jeudi 24 mai 2012

Retour sur l'actualité

Après une longue absence du fait d'obligations professionnelles, j'ai le plaisir de retrouver le chemin de ce blog pour revenir à une fréquence de publication plus régulière.
Pour ce premier article depuis plusieurs semaines, j'ai choisi de revenir sur les évènements marquants de ces derniers jours.
 
- Gouvernement Ayrault : pour le meilleur et pour le pire
C'est donc finalement Jean-Marc Ayrault, ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, qui a été nommé premier ministre. Si cette nomination ne fut pas vraiment une surprise, je crois qu'il s'agit là d'un bon choix dans la mesure où nous avons affaire à un homme d'expérience et de dialogue.
En revanche, je suis clairement plus dubitatif en ce qui concerne son gouvernement. Outre le fait que le nombre de ministres (34) est beaucoup trop important, je regrette la présence de certaines personnes. En premier lieu, j'ai du mal à comprendre la présence des écolos au gouvernement car leur score à la présidentielle est calamiteux, traduisant une perte de vitesse de la part de ce mouvement exotique. Ensuite, je trouve extrêmement risqué de nommer Christiane Taubira à la Justice. De fait, celle-ci traîne une réputation de communautariste, d'autonomiste ... qui me semble peu compatible avec cette fonction. D'ailleurs, l'UMP s'est empressée d'attaquer la ministre pour chercher à déstabiliser ce gouvernement. Malgré tout, j'ai quelques éléments de satisfaction grâce à la présence de personnalité que j'apprécie. Je pense notamment à Manuel Valls, à Arnaud Montebourg ou encore à Najat Vallaud-Belkacem.
Comme pour François Hollande, j'attends de voir ce qu'il sortira de ce gouvernement. Ce seront alors les actes qui détermineront ma position vis-à-vis de cette majorité.
 
- Condamnation d'Arnaud Montebourg : sanction ou décoration ?
Hier Arnaud Montebourg, nouveau ministre du redressement productif, a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris à un de dommages et intérêts pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance. Dans la foulée, certains membres de la vertueuse UMP (Copé, Morano, Dati ...) se sont empressés de demander sa démission en vertu du principe d'exemplarité voulu par François Hollande durant la campagne.
Une fois de plus, l'UMP n'est pas à une contradiction près. Pire, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité. De fait, il n'y a qu'à regarder la composition des gouvernements Fillon (Hortefeux, Juppé ...) pour s'en apercevoir. S'agissant de Montebourg, je ne peux que le soutenir. Malgré sa condamnation, certes légitime, je crois que celui-ci a totalement raison et que ses propos ne sont que la triste vérité. Les patrons de nous ménagement pas alors pourquoi devrions-nous prendre des gants avec eux ?
 
- UMP : la guerre des chefs a commencé
Nicolas Sarkozy ayant perdu, l'UMP se retrouve donc sans président à sa tête pour quelques mois. En perspective de l'élection d'un nouveau dirigeant, les candidats potentiels se mettent en ordre de bataille. C'est notamment le cas de Jean-François Copé et de François Fillon qui veulent tous deux briguer le poste. Poste qui est clairement une rampe de lancement pour la présidentielle de 2017. Dans quelques temps, les militants UMP devront donc élire un nouveau président pour leur mouvement. D'ici là, il est clair que nous assisterons à une bataille larvée entre les deux prétendants, chacun cherchant à prendre l'ascendant sur l'autre.
Politiquement, il s'agit là d'un jeu dangereux pour le parti. En effet, sans unité ni leader pour prendre la tête de l'opposition, il existe une possibilité de dépassement par le FN qui reste à l'affut. Il serait alors préférable que cette histoire de succession se termine au plus vite, notamment dans l'intérêt des militants qui risquent d'en perdre leur latin. Je leur souhaite d'ailleurs un bon courage car le futur de leur parti ne sera forcément rose. Entre Copé le libéral qui court après le FN et Fillon l'homme invisible qui trahit ses convictions pour un poste, le choix sera très, très compliqué.

mardi 8 mai 2012

Hollande, second président socialiste après Mitterrand

Sans grande surprise François Hollande a été élu président de la République dimanche dernier. Celui-ci a recueilli 51,63 % contre 48,37 % pour Nicolas Sarkozy. Mais plus que ces résultats qui étaient annoncés depuis longtemps déjà, ce sont deux autres chiffres qui sont plus intéressants.
Le chiffre de l'abstention tout d'abord. Avec un taux de 19,65 %, le nombre d'abstentionnistes est en recul par rapport au premier tour (20,52 %). Bien que cela soit un peu moins bien qu'en 2007, on ne peut que se féliciter de la relative faiblesse de cette abstention.
 
