jeudi 29 avril 2010

18 propositions concrètes pour réguler la finance

Comme je l'ai fait à plusieurs reprises par le passé, je me permets de reprendre un article issu du blog de Laurent Pinsolle. Celui-ci détaille différentes mesures visant à réformer la finance actuelle qui connaît de graves dérives. La dernière en date étant la polémique autour des de la banque américaine Goldman Sachs. Une preuve de plus, s'il en fallait encore, qu'une vaste réforme doit être envisagée afin de réguler la sphère financière. Voici donc quelques propositions :

La violence de la crise aurait du provoquer une remise en question du système. Paradoxalement, la rapidité du sauvetage et les moindres conséquences de la crise par rapport à celle de 1929 font que rien n’avance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir les solutions en main.
Des intellectuels alternatifs se sont levés
Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn ce week-end sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. Je vous propose ici les 18 mesures emblématiques que j’ai retenues. Oui, un autre monde est possible !
Assurer une meilleure contribution de la finance à la collectivité
1.   Confier à nouveau la création monétaire à l’Etat : il n’est pas normal que les banques puissent aujourd’hui emprunter à 1% auprès des banques centrales pour prêter ensuite aux Etats entre 3 et 7%. L’Etat doit reprendre le contrôle de la création monétaire et retrouver la possibilité de monétiser sa dette s’il le souhaite, en revenant sur la loi de 1973. Cela sera sans doute la solution pour éviter une dépression en Europe.
2.   Instaurer une taxe Tobin significative (0.1 à 1%) sur toutes les transactions financières : cela permettra de faire davantage contribuer le monde financier à la collectivité tout en réduisant la spéculation à court terme, dont les coûts seront alors démultipliés. En outre, cela permettrait de réduire le fardeau des dettes contractées par les Etats pour sauver le monde de l’implosion financière.
3.   Instaurer une taxe sur les fusions et acquisitions : les rachats d’entreprise sont souvent l’occasion pour les actionnaires d’extraire toujours plus de valeur sous la forme de licenciements. Ce coût pour la collectivité devrait être compensé par une taxe exceptionnelle fonction du montant de la transaction, ce qui limiterait également les rachats d’entreprise à l’utilité douteuse.
4.   Créer un grand pôle public bancaire : aujourd’hui, les immenses profits des activités de détail des banques en France et dans le monde montrent que cette activité est un oligopole absolument pas concurrentiel qui vit telle une sangsue sur le dos de l’économie réelle et de ses clients. L’Etat pourrait instaurer une plus grande concurrence en créant une grande banque publique (autour de LCL ?) qui proposerait ses services à des tarifs raisonnables.
5.   Mettre fin à la course sans fin et mortifère à la rentabilité : hier, il fallait dégager 5% de rentabilité sur capitaux investis, aujourd’hui 15%, demain 25% ? Pour éviter que les fruits de la croissance ne soient totalement vampirisés par les actionnaires, comme le recommande Frédéric Lordon, nous pouvons mettre en place un SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin), une limite au-delà de laquelle l’Etat taxe de manière confiscatoire (90% par exemple) toute rémunération supplémentaire, à la manière de Franklin Roosevelt.
6.   Encadrer strictement les bonus : quand tout va bien, les banquiers touchent des bonus colossaux et quand tout va mal, ils sont aidés par l’Etat et si leurs bonus sont réduits, il n’en reste pas moins très confortables. Il faut donc instaurer une nouvelle tranche d’IR pour les très hauts salaires (au-delà de 500 000 euros), et systématiser l’étalement du paiement du bonus ainsi que la possibilité de bonus négatifs.
Réellement encadrer le système financier
1-   Séparer à nouveau les banques de dépôt et d’affaires : pour protéger les banques de dépôt des excès des marchés, la Grande Dépression avait enfanté le Glass Steagall Act. Son abrogation par l’administration Clinton porte une lourde part de responsabilité dans la crise et il faut donc revenir dessus.
2-   Interdire toute transaction avec les paradis fiscaux : les normes de l’OCDE sont une sinistre plaisanterie. Les paradis fiscaux ont simplement conclu des conventions de partenariat avec quelques micro-Etats pour échapper à l’opprobre international. Pourtant, au moins à l’échelle européenne, un véritable blocus permettrait de mettre fin à ces trous noirs de l’argent sale et du moins-disant fiscal.
