jeudi 8 septembre 2011

Règle d'or ou règle de plomb ?

En ce moment, il est une expression que l'on retrouve dans toutes les bouches. Je parle bien évidemment de cette fameuse "règle d'or". Initiée par Nicolas Sarkozy, il n'est pas étonnant que la droite prêche pour son adoption. A l'inverse, cela est plus problématique à gauche, et notamment au sein du PS.
Alors bien sûr l'ensemble des candidats à la primaire socialiste se sont élevés contre cette règle et ont appelé à s'y opposer au Parlement. En revanche, il faut noter que François Hollande et Ségolène Royal se sont prononcés pour le principe d'une telle règle mais seulement après 2012. De là à les considérer comme des girouettes et de faire de l'antisarkozysme primaire ...
 
Mais passons sur cette politique politicienne pour nous intéresser davantage au fond du problème. Pour rappel, cette "règle d'or" consiste à inscrire dans la Constitution le fait que chaque gouvernement devra contribuer à un assainissement budgétaire. En clair, l'objectif est de contraindre de manière constitutionnelle nos gouvernants à réduire notre déficit et notre dette donc à présenter des budgets en équilibre.
 
A première vue, l'adoption d'un tel principe semble être une bonne chose. Ce n'est pas faux. En effet, qui, aujourd'hui, s'opposerait à réduire notre endettement ? Pour autant, cela serait bien évidemment trop simple et il faut prendre conscience de l'étendue des conséquences de cette règle. Et c'est là que le bât blesse.
 
Comme vous l'aurez sûrement compris, je suis favorable à une meilleure gestion de finances publiques mais je suis clairement opposé à cette règle qui, je le crois, se révélera contre-productive. Et cela d'autant plus que je ne pense pas que cela aura un réel effet puisque d'autres solutions sont envisageables.
 
Tous ceux qui ont un minimum de formation en droit savent que la Constitution est la source de droit la plus élevée en France. Je laisse volontairement de côté la législation européenne qui me paraît illégitime. Ce texte a pour objectif de fixer le fonctionnement et l'organisation de notre Etat. En somme, notre Constitution contient d'une part l'ensemble des règles qui organisent les pouvoirs publics et leurs rapports entre eux (gouvernement, Parlement, président ...) et d'autre part les libertés publiques (ou libertés fondamentales) qui sont accordées à toute personne résidant sur le territoire ou ressortissante de l'État concerné. (Source : wikipedia.fr)
 
Tout ce baratin juridique pour dire que la Constitution n'a pas pour vocation de contenir une règle de politique budgétaire. Je dirais même que ce texte ne doit pas définir la politique à mener. Une modification de son contenu comme souhaité par Nicolas Sarkozy reviendrait donc à aller à l'encontre de l'esprit du droit.
 
Parallèlement à ce point assez technique, il est un argument qui me semble nettement plus important. Contraindre un gouvernement à l'équilibre budgétaire consiste en fait à lui ôter toute latitude, toute marge de manoeuvre pour diriger le pays à son aise. Mais aussi, et c'est peut-être le plus grave, à faire face à des évènements imprévus.
 
Prenons comme exemple la crise économique et financière de ces dernières années dans l'hypothèse où cette règle d'or serait en vigueur. Notre cher président aurait alors été confronté à un choix cornélien : soit respecter à la lettre la Constitution et donc laisser le pays sombrer, soit faire fi de ladite règle et mettre en oeuvre les mesures adéquates tout en creusant la dette.
 
Il est bien évident que la seconde solution serait privilégiée, quitte à aller à l'encontre de notre loi fondamentale. D'ailleurs, cela a bien été le cas pour le pacte de stabilité et ces fameux critères de Maastricht. Bref, on veut nous faire adopter une ligne de conduite que l'on s'empressera de violer à la première occasion.
 
Pour pallier cet inconvénient, certains proposent  d'assortir la règle de conditions. Pour faire simple, on réduit l'endettement quand tout va bien et on fait comme on peut en temps de crise. Dans ce cas, pourquoi vouloir inscrire cela dans la Constitution, au prix d'un cheminement long, coûteux et incertain, alors même que c'est la démarche entreprise ces dernières décennies.
 
Au final, la "règle d'or" voulue par notre président et son gouvernement se révèle être une règle de plomb qui nous pénalisera davantage puisque le remède sera pire que le mal.
Malgré tout, cela ne signifie pas que l'on doive faire preuve de laxisme budgétaire, bien au contraire. La lutte contre la dette doit être menée de front mais de manière juste et efficace, pas comme le font les gouvernements en place que ce soit en France ou à l'étranger (Grèce, Espagne ...).
 