Plus remarquable encore est le nombre de votes nuls ou blancs. En effet, celui-ci atteint des sommets avec plus de 2 millions soit 4,66 % des inscrits et 5,80 % des votants. Clairement il s'agit là d'un record, notamment par rapport à 2007. Ayant moi-même fait ce choix, je me réjouis de ce score qui, je l'espère, amènera les autorités à réfléchir à sa reconnaissance.
Mais au delà, un tel niveau de vote blanc doit conduire nos dirigeants à s'interroger sur sa signification. Car cela signifie que les personnes ayant votées ont refusé de choisir entre les deux candidats ou, autrement dit, les ont rejeté tous les deux. Alors bien sûr, cela ne correspond "qu'à deux millions" de voix mais je suis convaincu que ce résultat serait nettement plus important en cas de reconnaissance du vote blanc. De fait, beaucoup considèrent que le vote blanc est inutile et préfèrent donc s'abstenir ou faire un choix par défaut.
 
Mais passons. C'est donc François Hollande qui a été choisi par les Français pour être le septième président de la cinquième République. Malgré les commentaires des socialistes, qui ont néanmoins fait preuve d'une certaine retenue, il apparaît que François Hollande a grandement bénéficié d'un rejet de Nicolas Sarkozy et ne suscite qu'un enthousiasme limité. Pire, certains de nos concitoyens redoutent les cinq années à venir et prédisent la faillite pour notre pays. D'ailleurs, je me suis beaucoup amusé des réactions publiées sur facebook ou twitter suite à l'annonce des résultats. Bien que nous soyons en 2012, j'ai eu l'impression de revenir en 1981 au temps où l'on nous annonçait l'invasion de chars soviétiques. Sans compter tous ceux qui ont annoncé leur volonté d'exil.
 
Bien que je ne sois pas socialiste et que je n'aie pas voté pour François Hollande, je ne peux que lui souhaiter de réussir son quinquennat. Car il en va évidemment de l'avenir de la France et des Français. J'espère sincèrement que celui-ci saura se montrer à la hauteur des défis qui l'attendent, en particulier en matière économique.
Pour autant, je saurai être critique lorsque cela sera nécessaire. Je ne manquerai pas, comme je l'ai fait avec Nicolas Sarkozy, de pointer les dérives et de saluer les progrès.
 
Si je ne donne pas blanc-seing à François Hollande, je ne le blâme pas non plus par avance, à l'inverse d'un très grand nombre de sarkozystes. Malgré des divergences de fond parfois importantes, je me dois de laisser sa chance au nouveau président. En ce sens, j'espère que nos compatriotes auront l'intelligence de lui accorder une majorité à l'Assemblée Nationale à l'occasion des prochaines législatives afin que celui-ci puisse mener à bien sa politique.
 
Comme beaucoup, échaudé par les mauvaises expériences passées, j'attends François Hollande et son futur gouvernement au tournant. Malheureusement pour lui, l'état de grâce sera de très courte durée. Espérons simplement que la probable déception ne poindra pas trop rapidement.

samedi 5 mai 2012

Entre François et Nicolas, je choisis ... Laurent

Demain, les Français seront une nouvelle fois appelés aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle.
Demain, la France se verra doté d'un nouveau président de la République.
Demain, l'avenir du pays sera entre les mains d'un nouvel homme.
Comme c'est la tradition sur ce blog, et toujours dans une volonté de transparence, je vais aujourd'hui faire part de mon choix pour ce scrutin. Fondamentalement quatre possibilités s'offrent à moi : voter Hollande, voter Sarkozy, voter blanc et m'abstenir. La décision n'est pas évidente pour moi qui aie voté Nicolas Dupont-Aignan au premier tour. Mais après réflexion, mon choix est fait.
 
Clairement l'abstention n'est pas une solution pour moi. Certes un tel comportement viendrait gonfler un taux déjà élevé et donc entacher la légitimité du président nouvellement élu. Pour autant, je suis trop attaché à notre système démocratique pour le renier aujourd'hui. En outre, je crois que ce serait un affront pour nos ancêtres qui se sont longuement battus pour obtenir ce droit mais également pour tous les peuples du monde qui n'ont pas cette chance.
Donc quoi qu'il arrive j'irai voter demain.
 