3-   Remettre en place un contrôle des mouvements de capitaux : la crise asiatique nous a enseigné que les pays qui encadrent les mouvements de capitaux sont moins sensibles aux crises financières. L’anarchie financière fait que les errements du marché immobilier étasunien sème la désolation sur la planète entière. Comme dans les bateaux, il est donc crucial de compartimenter les cales en remettant des frontières financières pour éviter qu’une seule voie d’eau ne menace de faire couler à elle seule l’économie mondiale.
4-   S’assurer que les agences de notation font leur travail : la crise a fait apparaître les limites d’un système où les agences sont à la fois juges et parties puisqu’elles doivent évaluer les institutions financières qui sont également leurs clients pour la certification de leurs produits. Il est impératif de séparer la fonction de conseil de celle d’évaluation pour éviter les conflits d’intérêt patents apparus pendant la crise
5-   Créer une seule agence de supervision financière : les dirigeants politiques ont tendance à multiplier les organismes de surveillance du système financier. Malheureusement, le système a besoin pour sa stabilité d’un organisme fort, répondant directement au ministre des finances de manière à ce que les politiques prennent toute leur part de responsabilité.
6-   Revenir sur les normes de comptabilité « marked to market » : le comité Bâle 2 avait établi un changement majeur dans la comptabilité des entreprises, mettant en place une comptabilisation des actifs à la valeur des marchés (au lieu de la valeur d’achat). Cette mesure a créé un double cercle vicieux. En période de croissance, cela démultiplie les capacités de financement, et donc favorise les bulles. En période de krach, cela accélère les baisses, la chute des cours imposant de vendre pour restaurer les ratios, faisant davantage plonger les cours et provoquant une nouvelle dépréciation…
Limiter les excès du monde de la finance
1.   Réduire l’effet de levier des institutions financières : aujourd’hui, avec des montages, il est possible de placer 100 avec à peine 1 de capital. Il est essentiel de proposer des normes prudentielles qui assurent la stabilité du système financier. Les normes de Bâle 2, conçues par les banques, étaient insuffisantes (8% de capitaux propres). Les politiques doivent reprendre la main et définir de nouvelles normes au regard de la crise de 2008 (quitte à imposer 15% de capitaux propres et plus encore sur les produits les plus risqués). Les normes pourraient également être d’autant plus strictes que les produits sont complexes…
2.   Interdire ou encadrer très strictement les LBO : certains fonds de placement utilisent cette technique qui revient à faire payer par l’entreprise que l’on rachète l’emprunt utilisé pour la racheter. Cette technique permet alors de déduire fiscalement les pertes financières des profits, ce qui permet d’éviter de payer des impôts…
3.   Interdire la titrisation et le hors-bilan : la gravité de la crise s’explique en partie par les mécanismes que les banques ont utilisé pour passer outre les normes prudentielles. Certains banques ont ainsi réussi à placer un tiers de leurs actifs hors bilan, en-dehors de toutes règles. La titrisation leur a également permis de transformer des créances contre lesquelles elles devaient conserver des capitaux propres en titres qui leur permettaient d’emprunter davantage ! Ces pratiques doivent être interdites
4.   Interdire les achats à découvert : les achats à terme ou à découvert permettent de spéculer à la baisse sur la valeur d’un titre en prenant une option d’achat que l’on revend au prix du jour pour faire baisser le cours, de manière à empocher la différence. Ils ont momentanément été interdits pendant la crise. Cette interdiction devrait être définitive.
5.   Interdire la spéculation sur les matières premières : l’envolée du prix des matières premières jusqu’à la mi-2008 avait pour principale raison le report de la spéculation suite aux baisses du marché de l’immobilier et de la bourse. Mais cette spéculation peut affamer des populations. Des règles extrêmement strictes doivent être mises en place pour éviter une redite (ne permettre l’achat de dérivés qu’à des professionnels capables de réceptionner la marchandise par exemple).
6.   Interdire les dark pools : à mille lieues du discours de transparence des partisans de la déréglementation, cette nouvelle invention consiste à assurer l’opacité des ventes et achats de titres, ce qui augmente encore l’instabilité du système.
Naturellement, cette contribution n’a pas l’ambition d’être définitive mais plutôt de susciter un débat sur les moyens de remettre la finance au service de l’ensemble de l’économie et des citoyens.

