017 en a ainsi été le parfait exemple avec de considérables écarts de temps de parole, écarts d’autant plus accentués par la réduction de la période d’égalité obligatoire au profit de l’équité. Mais plus que la présidentielle, c’est en réalité toutes les élections qui sont concernées par ce phénomène. En dehors des grands partis, point de salut pourrait-on dire tant ces écuries fournissent à leurs partisans une logistique de premier ordre ainsi que des subsides non négligeables.

Philippe De Villiers, comme tant d’autres avant et après lui, ont justement connu ce manque de soutiens, expliquant, au moins en partie, des scores jugés décevants. Ou en tous cas pas à la hauteur des espérances. Si les campagnes sont souvent rudes et éprouvantes, c’est peut-être l’après résultats qui est parfois le plus compliqué. Cela me semble formidablement résumé dans le paragraphe suivant (p 216) : "Les opportunistes arrivés en masse vont repartir vers leurs pénates. Ainsi va la vie politique, elle est cruelle. On croit que les gens vous aiment pour ce que vous êtes. En réalité ce qu'ils aiment en vous, la plupart du temps, c'est la part de succès qui peut leur revenir".

Par ces mots, Philippe De Villiers résume parfaitement la nature humaine et dit finalement sans ambages ce qu’il a vu durant sa carrière politique.

vendredi 24 mars 2017

"Mon agenda de président, 100 jours pour tout changer" de Nicolas Dupont-Aignan

Campagne présidentielle oblige, mes lectures tournent évidemment autour de ce sujet en ce moment. Partisan de Nicolas Dupont-Aignan, je ne pouvais évidemment pas passer à coté de son dernier livre : mon agenda de président, 100 jours pour tout changer.

Sorti le 8 mars aux éditions Librio, ce petit livre vendu au prix de 3 € raconte à raison d'une page par jour les 100 premiers jours du quinquennat du président de Debout La France, nouvellement élu à la tête du pays. Ce livre n'est clairement pas dans la lignée des essais politiques traditionnels puisqu'il permet de présenter et de faire connaitre de manière originale un programme électoral. Plus encore, on y retrouve une alternance d'aspects programmatiques et d'éléments plus "intimes" avec des notes personnelles en bas de page qui permettent de mieux cerner l'homme. C'est notamment le cas des passages où il est question de sa femme, rappelant son rôle politique mais aussi, et surtout, le soutien de poids qu'elle lui apporte au quotidien.

On retrouve évidemment dans cet essai les principales propositions du candidat gaulliste telles que le financement à taux 0 par la Banque de France, la mise en œuvre d'un plan Marshall pour l'Afrique, l'augmentation des petites retraites de 100 € par mois et des salaires de 10 %. Mais davantage qu'une liste de mesures à la Prévert, les différentes thématiques sont abordées en les contextualisant par le biais de déplacements présidentiels (cause animale, made in France, agriculture, tourisme, culture …). Il n'en reste pas moins que le cœur de son programme reste de recouvrer la souveraineté du pays sous toutes ses formes.

Deux points m'ont particulièrement marqué. D'une part, l'évocation de son expérience d'élu comme maire de Yerres et député de l'Essonne. Cet élément est clairement un avantage concurrentiel pour moi dans la mesure où ces mandats permettent de conserver un pied dans la réalité et une proximité avec les vrais gens. Alors que le fossé entre la classe politique et les citoyens se creuse chaque jour davantage, il est assez rassurant de voir que tous nos politiques ne sont pas déconnectés du quotidien des Français.
D'autre part, et ces passages prennent une toute autre dimension en ces périodes de scandales Fillon, Le Roux et compagnie, il me semblait important de souligner le fait que Nicolas Dupont-Aignan fait de la moralisation de la vie politique un de ces chevaux de bataille (casier judiciaire vierge, fin des privilèges pour les anciens présidents et ministres …). On retrouve d'ailleurs dans l'ouvrage une mesure certes symbolique mais hautement emblématique qui consiste à ce que le président de la République paye lui-même ses factures d'eau et d'électricité ainsi que les repas de ses invités personnels.

Pour finir, je dirais qu'il s'agit là d'un livre simple à lire, concret qui change des essais politiques classiques. Je ne peux que vous le recommander afin de vous faire une réelle idée du programme et de la personnalité de Nicolas Dupont-Aignan. 



dimanche 15 janvier 2017

2017, année de changement ou de recommencement ?

Voilà maintenant 15 jours que l'année 2016 s'est achevée et 2017 est déjà bien entamée.
Des problèmes familiaux me tiennent éloignés de ce blog depuis quelques semaines mais je tenais toutefois à vous présenter mes meilleurs vœux de santé et de bonheur pour cette nouvelle année.