Si l'abstention n'est pas envisageable, le vote Sarkozy ne l'est pas non plus. Bien que j'ai été l'un de ses soutiens en 2007, j'en suis revenu depuis et me suis opposé à sa politique à de nombreuses reprises. Dès lors, il m'est impossible de soutenir un individu que j'ai combattu longuement sur ce blog. Comme chacune de mes prises de position, celle-ci est bien évidemment réfléchie. Il ne s'agit en aucun cas d'antisarkozysme primaire mais de divergences de fond avec le candidat, tant sur son bilan (paquet fiscal, politique européenne et étrangère ...) que sur son projet et sa campagne (rapport à l'europe, course à l'extrême-droite ...).
 
Souhaiter la défaite de Nicolas Sarkozy signifie-t-il forcément vouloir la victoire de François Hollande ? Oui et non.
Dans l'absolu je préfère effectivement un succès du socialiste même si je doute de ses capacités. Je pense d'ailleurs qu'une accession de la gauche au pouvoir permettrait de prouver aux Français que celle-ci n'est pas plus efficace ni plus capable que la droite et donc de faire émerger une alternative à l'UMPS.
Néanmoins je ne glisserai pas un bulletin Hollande dans l'urne. En effet, malgré des différences fondamentales sur la forme, je ne suis pas convaincu que la politique menée sera fondamentalement en rupture avec celle du président sortant. De plus, je n'oublie pas qu'Hollande est le fils spirituel de Jacques Delors et de Lionel Jospin, qui ne sont pas des modèles de vertu pour moi. Je n'oublie pas non plus les passages des socialistes au pouvoir, périodes durant lesquelles les Français ont été plusieurs fois trahi.
Pour toutes ces raisons, mais également pour des désaccords de fond (droit de vote des étrangers, politique européenne ...), mon choix ne se portera pas sur le candidat socialiste.

 
En toute logique, et surtout de manière cohérente avec mes convictions, je voterai donc blanc lors de ce second tour. Malgré un léger doute suite au débat de mercredi soir, je ne peux me résoudre à choisir François Hollande. Sans la "jurisprudence" de 2007 qui m'a quelque peu échaudée, ma position aurait probablement été toute autre. Mais depuis cette date, j'ai appris à me concentrer sur les actes plus que sur les mots. J'invite d'ailleurs l'ensemble de nos concitoyens à faire de même et à voter en leur âme et conscience pour ne pas regretter leur choix plus tard.

jeudi 3 mai 2012

Débat présidentiel ou affrontement de cour d'école ?

Hier soir TF1 et FR2 diffusaient le traditionnel débat d'entre deux tours de l'élection présidentielle. Comme beaucoup de nos concitoyens, j'attendais avec une certaine impatience cet affrontement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Et comme un grand nombre d'entre eux je suis resté sur ma faim.
 
Mon objectif n'est pas ici de revenir sur l'intégralité des 2h45 de débat mais plutôt de m'attarder sur quelques éléments qui m'ont semblé intéressants, tant sur la forme que le fond.
En toute logique je commencerais donc par l'introduction des deux débatteurs. Pas de surprise pour moi à ce moment là avec un François Hollande froid et distant, voire même peu naturel avec une impression de récitation d'un texte appris par cœur. A l'inverse, le discours de Nicolas Sarkozy est plus fluide, moins monocorde. Et celui-ci ne tarde pas à attaquer son adversaire.
 
Si les hostilités n'ont pas tardées à arriver, elles ne cesseront finalement pas et seront présentes tout au long de l'émission. Outre des petites piques en dessous de la ceinture (sur DSK ou Bettencourt par exemple), nous avons assisté à une véritable bataille de chiffres avec à chaque fois des versions différentes. Personnellement, je n'apprécie que peu cet exercice qui consiste à recourir à l'excès aux données chiffrées. En effet, je trouve que cela a pour effet de perdre les auditeurs dans des détails techniques souvent inutiles. Mieux vaut, à mon sens, se concentrer sur les propositions et les idées plutôt que s'affronter sur des chiffres parfois faux.
 