On pourrait donc, finalement, s'interroger sur le réel objectif de Nicolas Sarkozy avec ce nouveau chiffon.
Ne pourrait-on pas imaginer qu'il s'agit d'un énième coup de communication ?
Serait-il impossible que cette règle soit agitée à destination des marchés financiers et des agences de notation pour préserver le triple A ?
Oserait-on penser qu'il s'agit ni plus ni moins que d'une manière de "jouer au président responsable face aux laxistes socialistes" en période pré-électorale ?
Franchement, il faudrait être bien impudent pour songer à cela. D'autant plus que ce n'est pas du tout le genre de notre président ...

dimanche 4 septembre 2011

Retour sur l'actualité

Après quelques semaines d'absence, me voila de retour pour de nouvelles aventures. Dans cet article, je reviendrais sur certains faits marquants de l'actualité qui m'ont interpellé.
 
- Plan de "rigueur" : Fillon se moque du monde
Comme de nombreux pays européens, la France n'est pas épargnée par ces fameux plans de rigueur. Ainsi, François Fillon a récemment décliné l'ensemble des mesures visant à économiser 11 milliards d'euros.  
Disons le tout de suite, ce plan n'est pas à la hauteur et n'est pas adapté à la situation. De fait, son montant est d'une faiblesse effarante alors que l'on nous rebat les oreilles avec le soi-disant problème de la dette. Pour information, la baisse de TVA dans la restauration coûte près de 3 milliards par an et l'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires environ 4,5 milliards.
Pire, les mesures proposées sont injustes et petit-bras ! Une fois de plus ce sont les classes moyennes qui payent pour les autres. Par ailleurs, il faut noter que c'est aujourd'hui au contribuable français de payer l'addition de la crise alors même que les principaux responsables en sont dispensés. En outre, il ne faut pas oublier que le "plan de sauvetage des banques" a considérablement accru notre déficit et notre dette.
Une fois n'est pas coutume, notre gouvernement parle beaucoup mais agit peu. Ce dernier fait mine de se creuser la tête pour trouver 11 milliards alors que des marges de manoeuvre plus importantes pourraient et devraient être dégagées. Il suffirait simplement de vraiment le vouloir et de laisser toute considération dogmatique au placard. Pour preuve, la suppression des deux mesures citées plus haut (TVA à 5,5 % et exonération de cotisations) rapporterait déjà plus de la moitié du plan Fillon. Ajoutons à cela un grand coup de balai dans les niches fiscales et sociales (plusieurs dizaines de milliards par an) ainsi qu'une augmentation d'impôts pour certains et le tour serait joué.
Je ne parle même pas des mesures structurelles qui me semblent indispensables (TVA sociale, protectionnisme, réforme de la fiscalité, financement par la banque de France ...) et qui permettraient de se défaire de manière pérenne de nos soucis de dette.
 
- Taxons les riches, ce sont eux qui le demandent
Après Warren Buffet et ses acolytes, voilà maintenant que 16 contribuables français parmi les plus riches ont signé une tribune demandant à payer une contribution exceptionnelle raisonnable.
A priori, il s'agit là d'une avancée majeure qui témoigne d'une prise de conscience de la part de nos élites. A priori seulement car, avec le recul, il s'avère que ce texte relève davantage de la communication et du coup de pub que d'une conversion à l'équité et la justice sociale. Je m'explique.
Tout d'abord, seuls 16 personnes ont signé cet appel alors même que les ultra-riches sont bien plus nombreux dans notre pays. Ensuite, ces derniers souhaitent une contribution exceptionnelle qui sera alors temporaire et donc appelée à disparaître rapidement. Enfin, celle-ci doit être raisonnable ou autrement dit faible.
En somme, ces bonnes âmes nous disent qu'ils sont prêts à verser une petite obole en temps de crise après s'être largement gavés et avoir amplement bénéficié de cadeaux fiscaux. Comme disait Jean-Luc Mélenchon, nous ne demandons pas l'aumône au CAC 40 !
Clairement les inégalités se sont accrues dans notre pays depuis quelques années. La faute à la crise bien évidemment mais pas seulement. N'oublions pas que les "gros de notre pays" tant particuliers qu'entreprises ont profité de largesses fiscales de la part de nos dirigeants (bouclier fiscal, niches fiscales ...).
Il me semble que ce temps est révolu. Aussi, il me semble normal que ces individus, qui ont bénéficié des services de l'Etat (éducation, infrastructures ...), passent à la caisse comme le font le reste des contribuables français. Et cela doit être fait de manière pérenne. Pour cela, la meilleure solution est de réviser l'ensemble des niches fiscales et sociales mais également de rétablir la progressivité de l'impôt sur le revenu et de taxer davantage le capital.
Seul une réforme juste et audacieuse de notre système fiscal permettra de retrouver une certaine égalité devant l'impôt et de restaurer une certaine justice sociale.
 