Le début d'année est souvent une période propice aux résolutions et à l'optimisme. Chacun espérant et souhaitant que l'année à venir sera meilleure que la précédente. Vœu somme toute humain et compréhensible mais qui reste généralement pieu. 2015 et 2016 ont été des années marquées en particulier par des attentats meurtriers, à la fois en France (Charlie Hebdo, Bataclan, Nice …) mais aussi dans le monde entier (Allemagne, Irak, Turquie …). Nous ne pouvons espérer que 2017 ne s'inscrira pas dans la même lignée.

Nul ne saurait dire ce que nous réserve cette année et ce dans quelque domaine que ce soit. Une chose est sûre cependant, 2017 sera une année électorale avec la présidentielle et les législatives. Là encore bien malin serait celui qui prédirait le nom du gagnant tant l'élection suprême est incertaine. Il n'y a qu'à voir le résultat des primaires de droite mais aussi probablement de gauche pour se convaincre que rien n'est joué à l'avance.
Plusieurs candidats déclarés sont susceptibles de remporter la bataille et je ne me risquerai pas à un quelconque pronostic. Pour autant, si les jeux ne sont pas faits, il est clair que tous les candidats ne partent pas à égalité et que certains sont ouvertement favorisés par les médias. De là à penser que des groupes ou individus ont intérêt à faciliter la marche de tel ou tel vers le pouvoir …

Comment beaucoup de nos concitoyens j'ai malheureusement le sentiment que les élections à venir seront un nouveau coup pour rien. Malgré les discours et les postures, les favoris de la présidentielle ne feront finalement que perpétuer les politiques menées depuis des décennies. D'ailleurs Fillon comme Macron ou Valls ont tous exercé le pouvoir d'une façon ou d'une autre. Et il est évidemment trop facile de promettre de faire aujourd'hui ce qui n'a pas été fait hier lorsqu'ils étaient en responsabilité. La plupart des candidats, de gauche comme de droite, sont d'ailleurs tous comptables du bilan des deux derniers quinquennats. Ne l'oublions pas !

Alors évidemment on entend ici et là , et en particulier dans les médias qui leur servent la soupe, qu'ils ont changé, qu'ils ont pris conscience de leurs erreurs. Balivernes ! Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, comme dirait l'autre. Et pourtant, pourtant …
Malgré tout cela, je suis convaincu que les favoris actuels, descendants de Sarkozy et Hollande, héritiers des politiques libérales et vassaux de Bruxelles, rafleront une fois de plus la mise. "Les Français sont des veaux" disait De Gaulle. Avait-il vraiment tort ? Et comment ne pas abonder en son sens alors même que nos concitoyens se laissent berner encore et encore, élection après élection ?

Il existe évidemment des alternatives hors du PS et de l'UMP. Encore faudrait-il que notre système médiatique leur donne la possibilité d'émerger. La fausse alternance UMP/PS et PS/UMP n'est clairement pas la solution. C'est au contraire un obstacle à une réelle alternative qui affaiblit notre démocratie et encourage l'abstention. Tout semble fait finalement pour enfermer les Français dans une illusion de choix où seules les personnalités changent, sans incidence aucune sur les politiques menées.

Certains diront que je suis pessimiste et que rien n'est perdu. Je crois à l'inverse être tout à fait conscient de la réalité des choses? Et il va sans dire que je préfèrerais me tromper. Malheureusement les faits sont têtus et le passé me donne raison. Mais nous aurons évidement le temps de reparler de  tout cela.
En attendant, je vous souhaite à nouveau, à toutes et à tous, une excellente année 2017, en espérant que celle-ci vous apporte joie, santé et prospérité !

vendredi 18 novembre 2016

Pourquoi je n'irai pas voter à la primaire de la droite et du centre



Nous voilà donc à quelques jours du premier tour de cette fameuse primaire de la droite et du centre qui aura lieu dimanche 20 novembre. Enfin, pourrait-on dire tant on nous bassine avec cette guéguerre interne depuis des semaines, voire même des mois. Plus que quelques jours donc avant de pouvoir passer à autre chose. Mais nous n'aurons que peu de répit en réalité car le même cirque va commencer à gauche. Bref le monde est devenu primaire : américaine, de droite, de gauche. Tout le reste devenant finalement secondaire …

Si chacun convient que l'on parle trop de cette primaire, ce sujet est pour autant au cœur des conversations. Ce qui est somme toute paradoxal, reconnaissons-le. Cela n'est toutefois pas si étonnant pour au moins deux raisons. D'une part, il s'agit d'un phénomène nouveau à droite, qui plus est en rupture avec la tradition gaulliste, où on voit s'opposer notamment un ancien président et deux anciens premiers ministres qui ont tous gouvernés ensemble. D'autre part, ce vote conduira très probablement à désigner le futur président de la République. Ces aspects, parmi d'autres, et le battage médiatique aidant, la primaire de la droite et du centre occupe l'actualité.