Par la suite, deux thèmes ont particulièrement retenu mon attention : l'économie et l'immigration.
Selon moi, les deux candidats n'ont pas été à la hauteur sur la partie économique avec des imprécisions ou des approximations (coût du travail par rapport à l'Allemagne) qui ont nui à la clarté du débat. Bien que la question de l'emploi (contrat de génération) et du pouvoir d'achat aient été abordées, à juste titre, je regrette que celles de l'euro et du protectionnisme aient été passées sous silence. Rendez-vous compte, alors même que l'europe est en crise depuis des années, le sujet de l'euro a été évacué en une phrase par Laurence Ferrari. Cela est tout bonnement irréaliste, encore que le sujet fasse consensus entre les deux hommes et qu'il valait mieux pour eux parler de leurs divergences plutôt que de leurs convergences.
 
S'agissant de l'immigration, Nicolas Sarkozy a déroulé, sans surprise aucune, ses propositions et en a profité pour draguer (très) ouvertement les électeurs frontistes. A l'inverse, mais ce n'est pas illogique du tout, François Hollande a fait preuve de fermeté et de clarté sur le sujets en levant toute ambigüité sur ses prises de positions. Bien évidemment ce thème a donné lieu à de fortes oppositions et Nicolas Sarkozy a cherché à prendre le dessus sur son adversaire et à le faire passer pour un laxiste, ce qu'il n'a pas vraiment réussi en réalité.
 
Comme je le disais au début de cet article, je trouve que ce débat a été décevant. Décevant sur le fond car les sujets à mon sens fondamentaux n'ont été que trop peu évoqués. Mais décevant également sur la forme car les deux participants n'ont pas réussi, voire même cherché, à élever le niveau du débat. Ainsi, plus qu'une opposition entre candidats à l'élection présidentielle, j'ai le sentiment d'avoir assisté à un affrontement entre gamins dans une cour d'école pour savoir qui a la plus grosse. Bref, pas du tout une prestation à la hauteur des enjeux.
 
Malgré tout et c'était là, je crois, tout l'intérêt de ce débat, François Hollande a su se débarrasser de sa réputation de "mollesse" et prouver aux Français qu'il avait les épaules pour gouverner. Pour moi c'est globalement le candidat socialiste qui sort vainqueur de cette joute verbale. Contre toute attente, celui-ci a su faire preuve de calme, de clarté et de fermeté face à un adversaire nettement plus agité. Mieux feu flamby a même réussi à plusieurs reprises à désarçonner et mettre en difficulté Nicolas Sarkozy.
 
Selon les médias, les précédents débats n'ont jamais inversé la tendance avant le second tour. Cette fois encore la tradition sera vraisemblablement respectée. En revanche, il est possible que la prestation de François Hollande vienne accroître son avance. En effet, il est probable que celui-ci ait réussi à convaincre certains indécis et surtout ceux qui doutaient de sa capacité à diriger. En ce mercredi 2 mai 2012, un président serait-il né ?

dimanche 29 avril 2012

Yann Piat ou le pire de la politique

Récemment Canal + diffusait un film réalisé par Antoine de Caunes : Yann Piat, chronique d'un assassinat.
S'agissant d'un film à forte consonance politique, j'étais assez impatient de le voir. Et je dois dire ne pas avoir été déçu. Bien au contraire. Et il est clair que la qualité des acteurs, et notamment Karin Viard, y est pour beaucoup.
 
Mais c'est surtout l'aspect politique de ce film qui m'a grandement intéressé. Avant cela, je ne connaissais pas du tout Yann Piat. Et je crois que c'est bien dommage. En effet, je pense que cette femme et son histoire devraient être plus connues du grand public et en particulier de la jeunesse qui souhaite s'engager dans la vie publique.
 
Évidemment ma seule source d'information sur Yann Piat est la fiction d'Antoine de Caunes. Or il est possible que celle-ci soit subjective et parcellaire donc mon opinion le sera peut-être également. Cette réservé étant posée, je crois malgré tout que ce film permet de se faire une bonne idée de la personnalité de Yann Piat.
 
Le moins que l'on puisse dire est que la vie de cette femme fut très, très mouvementée. Initialement membre du Front National par amitié pour Jean-Marie Le Pen, elle fut élue député du Var en 1986 puis réélue en 1988. Par la suite, elle fut exclut du FN et rejoint l'UDF avant de voir son mandat renouvelé en 1993. Tout au long de sa carrière, Yann Piat s'est battue contre la corruption et la collusion entre mafia et classe politique. Sa volonté de transparence et son entêtement à lutter pour la justice lui ont coûté cher puisque celle-ci fut assassinée le 25 février 1994.
 