samedi 24 avril 2010

Respectons ce drapeau pour lequel tant sont tombés

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a demandé que «des poursuites pénales soient engagées» après la diffusion d'une photographie montrant un homme s'essuyant le postérieur avec le drapeau français, a annoncé mercredi le porte-parole de la Chancellerie. Cette décision a été prise après réception d'un courrier du député et président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, sensibilisant Alliot-Marie à cette affaire et lui demandant d'envisager des poursuites. La photographie visée faisait partie des «coups de cœur» du jury d'un concours photographique organisé par la FNAC de Nice le 6 mars, et a été publiée en tant que telle dans un journal gratuit le 19 mars. Elle avait été sélectionnée dans la catégorie «politiquement incorrect».
Source : 20minutes.fr
 
D'ordinaire, je suis le premier à défendre le politiquement incorrect et à pourfendre la pensée unique. Néanmoins, je crois que dans cette affaire les limites de l'acceptable et de la décence ont été largement dépassées. Alors bien sûr, personne ne sait vraiment où commence l'excès mais cela est un autre sujet qui est actuellement au coeur du débat, en raison  notamment des chroniques de Stéphane Guillon.
 
Dans le cas qui nous intéresse, il ne s'agit pas d'une mise en cause d'un individu en particulier mais d'un affront au drapeau national. Certains diront qu'il ne s'agit que d'un bout de tissu. Je ne le pense pas. Certes le drapeau est une étoffe mais au delà il est un symbole pour toute une nation. Notre drapeau fait partie intégrante de notre histoire et de notre patrimoine. Des millions d'hommes et de femmes se sont battus pour le défendre, le payant même parfois de leur vie. Chacun d'entre nous doit donc faire preuve de respect envers le drapeau tricolore.
 
Malheureusement, ce n'est pas la première fois que les symboles de notre pays sont rabaissés ou dénigrés. Je pense notamment à la Marseillaise qui a été sifflée plus d'une fois dans les stades de football ou encore de ce même drapeau qui fut piétiné et brulé à l'occasion de la qualification de l'équipe nationale d'Algérie pour la coupe du monde de football 2010. Deux évènements qui ont été médiatisés mais on peut penser que de tels affronts sont légions loin des caméras de télévision.
En apprenant l'existence de cette photo, j'ai tout de suite souhaité la création d'une loi réprimant ces actions. Or il s'avère qu'il existe déjà un arsenal juridique dédié à cet effet. Il s'agit de l'article 433-5-1 du code pénal créé par la loi n°2003-239 du 18 mars 2003 qui stipule : "Le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d'amende. Lorsqu'il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende."
 
Puisqu'une loi existe, il suffit simplement de l'appliquer. Malheureusement, bien que notre législation soit riche, celle-ci est peu mise en oeuvre et nos politiques préfèrent créer de nouveaux textes. Cette affaire en est un bon exemple mais cela est également le cas en ce qui concerne le port de la burqa.

dimanche 18 avril 2010

Politique et business : arrêtons le mélange des genres !

Florence Woerth, la femme du ministre du Travail Eric Woerth, va entrer au conseil de surveillance de Hermès, selon l'avis de convocation à l'assemblée générale du groupe français de luxe.
Lors de leur assemblée générale du 7 juin, les actionnaires d'Hermès sont appelés à se prononcer sur la "nomination de Mme Florence Woerth en qualité de nouveau membre du conseil de surveillance", indique l'avis publié sur le site internet du groupe.
Le numéro un mondial du luxe, LVMH, a, de son côté, fait entrer jeudi l'épouse de l'ancien président de la République, Bernadette Chirac, à son conseil d'administration.
Source : AFP
 
Triste nouvelles que ces nominations. Enfin, triste, tout dépend pour qui. Cela est évidemment une excellente nouvelle pour ces deux femmes car elles toucheront, dans le cadre de leur mandat, un petit pactole sous forme de jetons de présence. Bonne nouvelle également pour la parité puisque ce sont des dames qui intègrent les conseils de surveillance (ou d'administration) de deux grands groupes français. On ne peut donc que se féliciter de ce progrès pour la gente féminine.
 