 
- Prime de rentrée des classes : stop à l'hypocrisie
 Comme chaque année, à la période de la rentrée des classes, les associations des parents d'élèves et des familles viennent pleureur au journal de 20 heures pour nous expliquer que le coût de la rentrée augmente et que la prime gouvernementale n'est pas adaptée ni assez élevée.

Clairement je m'inscris en faux contre ces allégations. Je peux admettre que la ventilation entre catégories d'âge n'est pas optimale (284,97 € de 6 à 10 ans; 300, de 300,66 €  de 11 à 14 ans et de 311,11 € de 15 à 18 ans) mais la mise en cause des montants alloués ne me semble pas pertinente. Il est vrai que le coût des fournitures scolaires est amené à évoluer d'année en année. C'est un fait. Pour autant, le montant de l'allocation est également réévalué périodiquement.
A mon sens, le principal problème de vient pas tant du coût des produits mais plutôt de la tendance de consommation excessive des foyers. Concrètement, est-il réellement nécessaire d'acheter un nouveau cartable à chaque rentrée ? Doit-on forcément avoir les derniers produits à la mode ? La réponse est bien évidemment non.
En fait, je crois que cela pose la question de la place de l'enfant au sein de la famille et de son pouvoir d'influence lors de la prise de décision. Ainsi, le règne de l'enfant-roi est loin d'être fini.
Pour résumer, il faut arrêter de critiquer le montant des aides gouvernementales. A l'inverse, il serait intéressant de remettre en question nos modes de consommation et d'inculquer à nos enfants la valeur de l'argent.

samedi 6 août 2011

Blog en vacances

Comme chaque année, votre serviteur prend quelques jours de vacances. Aussi, le flux d'articles sera temporairement interrompu le temps de me ressourcer.
Je vous souhaite donc de bonnes vacances et espère vous retrouver en pleine forme très bientôt !

jeudi 4 août 2011

Le fédéralisme n'est pas la solution miracle à la crise

Dans la lignée de mon précédent article, voici une tribune d'Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, publiée dans le Monde du 2 août.
Comme moi, celui-ci doute de la pertinence de toujours plus de fédéralisme et n'est pas convaincu que la perte de souveraineté des nations soit une bonne chose.
Voici son point de vue :
 
Les sempiternelles lamentations sur les "égoïsmes nationaux" et les appels, pendant les semaines qui ont précédé l'accord de Bruxelles du 21 juillet - le meilleur possible -, à plus de fédéralisme, présenté comme la panacée, comme à de nouveaux transferts de souveraineté sont paradoxaux. 
 
A-t-on déjà oublié que l'aggravation dramatique de la dette publique européenne ne résulte pas seulement de la gestion irresponsable de l'Etat-providence et des décennies de budgets en déficit, mais aussi de l'effet sur le système financier européen de l'implosion de la finance américaine, devenue un "danger public", selon le banquier et ancien ambassadeur de Bill Clinton à Paris, Felix Rohatyn ? Et celle-ci n'a-t-elle pas été provoquée par la dérégulation, c'est-à-dire... les abandons massifs de souveraineté effectués pendant plus de vingt ans par plusieurs administrations américaines au profit des marchés ? Que faut-il abandonner ou transférer en plus ?


Il faudrait être plus "fédéraliste" parce que les marchés l'exigent (sans distinguer entre les opérateurs sincèrement inquiets des capacités des Etats emprunteurs à rembourser, les purs spéculateurs et ceux qui s'acharnent à fragiliser l'euro) ? Et être tétanisés par trois agences de notation, au pouvoir extravagant, qui sous-cotent aujourd'hui pour faire oublier qu'elles ont surcoté, par connivence aveugle, jusqu'en 2007 ?


Le "fédéralisme" est présenté comme allant seul dans le sens de l'histoire. Mais qu'entend-t-on par là ? Ce mot-valise, au sens des linguistes, peut vouloir dire la plus décourageante des choses (nous sommes trop petits, dépassés, fatigués, nous devons nous en remettre à l'Europe) ou la plus mobilisatrice (l'union fait la force, soyons plus solidaires).
 
Si fédéralisme veut dire subsidiarité claire, pas de problème. Si c'est une harmonisation réelle entre Etats membres de la zone euro dont il s'agit, très bien, c'était déjà dans Maastricht. Faisons-le, enfin.