Peut-être à tort, il me semble que Yann Piat fut une femme bien et digne d'admiration. En m'appuyant sur les éléments de ce film, je pourrais tout à fait prendre la députée du Var comme modèle. En effet, celle-ci possède toutes les qualités que j'apprécie chez une personnalité politique : courage, abnégation, constance ...
Ce qui m'a le plus marqué chez cette femme c'est sa fidélité à ses idées. Ainsi, celle-ci a pris ses distances avec le FN et Jean-Marie Le Pen, pourtant son parrain, lorsque la ligne du parti ne correspondait plus avec ses valeurs. De même, c'est au péril de sa vie que la député a mené son combat contre la corruption.
 
Et s'il est un autre élément récurrent du film, outre le parcours personnel de Piat, c'est bien cette collusion qui existe entre le milieu mafieux et la classe politique varoise. Si cela était vrai dans les années 1990, il faudrait être naïf pour croire que le passé est révolu. Malheureusement aujourd'hui de telles combines perdurent toujours avec la mafia mais aussi avec le monde des affaires.
 
A mon plus grand regret, les François voient la classe politique comme une caste de tricheurs corrompus qui cherchent s'en mettre plein les poches aux dépens de l'intérêt général. Évidemment cela n'est pas totalement faux et différents scandales récents sont venus entacher encore un peu plus l'image  de la politique, tant à gauche (Bouches-du-Rhône, Nord-Pas de Calais) qu'à droite (Karachi, Bettencourt).
 
Dans la lignée de la députée du Var, il me semble donc nécessaire de chercher à nettoyer les écuries d'Augias comme disait Patrick Devedjian. Clairement la tâche n'est pas aisée et le décrassage ne se fera pas un jour. Mais c'est par un travail de longue haleine que nous pourrons aboutir à assainir la politique de tous ses éléments indésirables qui s'enrichissent sur le dos du peuple.
En ce sens, il est donc dommage qu'il n'y ait pas davantage de Yann Piat. On peut alors seulement souhaiter que la jeune génération prenne exemple sur cette femme tombée pour ses idées.

mardi 24 avril 2012

Retour sur les résultats du 1er tour de la présidentielle

Après plusieurs mois de campagne, les Français se sont finalement exprimés le 22 avril. Depuis, les résultats ont été largement commentés, que ce soit par les médias ou les blogueurs. Même si cela n'est pas très original, je vais également m'atteler à la tâche, en me concentrant toutefois sur les principaux éléments.
 
En premier lieu, il me semble intéressant de se pencher sur l'abstention. Contrairement aux prévisions des instituts de sondage, celle-ci s'est révélée relativement faible (20,53 %) malgré des circonstances peu favorables comme je l'expliquais dans un précédent article. Bien que ce niveau soit encore trop important, on peut malgré tout se féliciter de la mobilisation des Français qui montrent une fois de plus leur intérêt pour la politique et surtout pour l'élection présidentielle. Néanmoins, il est probable que les prochaines échéances, et en premier lieu les législatives, ne connaîtront pas un tel succès.
 
Passons maintenant aux deux candidats sélectionnés pour le second tour. Comme annoncé depuis longtemps, François Hollande et Nicolas Sarkozy arrivent en tête et recueillent respectivement 28,63 et 27,18 %, ce qui est assez proche des sondages. Evidemment cela ne fut une surprise pour personne tant notre système dérive peu à peu vers un bipartisme malsain.
 
En revanche,  plus surprenant est le score des deux suivants, à savoir Marine Le Pen (17,90 %) et Jean-Luc Mélenchon (11,1 %). Personnellement, j'aurais clairement préféré que l'ordre ait été inversé. Et je crois que l'on ne peut que regretter l'importance du score du Front National. Certes, celui-ci n'est guère plus haut en valeur relative mais la hausse est très importante en nombre de voix. La personnalité et le discours de Marine Le Pen ont donc grandement contribué à l'élargissement de l'électorat en séduisant des personnes qui n'auraient jamais voté pour son père. Indéniablement Marine est plus dangereuse que Jean-Marie dans la mesure où elle est nettement plus maligne et stratège que son paternel. Mais ne soyons pas naïfs, si la forme change pour paraître plus respectable il n'en reste pas moins que le fond est quasi identique et que les lubies sont similaires (islam, immigration ...).
 