Malgré tout, je suis convaincu que ces personnes n'ont pas été nommées uniquement pour leur sexe. En effet, il ne faut pas oublier que la première est femme de ministre en activité et l'autre est l'épouse d'un ancien président de la République. Il est donc fort probable que l'influence et le carnet d'adresses de leur conjoint respectif aient joué un rôle non négligeable dans ce choix.
 
Mais alors en quoi ces nominations sont-elles gênantes ? Car ces femmes ne sont que des "épouses de" et n'exercent pas de mandat politique. Cela est tout à fait vrai. Néanmoins, il faudrait être naïf pour croire que ces désignations sont faites sans arrière-pensées. Par celles-ci, les dirigeants de société auront donc, de manière plus ou moins directe, un moyen de pression ou tout du moins une influence sur la sphère politique. De même, on peut penser que l'inverse est possible et que "les femmes de" pourront intervenir auprès des grands patrons afin, par exemple, de donner un coup de pouce à la carrière de leur mari.
 
C'est donc cette collusion entre le monde des affaires et le milieu politique que je dénonce et qui me semble anormal. Nicolas Sarkozy est l'exemple même de cette connivence. D'ailleurs, le dîner au Fouquet's le soir de son élection ou encore les vacances sur le yacht de Vincent Bolloré prouvent bien cette sordide complicité.
Le cas de ces nominations n'est qu'un exemple parmi d'autres. Effectivement, les relations entre les pouvoirs politique et commercial ou industriel existent à tous les niveaux, du simple maire au ministre en passant par le député.
 
Je crois donc que ces relations sont mauvaises pour l'image de la politique dans la mesure où elles tendent à décrédibiliser l'action de nos dirigeants ou du moins à faire penser que les mesures prises sont destinées à une classe en particulier. Comment croire alors que ceux-ci oeuvrent dans l'intérêt de la nation ?
Pour dissiper tout malentendu, il me paraît donc impératif d'instaurer une séparation claire entre ces milieux comme cela est le cas, enfin en théorie, entre l'exécutif et le pouvoir judiciaire. Malheureusement, il semblerait que notre président n'apprécie guère l'indépendance de certaines entités et veuille, de ce fait, avoir le contrôle sur tout que ce soit de manière directe ou par l'intermédiaire d'amis ...

lundi 12 avril 2010

L'insécurité revient sur le devant de la scène

Un jeune homme de 23 ans a été "lynché gratuitement" vendredi soir dans le centre-ville de Grenoble par un groupe d'une quinzaine de jeunes en fuite et transporté dans un état critique à l'hôpital de Grenoble.
La victime, qui revenait d'une soirée avec trois amis, a été très violemment frappée à coups de pieds au visage, avant de recevoir deux coups de couteau au bras et dans le dos.
Source : lefigaro.fr
 
Une fois de plus, il faut un drame pour que les pouvoirs publics daignent réagir. En effet, suite à cette agression, Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, se rendra sur place pour faire un point sur la situation et, parions le, effectuer quelques annonces qui resteront probablement lettre morte.
Bien que ce lynchage, car c'est bien de cela qu'il s'agit, soit d'une extrême violence, il n'en reste pas moins d'une triste "banalité". Effectivement, il est indéniable que les violences aux personnes connaissent une croissance inquiétante, tant au niveau de leur nombre que de leur intensité. En outre, il apparaît qu'un grand nombre d'attaques sont commises de manière complètement gratuite, ce qui est d'autant plus préoccupant.
 
Même si la situation n'est pas facile, il ne faut pas tomber dans la paranoïa. Pour autant, la question de la sécurité doit rester un élément primordial dans l'action de nos dirigeants. Malheureusement, cela ne semble pas être le cas. Alors bien sûr, le discours présidentiel semble volontariste mais ce ne sont que des mots. Au contraire, les actes, eux, vont à l'encontre du bon sens. Pour preuve, les effectifs de police et de gendarmerie sont en constante baisse et les moyens de la Justice restent limités.
 