Si cela signifie plus de solidarité entre Européens, fort bien. Mais Mme Merkel, premier contributeur potentiel (coût pour la France de l'accord de Bruxelles, 15 milliards), était fondée à exiger que celle-ci ne soit ni illimitée ni automatique. A-t-elle exigé les bonnes contreparties ? C'est autre chose. On peut débattre. En tout cas, il était normal que les institutions financières qui ont pris des risques qui font partie de leur métier "portent leur part de fardeau" (Jacques Delors), quoi qu'en pense la Banque centrale européenne (BCE). Fardeau d'ailleurs bien léger.


Mais si cela veut dire transfert supplémentaire de souveraineté, en quoi serait-ce automatiquement un progrès ? Après tant d'abandons, si peu convaincants, ou de transferts à des organes incontrôlés ? Certes, il faudrait "un chef des forces économiques de la zone euro" (Jean-Hervé Lorenzi, Christian de Boissieu), mandaté par le Conseil, pour réagir aux attaques. Mais les nouveaux fédéralistes proposent plus : qu'un "ministre des finances", ou de "l'économie", puisse arbitrer le cas échéant contre un gouvernement ou un Parlement national. Franchir ce pas, ce serait ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire européenne, celui de l'Europe post-démocratique, tentation perceptible dans les milieux économiques, européistes, technocratiques ou médiatiques.


Croit-on qu'un tel "ministre" aurait plus de poids qu'un courageux Papandréou pour faire accepter par son peuple les douloureuses mais inévitables mesures d'assainissement ? Quel gouvernement européen lui transmettrait ses pouvoirs, alors même que le consentement à l'impôt est à l'origine même du processus démocratique ?


L'ACCORD DU 21 JUILLET


Ne faut-il pas, au contraire, combler le fossé déjà béant élites-populations, en re-responsabilisant les gouvernements nationaux, au lieu de l'approfondir avec une désinvolture périlleuse envers la démocratie ? De surcroît, ceux qui exigent ce saut dans l'inconnu ne contestent pas l'imposition à toute la zone euro (devenue un espace disciplinaire de surveillance et de sanctions), l'unidimensionnelle politique de rigueur à l'allemande, là où il faudrait une policy mix (c'est-à-dire l'alliage des politiques budgétaire et monétaire) d'assainissement et de croissance.


De toute façon, même si c'était une bonne idée, une révision majeure du traité de Lisbonne, avec des années de controverses, est hors de portée. Quel gouvernement voudra relancer l'Union dans un tel parcours du combattant, sous l'épée de Damoclès des ratifications ? De toute façon, l'Allemagne, qui conteste (via la Cour de Karlsruhe) la légitimité démocratique des institutions européennes, n'en voudra pas.


Alors pourquoi relancer cette controverse, et perdre temps et énergie ? Il faut absolument réunifier les solutions économiques et politiques des crises européennes, ainsi que le court et le long terme.


Appliquons d'abord au mieux et au plus vite l'accord du 21 juillet ; mettons en oeuvre les mesures concrètes proposées pour le rachat des dettes souveraines les plus décotées ; creusons l'idée des euro-obligations (contre les spéculateurs, mais aussi pour des projets), et même celle de l'intervention de l'Union européenne en tant que telle sur le marché des CDS (Credit Default Swaps, l'instrument des spéculateurs) ; délégitimons les notations d'agences sur les dettes souveraines des pays aidés et mettons ces agences sous la pression de la concurrence ; accélérons la mise en place des textes de "responsabilisation" des banques dans la zone euro ; adoptons une taxe (modeste) sur les transactions financières ; obligeons l'Allemagne à un débat sur la politique économique de croissance saine dans la zone euro, et l'élargissement du mandat de la BCE.


Mettons en oeuvre, avec tout son potentiel, le "semestre européen" d'évaluation des projets de budget, sans que la Commission seule ait le dernier mot. Sans oublier que ce sont des moyens et non des fins.


Quand viendra, à l'automne, le moment de clarifier "qui" décide dans la zone euro, c'est-à-dire en quoi consiste le gouvernement économique souhaité par la France depuis l'origine, ne rompons pas le fil ténu qui subsiste entre "l'Europe" et la légitimité démocratique.


Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères

vendredi 29 juillet 2011

Ils n'ont décidément rien compris !

Dans une interview donnée au Journal du Dimanche (JDD) du 24 juillet dernier, Manuel Valls, maire d'Evry et candidat à la primaire socialiste, tenait les propos suivants :
"Je déplore que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel aient mis deux ans avant de réaliser que la monnaie unique impose une solidarité financière. Il faudra aller plus loin : créer une capacité d'emprunt européenne, […] établir un gouvernement économique, avec un ministre européen de l'Economie et un ministre commun à la France et à l'Allemagne pour les Finances."
 