S'agissant de Mélenchon, je crois que c'est également sa personnalité qui explique ce score. Malgré un résultat en deçà des derniers sondages, il ne faut pas oublier que le Front de Gauche réalise une performance exceptionnelle par rapport à celui du PC en 2007. Ajoutons également qu'il est probable que Mélenchon ait souffert du vote utile en faveur de François Hollande. Il s'agit donc là d'un réel succès qui sera à confirmer dans la durée et notamment aux prochaines législatives.
 
Quelques mots enfin sur le score de Nicolas Dupont-Aignan. Pour être honnête, je m'attendais à un résultat plus important et suis donc quelque peu déçu des 1,79 %. Malgré tout, avec le recul, il apparaît que ces 644 000 voix sont de bon augure pour la suite. En effet, il faut bien admettre que NDA était un illustre inconnu pour la majorité de nos concitoyens. Cette présidentielle aura au moins eu le mérite de faire connaître notre candidat et son mouvement au plus grand nombre. Remarquons néanmoins que Dupont-Aignan arrive en tête des "petits candidats" et réalise un score assez proche de celui-ci d'Eva Joly alors que ceux-ci sont issus de formations politiques établies et nettement plus anciennes.
 
Bref, la conclusion de tout cela est qu'une fois de plus l'élection présidentielle ne permettra pas de faire émerger une alternative. Comme depuis des décennies maintenant, ce sont toujours l'UMP et le PS qui virent en tête et se succèdent au pouvoir. De plus, l'émergence de Marine Le Pen n'est pas une bonne nouvelle pour l'avenir et je regrette que nos concitoyens ne se rendent pas compte que le vote FN est un leurre.
Comme disait le Général de Gaulle, "les Français sont des veaux". Cette nouvelle élection n'a fait que le confirmer une fois de plus.

vendredi 20 avril 2012

Présidentielle : l'heure du choix est venue

A environ 48 heures des résultats du premier tour, et peu de temps avant la fin de la campagne officielle, j'ai décidé de faire un petit tour d'horizon de chaque candidat et de faire part de mon choix comme je l'avais déjà fait pour de précédentes élections.
 
- Nathalie Arthaud    
Candidate de Lutte Ouvrière (LO), Nathalie Arthaud a pris la succession de la célèbre Arlette Laguiller. Malheureusement pour elle, on ne peut pas dire qu'elle rencontre tout à fait le même succès, bien qu'elle paraisse sincère et convaincue. Malgré tout, il faut bien reconnaître que celle-ci souffre cruellement de la concurrence de Mélenchon. Cela la condamnera alors sûrement à faire un score moindre, aux alentours de 1 %. Mais cela n'est en rien préjudiciable pour la candidate qui ne veut pas le pouvoir et se sert de la présidentielle comme d'une tribune.
Cela étant, je ne partage pas les idées de LO qui sont, à mon sens, complètement déconnectées des réalités et inapplicables. Plus que la proposition, la candidate se complait dans l'incantation et la contestation.
    
- François Bayrou
Après 2002 et 2007, Bayrou se présente une nouvelle fois en 2012. Or contrairement à la dernière fois, celui-ci ne sera probablement pas le troisième homme car il ne pourra pas bénéficier, cette fois-ci, du rejet des candidats de l'UMP et du PS. Comme en 2007 pourtant, le candidat centriste a du mal à réellement exister par lui-même. De fait, celui-ci ne parvient pas à fédérer autour de sa personne et est contraint de toujours se positionner par rapport aux autres.
Sur le fond, il serait faux de dire que je suis en total désaccord avec François Bayrou. De fait, je trouve que certaines de ses propositions, sur l'école par exemple, sont intéressantes. En revanche, son credo libéral et européiste ne me convient en aucun cas car Bayrou a des positions à l'opposé des miennes sur le sujet dans la mesure où il nous promet rigueur et austérité avec toujours plus d'intégration européenne.
 