Il paraît donc indispensable de réagir rapidement afin d'envoyer un signe fort en direction des citoyens mais aussi des délinquants. En effet, on ne peut plus continuer à tolérer la hausse de la criminalité, la persistance d'un sentiment d'insécurité ainsi que le maintien d'un laxisme ambiant.
Pour lutter contre ce phénomène, je crois que des efforts budgétaires sont nécessaires. Concrètement, il me semble nécessaire de donner davantage de moyens à la Justice et aux forces de l'ordre, que ce soit en termes de personnel, d'infrastructures ou encore d'équipements. Cela permettrait ainsi d'accroître la présence policière dans les rues, de diminuer l'attente pour être juger donc, pour résumer, d'agir sur l'efficacité de ces institutions.
En parallèle, je crois que la généralisation de la vidéo-surveillance dans les lieux sensibles et stratégiques constituerait une avancée non négligeable pour le travail d'enquête.
Enfin, la construction et la rénovation de prisons doit également être entrepris afin que les peines soient effectuées de manière décente.
 
Malgré tout, le côté répressif ne se suffit pas à lui seul. Il me paraît nécessaire de mettre en place un volet préventif dans les politiques de sécurité afin d'agir en amont et d'éviter les drames. Cela passe notamment par le biais de l'éducation au travers de l'école mais également, et surtout, du travail des parents qui sont, dans ces cas là, trop souvent démissionnaires.
 
De tout temps, la violence a été un problème pour les pouvoirs en place qui ont cherché à assurer la sécurité de la population. Néanmoins, on voit depuis quelques années que les agressions se multiplient et ce jusque dans les établissements scolaires.
Quelles que soient les solutions mises en place, l'extermination de la délinquance reste une utopie. Pour autant, rien ne serait pire que la résignation. L'Etat doit donc jouer son rôle tant dans la prévention de la violence que dans le suivi et l'accompagnement des victimes, en passant par la sanction des infractions.
Une question, à laquelle je n'ai pas de réponse, reste cependant en suspens. Qu'est-ce qui pousse un individu à en attaquer un autre ? Qu'est-ce qui pousse cette personne à faire le mal et non le bien ? Mais peut-être que Thomas Hobbes (philosophe anglais) nous apporte la solution :"l'homme est un loup pour l'homme" ...

dimanche 4 avril 2010

Vers une remise en cause de notre calendrier ?

Aujourd'hui, nous sommes le jour de Pâques. Ce jour correspond à une fête religieuse chrétienne qui commémore la résurrection du Christ. Aujourd'hui, le week-end pascal reste important pour une partie de la population mais, pour une majorité de Français, la symbolique a laissé place à un moment festif où la gourmandise prend le pas sur le spirituel. 
 
Outre Pâques, notre calendrier est ponctué de nombreuses fêtes religieuses chrétiennes telles que l'Ascension, la Pentecôte, ou l'Assomption, qui se traduisent par un jour férié ou une période de vacances scolaires (Toussaint, Noël). Pour beaucoup d'entre nous, cela paraît normal et a toujours été comme cela. D'ailleurs, peu savent réellement à quoi correspondent les différentes célébrations.
Malgré tout, des voix s'élèvent, même de manière marginale, pour contester le bien fondé de ces jours fériés. Pour résumer, certains trouvent injuste que les catholiques bénéficient de jours fériés pour leurs fêtes alors que les musulmans ou les juifs, par exemple, ne jouissent pas d'un tel traitement.
 
Ces remarques peuvent sembler légitimes. Alors que faire ? Supprimer les jours fériés pour tous ? Je ne suis pas sûr que cela soit dans notre intérêt. Rajouter des périodes chômées coïncidant avec des fêtes religieuses d'autres confessions alors ? Cela me semble une très mauvaise idée dans la mesure où chaque religion revendiquerait ses propres dates, ce qui conduirait à un abaissement considérable du nombre de jours travaillés.
 
Indépendamment de cet aspect purement pratique, on pourrait considérer que la reconnaissance de fêtes chrétiennes est une atteinte au principe de laïcité. Or il s'avère que cet argument n'est pas du tout recevable. Pour rappel, la séparation de l'Eglise et de l'Etat date de 1905 alors que notre calendrier, dit grégorien, a été instauré en 1582. Aussi, il aurait fallu remettre en question notre calendrier au début du XXème siècle et non à l'heure actuelle.
 