C'est dans ces moments là que je me dis que le parti socialiste n'a rien compris. En effet, ses dirigeants proposent depuis des années maintenant les mêmes solutions, sans tenir compte de l'évolution de la situation et notamment des dernières crises que nous avons connus. Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Manuel Valls et même Arnaud Montebourg, dans une moindre mesure, proposent tous d'aller plus loin dans l'intégration européenne.
 
Malgré un échec patent des responsables européens, les dirigeants du PS comme de l'UMP veulent toujours plus d'Europe. Comme si les faiblesses de l'Union Européenne provenaient non pas de vices dans son fonctionnement et son organisation mais plutôt d'un manque d'intégration.
Je croyais pourtant que le Non aux référendums de 2005, la crise de 2007 et la révolte des peuples allaient mettre un coup d'arrêt définitif à ces fédéralistes qui prônent les Etats-Unis d'Europe. Et bien non, au contraire, ces derniers profitent des troubles autour de l'euro et des dettes souveraines pour nous seriner une fois de plus avec leur dogme européiste.
 
On voit bien actuellement que les solutions avancées par ces terroristes de la pensée ne fonctionnent pas. Pire, elles contribuent à aggraver la situation et ne font qu'empirer les choses. Le cas  de la Grèce en est, une nouvelle fois, la parfaite illustration. De fait, on remarque que, malgré la succession de soi-disant plans de sauvetage, rien ne s'arrange pour le peuple grec.
 
Mais attardons quelques instants sur ce terme de "plan de sauvetage". On entend partout que l'UE et le FMI se démènent pour "sauver" la Grèce. Cela n'est que mensonge ! En effet, les fonds mobilisés ne sont évidemment pas destinés à la population mais bien aux institutions financières qui sont finalement les grands gagnants dans cette histoire. D'ailleurs, chaque nouveau plan s'accompagne de nouvelles mesures d'austérité toujours plus drastiques.
 
Et c'est bien là tout le problème. La situation est complètement ubuesque mais cela ne semble déranger personne. Je m'explique. Durant la crise, les Etats ont mobilisé des milliards d'euros pour renflouer les banques, les sauvant ainsi de la faillite. Pour ce faire, les gouvernements se sont alors endettés de manière massive. Or aujourd'hui, ces mêmes banques reprochent leur taux d'endettement aux Etats et ne leur prêtent qu'à des taux faramineux. Ajoutons que le cas des agences de notation n'est guère mieux.
 
Clairement nos politiques, quel que soit leur courant de pensée, posent le bon constat. Malheureusement pour nous, ces derniers avancent des remèdes pires que le mal. Il n'est pas alors question de plus ou moins d'Europe mais plutôt de quelle Europe et surtout pour faire quoi.
 
Une fois de plus nous en revenons, et c'est normal tant cela constitue la base de tout, à la question de la souveraineté. Ce sujet est devenu prépondérant et sera probablement un thème central de l'élection présidentielle de 2012.
Durant des années, voire même des décennies, notre pays s'est vu retiré peu à peu son pouvoir de décision, le déléguant à des instances supranationales telles que l'UE, le FMI ou l'OMC. Aujourd'hui, on voit bien que ces organisations ont échoué, donnant à la sphère économique et financière une énorme influence dans un monde de libre-échange généralisé.
 
Je crois que la souveraineté populaire est un élément essentiel de la démocratie. L'un ne peut exister sans l'autre. Or depuis un certain temps déjà nous élisons des personnes qui n'ont pas les moyens de gouverner. Pire, ce sont nos propres gouvernants qui, par idéologie, ont sciemment renoncé à leurs prérogatives. En fait, le président de la République française est devenu un "simple responsable de montée parmi d'autres au sein d'un gigantesque syndic qu'est l'Union Européenne".
 
Les propositions de Manuel Valls représentent donc un nouveau moyen de priver un peu plus notre pays de sa souveraineté. Je ne crois pas que ce soit cela que veulent nos concitoyens. Au contraire, il me semble que ces derniers veulent que la France redevienne une nation influente qui a son destin entre ses mains.
 
Avec de tels desseins pour notre pays, il ne faut pas s'étonner que le peuple se détourne des partis dits de gouvernement et se laisse séduire par le discours vindicatif et conquérant de Marine Le Pen.

dimanche 24 juillet 2011

Car il faut bien commencer un jour … ma première campagne

Il est une anecdote que j'aime beaucoup raconter. Il s'agit bien évidemment d'une expérience personnelle, avec le côté subjectif qui va avec, mais je crois que celle-ci est particulièrement révélatrice de mon caractère et de ma personnalité.
 