- Jacques Cheminade
Bien que Cheminade ait obtenu comme les autres ses 500 signatures, je considère que celui-ci n'a pas sa place dans cette élection. Tout d'abord, j'ai du mal à accepter qu'un individu fasse surface tous les cinq ans à l'occasion des présidentielles et disparaisse de la circulation entre temps. Pour moi, la politique n'est pas un jeu et je crois que la légitimité est quelque chose d'important dans la vie. Ensuite, je ne trouve pas normal que celui-ci puisse se présenter alors même qu'il n'a pas totalement remboursé sa dette à l'Etat suite à l'invalidation de ses comptes de campagne en 1995. Enfin, je trouve très contestable d'accorder tant d'attention (et de fonds publics) à une personne qui soutient Lyndon Larouche (personnalité américaine notamment connue pour ses positions antisémites) et dont le parti est accusé de dérives sectaires.
Par ailleurs, comme voter pour un type qui a pour programme de coloniser Mars et la lune alors même que notre pays connaît des problèmes bien plus fondamentaux ?
 
- Nicolas Dupont-Aignan
Si l'on peut douter de la légitimité de Cheminade, cela n'est guère possible s'agissant de Dupont-Aignan. Bien qu'il soit considéré comme un petit candidat, il n'en reste pas moins que celui-ci possède déjà une grande expérience de la "chose publique" au travers de ses mandats (maire le mieux élu de France, député depuis 15 ans ...). De plus, sa formation politique (Debout la République) s'est, à plusieurs reprises, présentée devant les Français en réalisant des scores honorables pour un jeune parti.
Concernant le programme, il ne sera une surprise pour personne si j'avoue y trouver de grands points de convergence avec mes convictions.
 
- François Hollande
Probablement le prochain président de la République si l'on en croit les sondages. Dans l'absolu je le préfèrerais à Nicolas Sarkozy. Même si je pense qu'il y aura un changement sur la forme avec un retour à une certaine hauteur et dignité liée à la fonction, je ne suis pas convaincu qu'Hollande fera mieux que son prédécesseur. En effet, l'action du nouveau président sera très certainement faiblarde. Et cela ne sera pas simplement dû à son caractère   ou son programme plutôt frileux. Mais bien au fait que le PS ne remet pas en question le carcan dans lequel notre pays évolue et continue donc à accepter d'être pieds et poing liés face aux marchés financiers ou à l'Union Européenne.
 
- Eva Joly
Que retiendra-t-on de la campagne de l'ancienne juge d'instruction ? La couleur de ses lunettes ? Sa chute dans l'escalier ? Difficile à dire tant celle-ci a été inaudible, notamment en raison de la personnalité même de la candidate. Certains disent qu'il s'agit d'une erreur de casting. Je suis plutôt d'accord avec cela. Je ne discute en aucun cas les qualités et compétences d'Eva Joly mais il est clair qu'elle ne possède pas le profil adapté pour une élection présidentielle. Il n'y a qu'à regarder ses interventions télévisées ou ses meetings pour s'en rendre compte. Sans parler du fait que ses "amis" ne la soutiennent que du bout des lèvres quand ils ne lui mettent pas carrément des bâtons dans les roues.
En termes de propositions, je considère que l'écologie ne constitue pas un programme en soi et que la question de l'environnement n'est pas le seul et unique problème auquel est confronté la France. Par ailleurs, je suis clairement opposé aux positions fédéralistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en matière européenne.
 
- Marine Le Pen
Second tour ou pas second tour ? Telle a été la question durant plusieurs semaines. Mais depuis l'enthousiasme autour du "phénomène Marine" semble être retombé. Certains expliquent que je dis la même chose que Marine Le Pen. Je dirais plutôt que c'est elle qui dit la même chose que moi. Car il ne faut pas oublier que la conversion étatiste et interventionniste du Front National est très récente puisqu'en 2007 le programme du FN était clairement libéral.
S'il existe effectivement des points de convergence entre mes convictions et les positions affichées du FN, je ne voterai toutefois pas pour ce parti. D'une part, je pense que la personnalité de Marine n'est pas représentative du parti. Or celle-ci ne gouvernera pas seule et beaucoup de cadres et militants du FN sont encore peu recommandables. D'autre part, je ne crois pas que la volonté de dédiabolisation soit tout à fait réelle. Pour preuve, son électorat est peu sensible à son discours économique ce qu'il l'a obligé à revenir aux fondamentaux (immigration, insécurité ...).
Ajoutons à cela des mesures que je refuse (déremboursement de l'IVG, préférence nationale ...) et des déclarations que je condamne (Jean-Marie Le Pen comparant le meeting de la concorde à Nuremberg ou la phrase "vous êtes chez vous et vous le droit de ne pas vouloir des franco-algériens comme Mohamed Merah" de sa fille au zénith de Paris) font que je suis convaincu que le Front National n'a pas changé et reste un parti infréquentable.
 