Parallèlement à ces arguments qui me paraissent indiscutables, je souhaiterais ajouter une dernière chose, valable dans ce cas particulier mais également dans d'autres domaines. Je pense qu'il ne faut pas oublier que notre pays a entretenu, durant des siècles, une étroite relation avec la religion chrétienne. Je pense notamment à Clovis et son baptême, aux rois de France et à la monarchie de droit divin ou encore aux philosophes des Lumières et à la Révolution qui se sont opposés au clergé. D'ailleurs, ne dit-on pas que la France est la fille aînée de l'Eglise ?
Quoi qu'il en soit, et même si je suis un fervent défenseur de la laïcité, je crois que le catholicisme fait partie intégrante de notre héritage, de notre Histoire, voire même de notre identité nationale. Renier cet état de fait me semble donc être une ineptie qui revient à renoncer à une partie de nous même.

mardi 30 mars 2010

On est pas nécessairement ce que l'on naît

Dimanche soir, le magazine Capital (M6) avait pour sujet la réussite en France et proposait de mettre en avant les moyens de réussir. Parallèlement, le programme Haute Définition (TF1) nous présentait, lundi soir, la vie dans les quartiers au milieu des dealers.
Deux émissions sur deux chaînes différentes avec deux thèmes que tout oppose. Malgré tout, je souhaite revenir sur les sujets abordés car je crois qu'il y a fort à dire.
 
Avant toute chose, il me semble nécessaire de préciser que quels que soient le pays ou l'époque, il a toujours existé des pauvres et des riches. Néanmoins, il est clair qu'aujourd'hui les inégalités se creusent, les pauvres étant plus pauvres et les riches plus riches. Pour autant, je ne crois pas que ce soit une fatalité. Explications.
 
Selon Capital, la réussite provient d'au moins trois facteurs : l'héritage, les réseaux et l'éducation. Ces postulats ne sont bien évidemment pas nouveaux mais ils ont en commun qu'ils bénéficient en priorité aux personnes aisées. Cela a d'ailleurs été fort bien montré dans les différents reportages. Ainsi, il est apparu que les familles les plus aisées avaient accès à une meilleure éducation et donc à de meilleurs conditions de vie. Il s'agit là d'un cercle vertueux perpétué de génération en génération, d'où la notion d'héritage tant matériel que spirituel. Toutefois, cela n'a rien d'exceptionnel.
Ce qui me pose un problème dans cette histoire est la consanguinité qui demeure au sein de nos élites. En effet, ces personnes restent la plupart du temps entre elles et cultivent un certain repli sur soi. Selon moi, ces individus se coupent complètement des réalités et ce dès leur plus jeune âge. Ainsi, elles accèdent aux plus hautes responsabilités sans avoir réellement vécu car ayant été grandement épargné par la vie. C'est d'ailleurs pourquoi les décisions qui sont prises par les grands dirigeants nous semblent parfois dénuées de bon sens.
Malgré tout, personne ne saurait leur reprocher de profiter d'une vie de luxe sans se soucier des autres car beaucoup d'entre nous feraient de même si nous le pouvions.
 
Mais la France n'est pas qu'un pays où il fait bon vivre. Effectivement, le quotidien de la grande majorité des Français est à mille lieues de cela. Pour eux, la vie est un parcours du combattant semé d'embûches (chômage, précarité ...). C'est notamment le cas des millions de personnes qui résident dans des quartiers dits sensibles où ils doivent cohabiter avec la peur et la délinquance. Ainsi, Haute Définition nous faisait partager la vie quotidienne d'hommes et de femmes qui subissent la loi des dealers dans leur propre immeuble. Loin de moi l'idée de généraliser de tels comportements mais je crois que chacun doit avoir conscience de l'existence de ces phénomènes.
Impuissante et dépassée, la police n'est, la plupart du temps, plus appelée. Cela est d'ailleurs renforcé par la peur des représailles des habitants du quartier.
 