Si j'ai choisi de partager avec vous cette petite partie de ma vie c'est que cet évènement me semble être une étape importante dans mon cheminement politique. A vrai dire, il s'agit même là de ma première réelle, et somme toute modeste, expérience politique.
D'ailleurs, je ferai par la suite quelques parallèles et comparaisons que certains pourront trouver plutôt capillotractés.
 
Tout a commencé à mon entrée en classe de sixième. Je décidais alors de me présenter à l'élection de délégués de classe. Malheureusement pour moi (ou peut-être par chance avec le recul), je fus battu et la victoire revint à deux filles : A. C. et F. S.
Comme vous pouvez l'imaginer, la défaite fut amère tant je n'aime pas perdre. Et celle-ci était d'autant plus difficile à digérer que j'avais perdu contre des filles. Le temps ayant fait son œuvre, je n'arrive plus à me souvenir des raisons de cet échec. Toutefois, il est certain que personne n'avait mené campagne et que le scrutin s'était joué sur des critères purement subjectifs. A notre décharge, nous n'avions, à l'époque, qu'une dizaine d'années et faisions nos premiers pas dans un nouvel établissement.
 
L'année suivante, et malgré un premier échec, je fis le choix de me représenter à nouveau pour devenir délégué. Mais entre temps j'avais appris de mes erreurs et comptais bien ne pas perdre une nouvelle fois. Dans cet objectif, je choisis de faire une vraie campagne électorale pour maximiser mes chances de victoire, ou tout du moins de ne pas avoir de regrets.
 
Mais avant d'aller plus loin, il faut que je vous replace dans le contexte. Dans notre collège, nous avions une mallette qui contenait une feuille d'appel et un cahier de textes où les professeurs inscrivaient le travail effectué en classe et les devoirs à faire pour le prochain cours. Chaque semaine, et à tour de rôle, un élève était responsable de ladite mallette et devait alors la transportait de salle en salle afin de la présenter à chaque cours. Cet objet, plus embarrassant qu'utile et devenu obsolète à l'heure du numérique, était en réalité un véritable fardeau dans la mesure où il n'est pas rare de voir courir son propriétaire hebdomadaire dans tous les sens pour remettre la main dessus.
 
Partant de ce constat et ayant en tête, à tort ou à raison, l'image de Jacques Chirac promettant des baisses d'impôts, je faisais alors à mes camarades une proposition en or : si j'étais élu, je m'engageais à porter cette fameuse mallette durant l'année entière. Comme dirait Ségolène Royal, il s'agissait d'un accord gagnant-gagnant puisque de mon côté j'obtenais le rôle de délégué et que du leur ils étaient débarrassés de cette corvée.
 
Le pari était certes osé mais j'estimais que le jeu en valait la chandelle. Bien évidemment, cette proposition, de par son originalité et sa côté novateur, en surpris plus d'un, élèves comme professeurs. Néanmoins, cette petite bombe eut l'effet escompté et je fus élu avec un score digne de l'URSS. Je tiens toutefois à préciser que je respectais bien évidemment mon engagement, contrairement à certains politiques qui promettent monts et merveilles sans pouvoir s'y tenir.
 
Après un premier échec, j'avais finalement réussi à être élu. Malgré tout, ma joie ne fut que de courte durée puisqu'une véritable cabale fut menée à mon égard. Bon, il ne faut pas oublier que nous nous trouvons toujours dans le cadre d'une élection de délégués dans un collège. Pour autant, une candidate défaite, A. G., qui manifestement ne supportait pas sa déroute, chercha à faire annuler mon élection et à me discréditer auprès de mes camarades. Ainsi, celle-ci m'accusa, je cite, "d'achetage de voix". Pour moi, le fond de ces propos était aussi faux que leur forme. D'ailleurs, je fus conforté dans ma position par mes professeurs qui lui adressèrent une fin de non recevoir, renforçant par la même ma légitimité. 
 
Les deux années suivantes, en quatrième et troisième, ma réélection se passa sans anicroche. Si j'osais, je parlerais de plébiscite tant la victoire fut large et sans appel. En effet, j'avais pour moi, étant le sortant, un bilan plus qu'honorable et surtout je réitérais ma promesse de l'année précédente.
Au risque de paraître présomptueux voire même vaniteux, je trouve que cette idée de promesse électorale est tout simplement géniale. Il s'agissait alors d'un coup de maître tout à fait stratégique qui a anéanti la concurrence tout en rendant service à mes camarades. L'expression "faire d'une pierre deux coups" n'a jamais été autant appropriée.
 