- Jean-Luc Mélenchon    
Le candidat du Front de Gauche est indéniablement un orateur hors pair et cela fait du bien dans cette campagne austère. Mais les qualités de tribun de Mélenchon ne suffisent pas à me convaincre de voter pour lui. Il est vrai que j'adhère à certaines de ses propositions et que j'apprécie sa ferveur et son enthousiasme. Malgré tout, des points de désaccord persistent. Points qui font notamment que je ne peux pas me dire de gauche et me considère donc comme de droite. Je pense notamment à trois éléments en particulier. Le premier est relatif à l'immigration. Bien que je croie, à la différence du FN, que l'immigration n'est pas la cause de tous nos problèmes, je pense qu'il est nécessaire de chercher à limiter les flux migratoires. Pas par rejet de l'autre mais simplement pour des raisons économiques et sociales. Le second point concerne son internationalisme patent. Personnellement, je suis attaché à la nation et à la souveraineté nationale. Or cela s'oppose clairement à la conception du monde qu'a l'extrême gauche et de sa notion de citoyen du monde qui induit condamnation des frontières et bannissement de tout sentiment patriote. Enfin, le dernier élément a trait au sectarisme propre à la gôche qui conduit à honnir celui qui vient d'autres horizons et à préférer le mariage de la carpe et du lapin avec le PS plutôt que le rassemblement sur des considérations programmatiques.
                                                                  
- Philippe Poutou
Le désistement d'Olivier Besancenot au profit (aux dépens ?) de Philippe Poutou est pour moi une énorme erreur qui signe, à terme, la mort du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Cela a d'ailleurs commencé avec un appel d'une partie de la direction à voter Mélenchon.
Outre le fait que, pour moi, cette candidature soit redondante avec celle de Nathalie Arthaud et dans une moindre mesure avec celle de Mélenchon, il apparaît que le choix de Philippe Poutou n'est pas forcément le meilleur. Le problème n'est pas tant que celui-ci ne soit pas un candidat chevronné et expérimenté mais plutôt qu'il laisse clairement transparaître son dépit. Celui-ci donne alors un sentiment de nonchalance extrême à la limite du manque de respect pour les électeurs. Car au-delà de l'effet désastreux pour son parti, un tel comportement dégrade un peu plus l'image de la politique.
 
- Nicolas Sarkozy
Que dire sur Nicolas Sarkozy qui n'ait pas encore été dit ? Pas grand-chose en vérité.
Pour être honnête, et bien que je n'ai pas voté pour lui étant mineur à l'époque, je dois reconnaître avoir été un fervent sarkozyste en 2007. J'avoue avoir été séduit par ses promesses et l'avoir défendu durant la campagne. Evidemment j'en suis revenu depuis et je regrette de m'être laissé berner. Mais aujourd'hui j'ai appris à me méfier des paroles et à me concentrer davantage sur les actes qui sont bien plus révélateurs. Voila au moins un point positif de l'élection de Nicolas Sarkozy. Disons le également, j'ai du mal à comprendre comment les gens peuvent encore croire ce que dit le président sortant. Comment espérer que celui-ci fera après 2012 ce qu'il n'a pas fait en cinq ans ?
 
 Au vu de tous ces éléments, le choix n'est pas forcément aisé. Et la qualité médiocre de la campagne n'a clairement pas facilité la prise de décision. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il y aurait, selon les sondages, environ 35 % d'indécis.
Malgré tout, je ne crois pas qu'il soit si compliqué de choisir. A défaut de réel engouement pour un candidat en particulier, la sélection par élimination me paraît être la moins mauvaise solution.
Si j'appliquais cette méthode à mon propre cas, trois candidats resteraient en lice : Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, je n'ai pas ce problème là puisque ma décision est prise depuis très longtemps maintenant.
Pour le premier tour de l'élection présidentielle 2012, mon vote sera donc un vote d'adhésion et de conviction. Sans surprise, et en cohérence avec mes prises positions sur ce blog, je glisserai dans l'urne un bulletin Nicolas Dupont-Aignan le 22 avril prochain.
Mais quel que soit votre choix, je vous en conjure, allez voter. Car il s'agit là d'une décision trop importante pour laisser les autres décider à votre place !