Suite à ces deux reportages, il semble que le chemin de chacun est tracé dès sa naissance. Néanmoins, je crois qu'il ne faut pas baisser les bras. Je suis persuadé que chacun peut réussir s'il s'en donne les moyens. Alors bien sûr les enfants issus de familles aisées partiront toujours avec une longueur d'avance sur les autres puisqu'ils ont la possibilité de fréquenter les établissements scolaires les plus prestigieux ou encore d'avoir accès aux meilleurs emplois.
Pour autant, naître dans un milieu ouvrier n'est pas une fatalité et ne conditionne pas forcément votre futur. Je pense que ces personnes sont responsables de leur propre échec dans la mesure où ceux-ci se marginalisent eux-mêmes. C'est notamment le cas de tous les individus qui adoptent des codes (langage, vêtements ...) différents de ceux de la société. Comment peut-on espérer trouver un emploi sans diplôme, en ne parlant pas un français correct et en portant des "jogging" et une casquette ? C'est tout simplement impossible car aucun patron ne se risquera à embaucher un tel énergumène.
 
Au final, je reste persuadé que la naissance ne conditionne pas une vie. Il est cependant indéniable que l'origine sociale peut être un moteur ou un handicap pour la suite. Pour autant, je pense sincèrement que l'Etat a un rôle à jouer afin que chacun puisse s'épanouir et réussir. C'est ce que l'on appelle l'égalité des chances. De manière plus concrète, il me semble important de promouvoir au maximum la mixité sociale (ce que faisait très bien le service militaire) mais également de mettre le pied à l'étrier à ceux qui en ont le plus besoin. Cela peut notamment se traduire pas l'attribution de bourses ou la mise en place de soutien scolaire.
Certes l'ascenseur social fonctionne au ralenti ces dernières années mais rien n'empêche de prendre les escaliers. Encore faut-il en avoir réellement la volonté et ne pas rejeter ses propres fautes et manquements sur la société.

vendredi 26 mars 2010

Environnement, mondialisation et démographie

Nouvelle victime des régionales : la taxe carbone. En effet, Nicolas Sarkozy a décidé de suspendre sine die le projet de contribution climat énergie. On ne peut que se réjouir d'un tel regain de lucidité. En effet, cette taxe était une ineptie visant principalement à capter l'électorat vert ce qui est, comme l'a montré le dernier scrutin, un échec cuisant. De plus, il apparaît clairement que cette taxe aurait été une usine à gaz de plus qui aurait brillé par son caractère injuste et inefficace. De fait, les entreprises les plus polluantes devaient en être exonérées pour des questions de compétitivité et les ménages auraient bénéficié d'une compensation, creusant un peu plus des déficits déjà abyssaux.
Je rajouterais également que celle-ci n'aurait en aucun cas eu pour conséquence d'aboutir à une diminution substantielle des émissions de CO2 dans la mesure où il n'existe pas de réelles alternatives aujourd'hui.

D'une manière générale, on s'aperçoit que la protection et la préservation de l'environnement sont devenues à la mode. Ainsi, l'ensemble de la classe politique a dû intégrer cette composante à son programme. De plus, un nombre croissant d'articles et d'émissions de télé sont consacrés à ce sujet. D'ailleurs, l'écologie est aujourd'hui devenue une véritable religion avec ses principes moraux et ses comportements à adopter. Nous en sommes même arrivés à un point où la surenchère est de mise, chacun cherchant à être plus vert que son voisin.

Pour autant, et je pense ne pas être le seul, j'en ai marre que l'on ne parle que de l'environnement du matin au soir. Arrêtons de ne penser qu'à l'écologie et concentrons-nous sur les vrais problèmes. Effectivement, je crois que les Français ont d'autres préoccupations que de savoir si les produits qu'ils achètent sont respectueux de la planète. Je crois au contraire que ces personnes sont plus concernées par leur emploi et leur pouvoir d'achat.

Ce qui est le plus tragique dans cette histoire est que nos dirigeants cherchent à nous culpabiliser nous, pauvres consommateurs, plutôt que de s'attaquer à la source du problème. Il faut d'ailleurs savoir que l'impact écologique de la France est marginal comparativement aux Etats-Unis et à la Chine qui sont les pays les plus pollueurs au monde.
Selon moi, la cause réelle et principale des difficultés environnementales est double. En réalité, les menaces les plus importantes pour la planète dans les années à venir sont la mondialisation et la démographie. Alors évidemment, dit comme cela ce n'est pas forcément évident mais je vais m'en expliquer.