Alors bien sûr, en lisant ces quelques lignes, certains ont dû penser que j'étais devenu fou et mégalomaniaque. Je peux tout à fait le concevoir dans la mesure où je me réjouis et me félicite d'une toute petite élection de délégué.
Mais comme je l'ai dit, cet évènement est une partie de moi qui me semble importante. Par ailleurs, cette expérience de délégué de classe a été quelque chose de très enrichissant. De fait, le délégué est à la fois un relai d'informations entre élèves et professeurs, un avocat lors des conseils de classe ainsi que le porte-parole de diverses revendications. En outre, cela m'a permis de rencontrer des personnes différentes à des postes variés mais également d'échanger et d'apprendre par le biais de formations et de discussions avec la direction.
 
Pour être tout à fait complet et pouvoir ainsi extrapoler la situation et en tirer des enseignements généraux, il me semble important de vous raconter un épisode assez invraisemblable de cette fonction.
Alors en classe de troisième et devant passer l'examen du brevet des collèges en fin d'année, notre professeur de mathématiques, Mme K., part en congé maternité. L'Education Nationale étant ce qu'elle est, son remplaçant n'est pas un véritable enseignant puisqu'il s'agit d'un météorologue de profession. Comme on pouvait s'y attendre, ce dernier n'est pas vraiment pédagogue et maîtrise mal voire très mal son sujet, nous obligeant à le reprendre et le corriger sur plusieurs notions.
En tant que délégué, il était donc de mon devoir de réagir. C'est donc ce que je fis en rédigeant une lettre à notre professeur que je déposais à son attention au secrétariat du collège. Malheureusement pour moi, ma missive fut interceptée et lue par le CPE (Conseiller Principal d'Education) qui s'avérait également être le frère du fameux remplaçant. Suite à cela, je fus donc convoquer dans son bureau afin de m'expliquer sur mes agissements. On me fit alors comprendre, de façon plus ou moins claire, que mon comportement n'était pas forcément approprié et qu'il eut été préférable d'en parler directement avec lui sans le court-circuiter au passage. Pour moi, la méthode n'était que peu respectueuse et il me semblait impoli d'ouvrir un courrier destiné à quelqu'un d'autre. Je peux comprendre qu'il existe une certaine solidarité au sein de la fratrie mais il me paraissait normal d'agir pour le bien de mes camarades.
 
Comme je le disais au début de cet écrit, il apparaît que des parallèles peuvent être établis en ma propre expérience et la politique nationale contemporaine.
Ainsi, je ne suis pas le seul à avoir perdu une élection avant d'être élu à la suivante. Je pense en particulier à François Mitterrand (1974 et 1981) ou à Jacques Chirac (1981 et 1995).
Ensuite, la calomnie et les attaques ad hominem sont légions en politique. Je prends pour preuve les récentes rumeurs concernant Martine Aubry et son mari.
Enfin, le réflexe de caste et la défense de corporations n'est pas chose nouvelle. On peut notamment prendre comme exemple le cas de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.
 
Cette élection de délégué, aussi modeste soit-elle, n'est en fait qu'une version minimaliste et édulcorée de n'importe quelle élection politique. Les enjeux et les conséquences en sont bien évidemment moindres mais le processus et les mécanismes en sont les mêmes.
 
Si j'avais des enseignements à tirer de cette expérience, je dirais que la victoire n'est jamais impossible. Il faut y croire et mener une campagne de proximité, proche des gens et de leurs préoccupations en mettant en avant les questions qui les intéressent vraiment. En somme, il faut faire de la politique avec un grand P et non de la politique politicienne qui vise uniquement à obtenir des postes et à vivre de rentes de situation.
En outre, il me semble également que rien n'est jamais gagné à l'avance et qu'il est nécessaire de faire ses preuves à chaque instant pour gagner la confiance des électeurs. Les mots de suffisent pas et les actes seront toujours plus forts que les paroles. Parler c'est bien mais agir c'est beaucoup mieux.
J'ajouterais enfin qu'il est important de savoir s'entourer de personnes fiables et loyales qui seront là dans les bons mais aussi dans les mauvais moments. Le monde politique est une véritable jungle où les opportunistes pullulent et où l'amitié est une chose rare. Or un homme seul n'est rien et ne peut pas tout. C'est pourquoi il faut savoir rassembler et fédérer autour de soi un noyau dur, un cercle restreint de personnes de qualité aux profils divers et variés. J'ai d'ailleurs une pensée particulière pour N. T. et R. L. qui m'ont accompagné durant ces années de collège, que ce soit durant la campagne, à l'occasion de mes fonctions mais aussi et surtout au sein des différents clubs. Merci à eux.

jeudi 21 juillet 2011

"La France est-elle finie ?" de Jean-Pierre Chevènement

Comme je l'avais annoncé dans un précédent article, je vais profiter de l'été pour lire. Après, "votez pour la démondialisation" d'Arnaud Montebourg, voilà maintenant mes remarques concernant le dernier ouvrage de Jean-Pierre Chevènement : "la France est-elle finie ?"
 