L'une des questions à la mode en ce moment est de savoir si l'autre va aller voter dimanche. Et je dois reconnaître que je me suis posé cette question. D'ailleurs, d'autres l'ont également fait pour moi et ont été surpris pour certains par ma réponse. Dans l'absolu, le choix final est simple : oui ou non. Mais trancher s'est avéré plus compliqué que je ne l'aurais imaginé.

A première vue, et dans la mesure où je ne suis pas membre des partis organisateurs de ce scrutin, il n'est pas illogique en soi de passer mon chemin. Pour autant, et bien que je n'avais pas ma carte au PS, je suis allé glisser un bulletin Montebourg au premier tour de la primaire socialiste de 2011. Rappelons d'ailleurs que la primaire de la droite et du centre est une primaire ouverte qui n'est pas réservée aux personnes encartées. Certains, me cataloguant à droite, m'incitent à y aller. Mais ne me revendiquant pas spécifiquement de droite ni même du centre, je ne me sens pas spécialement obligé. En tout cas, pas plus que je ne l'étais en 2011.
Un autre argument, que je peux entendre, consiste à dire que voter permettra de participer au choix du vainqueur et donc à influer sur le cours des évènements. Autrement dit, il s'agirait de faire comme les électeurs de gauche, c'est-à-dire de choisir le "moins pire des candidats" pour le pays ou à l'inverse le "meilleur adversaire" pour le candidat de son propre camp. Mais le premier tour n'est pas nécessaire pour cela, le second étant largement suffisant pour départager les finalistes.   

Après mûre réflexion et longue hésitation, j'ai finalement décidé de ne pas participer à cette primaire. Évidemment, j'aurais pu faire le choix d'y prendre part afin d'éviter le retour de Nicolas Sarkozy. Effectivement, j'aurais pu participer à la primaire de droite comme j'avais participé à la primaire de gauche. Mais les circonstances sont différentes, tout comme les candidats en lice. A l'inverse de 2011, les sept mercenaires adversaires ont programme libéral et de régression sociale sensiblement identique comme je l'expliquais récemment. Mon vote de 2011 était lui un choix de conviction avec d'importantes convergences idéologiques avec Arnaud Montebourg. Tel n'est pas le cas pour ce scrutin de 2016 où les programmes présentés sont à l'opposé de mes positions, que ce soit sur l'europe, l'emploi ou en matière économique.

Participer à ce concours d'egos qui tourne de plus en plus à la farce ne me semblait donc pas être une option envisageable sans renier mes convictions. Voila pourquoi j'ai choisi, en mon âme et conscience, de ne pas cautionner, ni financer cette bande de coquins que je combats par ailleurs.  

dimanche 6 novembre 2016

Accueil des migrants : cessons les polémiques stériles !

Pas un jour ne passe sans que la question des migrants ne fasse la une des journaux. Et la récente évacuation de la jungle de Calais le 24 octobre dernier n'a fait que renforcer encore un peu plus ce phénomène. Mais plus encore que l'évacuation en elle-même, c'est la répartition des migrants vers les centaines de centres d'accueil et d'orientation (CAO) partout en France qui fait le plus polémique.

Depuis plusieurs semaines maintenant, pro et anti s'affrontent dans la rue, lors de réunions publiques ou par médias interposés. Le stade du simple débat contradictoire est largement dépassé et il n'est plus lors question d'échanges politiques sereins. Encore une fois la passion a pris le pas sur la raison.
Et sur ce sujet, il est difficile de compter sur notre classe politique pour apaiser les choses. Bien au contraire, chacun surenchérit à sa manière dans une véritable course à l'échalote.

A mon sens, l'enjeu est bien trop important pour notre pays pour être traité de la sorte. Et il me semble primordial, dans l'intérêt de tous, de chercher autant que faire se peut à prendre de la hauteur sur ce sujet. Je m'étais jusqu'alors abstenu de m'exprimer sur ces problématiques mais j'ai décidé de revenir aujourd'hui sur ce choix car je suis agacé par ce que je vois ou entends sur les réseaux sociaux et dans les médias. Je suis lassé de ces polémiques stériles, exaspéré par les caricatures et autres amalgames.   