Premier point, la mondialisation.
Aujourd'hui, le système capitaliste est la règle pour la plupart des pays du monde. Parallèlement, il n'a échappé à personne que nous vivons dans une économie mondialisée à outrance avec un nombre d'échanges croissant par delà les mers et les océans. De plus, il est manifeste que la concurrence internationale contraint les entreprises à minimiser toujours plus leurs coûts dans le but de maximiser les bénéfices. Cela passe notamment par un recours grandissant aux délocalisations. La conséquence de tout cela est que la force productive est située en grande partie  dans les pays émergents asiatiques alors que le gros des consommateurs se trouve à l'ouest, en Europe ou en Amérique. Cette situation requiert donc de transporter en masse ces produits manufacturés, ce qui implique l'émission de gaz carbonique mais aussi la consommation de carburant en grande quantité.
Nous assistons donc à une réduction des coûts de production mais à un accroissement progressif du coût environnemental.

Deuxième chose, la démographie.
La démographie constitue aujourd'hui un problème majeur pour nos sociétés. En effet, la population croît de manière exponentielle, et plus rapidement que l'économie, ce qui créé des déséquilibres importants dans différents domaines. Ainsi, il manque, ou va manquer prochainement, des infrastructures (logement, écoles ...) pour accueillir ces personnes supplémentaires. De plus, cela pose la question de la nourriture qui devra être produite en quantité suffisante pour sustenter tout le monde. Or il s'avère que cela est très problématique, comme l'attestent les émeutes de la faim au printemps 2008.
La surpopulation entraîne donc immanquablement davantage de pollution directe (rejet CO2 ...) mais nécessite aussi une augmentation de la production mondiale et un aménagement du territoire, ce qui a des conséquences parfois irrémédiables sur l'environnement (déforestation ...).
Cette question de la démographie avait d'ailleurs été soulevée par Thomas Malthus en son temps.

Mais alors que peut-on faire pour inverser la tendance ?
A notre niveau, je dirais peu de choses si ce n'est suivre les recommandations habituelles : couper l'eau lorsque l'on se brosse les dents, éteindre la lumière en sortant d'une pièce, privilégier la douche au bain ...
En fait, c'est au niveau national et international que se situent les vrais enjeux. Voici quelques solutions qui me semblent aller dans le bon sens.

- réguler la population mondiale. Si le problème vient d'un surnombre, il faut oeuvrer à limiter la croissance de la population. Cela peut, par exemple, se traduire par le développement de la contraception dans les pays à fort taux de natalité. Néanmoins, le sujet est sensible car touchant à la vie. Il me semble pourtant urgent de s'intéresser aux questions démographiques tant elles constituent un élément central de notre futur.

- relocaliser la production. Le transport des marchandises étant à l'origine d'une forte pollution, il paraît légitime de chercher à s'en affranchir au maximum. La solution passe alors par le retour des entreprises sur le lieu de consommation, c'est à dire en France ou en Europe pour ce qui nous concerne. Cela permettra, en outre, de lutter contre le chômage et les déficits.
Toutefois, cela ne se fera pas par magie ou en comptant sur la bonne volonté du patronat. C'est pourquoi je propose deux pistes. La première est la mise en place de mesures protectionnistes aux frontières de l'Europe. Je pense notamment à une sorte de taxe carbone qui pénaliserait les produits les moins propres et provenant des zones les plus éloignées. Une seconde voie est de développer le patriotisme économique. Concrètement, cela revient , pour un consommateur, à privilégier les produits fabriqués localement.
L'avantage de ces mesures est qu'elles permettent d'agir positivement sur l'environnement mais également sur l'économie. Il s'agit donc là d'un coup double.

Cela étant, je sais que de telles mesures n'ont que peu de chances d'aboutir. En effet, le libre-échange est devenu la norme et y contrevenir est sanctionné pécuniairement par les instances internationales (OMC, UE ...). De plus, certains y voient là un certain repli sur soi. Néanmoins, les Etats-Unis et la Chine utilisent déjà des procédés similaires sans que personne n'ait rien à y redire. En n'agissant pas, l'Europe est la grande perdante de ce dogmatisme. D'ailleurs, cela s'est nettement vu lors du dernier G20, où l'Union Européenne a fait les frais de l'entente entre les deux pays précédemment cités.
Je crois donc qu'il est grand temps pour nos pays d'arrêter d'être rouler dans la farine et de se battre à armes égales avec les puissants de ce monde. Cela ne serait ni plus ni moins que de la légitime défense ...