Je vais essayer de résumer ici mon opinion sur le sujet, de manière simple et succincte.
Tout d'abord, il me semble indispensable de bien définir de quoi on parle. Car plusieurs termes sont aujourd'hui utilisés indistinctement : migrants, immigrés, réfugiés … Cela ajoute de la confusion à des situations déjà difficiles à appréhender.
A mon sens, deux grandes catégories d'individus coexistent et alimentent les flux d'immigration (je laisse notamment et volontairement de côté le regroupement familial et les échanges universitaires) : les personnes quittant leur pays pour fuir la guerre ou la persécution et les personnes quittant leur pays pour des raisons économiques.
Sans surprise, et de manière assez consensuelle je pense, je crois que notre pays s'honore à accueillir les populations persécutées ou issues de pays en guerre et à leur offrir le statut de réfugié. Le droit d'asile doit donc continuer à être accordé aux personnes qui répondent aux critères définis. A l'inverse, les personnes qui n'entrent pas dans ce cadre doivent se voir signifier l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et être expulsées. De telles règles existent aujourd'hui mais ne sont malheureusement pas appliquées, ce qui conduit à créer un certain imbroglio dans la tête de la population.

Ensuite, s'agissant de l'évacuation de la jungle de Calais, je considère que cela aurait dû être fait depuis longtemps. Mieux, l’État n'aurait jamais dû laisser se développer un tel campement où les conditions d'hébergement, d'hygiène et de sécurité n'étaient clairement pas à la hauteur.  
Mais ne revenons pas sur le passé et concentrons nous davantage sur l'avenir. Le moyen et long-terme sont évidemment conditionnés, au moins en partie, par les remarques précédentes. En revanche, le court-terme prend lui une tournure plus que contestable et d'ailleurs largement contestée. Je pense bien sûr à la répartition des migrants dans nos régions qui me semble problématique.
D'une part, et toujours en cohérence avec mes propos précédents, je crois que cette évacuation aurait dû être l'occasion d'expulser les personnes qui n'ont pas vocation à rester sur notre sol.

D'autre part, je suis plus que perplexe quant à la méthode de répartition en elle-même. Et il me semble d'ailleurs que c'est cet aspect en particulier qui suscite une forte opposition de la part de la population. Soyons concret pour mieux comprendre le problème. Il était prévu que le département de l'Isère accueille 250 personnes sur trois sites dont 100 pour la seule ville de Saint Martin d'Hères. En outre, il s'agissait d'accueillir 100 hommes seuls dans une tour au cœur du domaine universitaire.  
Du pain-béni pour certains qui se sont jetés sur l'information pour dénoncer l'invasion du campus par une horde de sauvages en rut qui allaient mettre en péril la tranquillité et la sécurité des étudiants et étudiantes. Je ne relèverai pas ces inepties car elles ne le méritent même pas. Pour autant, je m'interroge sur les raisons qui ont poussé nos dirigeants à prendre une telle décision. Comment ne pas susciter l'inquiétude, somme toute légitime, de nos concitoyens dans pareilles conditions ?

Je ne peux que m'interroger sur une telle concentration d'hommes seuls en un même endroit comme c'est le cas à Saint Martin d'Hères mais également dans d'autres villes de France. N'y avait-il pas d'autres solutions d'hébergement plus équilibrées dans notre cher pays aux 36 000 communes ? N'aurait-il pas été préférable que chaque commune accueille quelques migrants chacune ?
Car pour moi la solution retenue va à l'encontre même de toute possibilité d'intégration. C'est davantage vers un phénomène de communautarisation dans une logique grégaire vers lequel on se dirige. Comment imaginer alors que ces personnes vont pouvoir s'intégrer à la population ?

Une dernière remarque pour terminer. On voit souvent fleurir sur les réseaux sociaux une sorte de mise  concurrence entre migrants et Sans Domiciles Fixes. Autrement dit, il est reproché de privilégier les migrants étrangers en termes d'aides, de logement … aux dépens de nos SDF (sous-entendus Français).
Outre le fait que cette compétition entre personnes dans le besoin soit moralement discutable, celle-ci relève, je crois, d'une certaine hypocrisie voire d'une malhonnêteté intellectuelle. En effet, il est tout à fait probable que ces personnes soient les mêmes qui détournent le regard dans la rue ou qui réprouvent la mendicité.
Là encore ce sont des polémiques stériles qui ne grandissent pas leurs auteurs et dont notre pays n'a clairement pas besoin …