Disons le tout de suite, ce livre est en quelque sorte un livre de témoignage. En effet, l'ancien ministre de l'Intérieur retrace de manière critique les dernières décennies de notre pays. C'est notamment le cas dans les premiers chapitres qui m'on semblé particulièrement long et somme toute peu intéressants dans la mesure où l'auteur énumère des faits historiques.
 
Alors bien sûr les différents évènements sont choisis à dessein. Ainsi, ils permettent de réaliser une forte critique du tournant libéral pris par la gauche en 1983, deux ans après l'espoir suscité par l'élection de 1981.
Dans ces propos, il apparaît que Jean-Pierre Chevènement épargne relativement François Mitterrand mais charge Jacques Delors qui est, selon lui, le responsable de cette politique. Il explique également que c'est à cette période que la fuite en avant européenne commence, notamment avec l'Acte unique (1987).
Chevènement nous explique alors comment une "alliance" entre la commission européenne et le ministère des finances de l'époque a réussi à imposer la dérégulation, la libéralisation et la financiarisation de notre économie.
 
Clairement Chevènement réalise un véritable réquisitoire contre Jacques Delors. Ce dernier est ainsi accusé d'être l'instigateur du libéralisme en France et d'avoir grandement contribué à la "parenthèse libérale" des années 1980. En outre, son action à la tête de la Commission européenne (1984 - 1994) est sévèrement jugée dans la mesure où il lui est reproché  d'avoir fait de l'Europe le cheval de Troie de la mondialisation.
 
Mais décrochons maintenant du fil des pages pour nous intéresser à quelques phrases ou passages en particulier qui, je crois, méritent d'être commentés :
 
- Les écarts de richesse se réduisent entre nations mais s'accroissent au-dedans
Il fut un temps où il existait une réelle frontière entre les pays du nord, riches et industrialisés et les pays du sud, plus pauvres et moins développés. Aujourd'hui, et même si des différences persistent, la situation a grandement évolué puisque les seconds tendent à rattraper les premiers. C'est notamment le cas de la Chine et de l'Inde ou encore du Brésil.
Pour autant, malgré une croissance très importante et souvent à deux chiffres, ces nations dites émergentes ou en développement conservent encore de grosses lacunes. De fait, cette croissance s'est souvent faite aux dépens du peuple, voire même contre lui. Cela s'explique notamment par le type de développement choisi qui consiste à attirer des capitaux extérieurs en jouant sur une main d'œuvre servile et bon marché. On assiste alors à une opposition entre des travailleurs pauvres et, en particulier dans les terres, et des "élites" aisées et cultivées.
Mais ce contraste existe également en France et en Europe. On le voit bien depuis quelques années et cela risque de s'intensifier dans le futur. Bien que la France soit un pays riche, il n'en demeure pas moins que d'importantes inégalités subsistent et que la pauvreté n'épargne pas une partie de nos concitoyens. Alors bien sûr cet état de fait ne date pas d'hier mais il apparaît clairement que la situation empire malgré les postures et autres incantations de nos dirigeants. Ainsi, cohabitent dans notre pays des personnes gagnant moins de 600 € par mois et des individus émargeant à plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Cela pose donc clairement la question de l'égalité et de la justice sociale. L'idée d'instaurer un "salaire maximal", notamment avancée par Jean-Luc Mélenchon, ne semble donc pas forcément être une hérésie, bien au contraire.
 
- L'Europe est "germanocentrée"
Dans ce livre, la question de l'Allemagne et de la relation franco-allemande est abondamment traitée. Ainsi, un long chapitre est consacré à l'explication des raisons de son succès. Pour faire simple, l'Allemagne dirige l'Europe et impose sa volonté aux autres nations (traité de Lisbonne, pacte de stabilité …). De plus, elle mène une politique peu coopérative voire même égoïste sans que cela ne semble déranger personne.
Cette stratégie s'exprime ainsi parfaitement durant la crise de l'euro et des dettes souveraines puisque Mme Merkel souhaite de drastiques plan de rigueur en contrepartie de prétendus plans de sauvetage. En fait, la chancelière allemande fait fi de la solidarité européenne et, sous des airs de chevalier blanc, cherche uniquement à défendre les intérêts de son pays.
Pour autant, il n'est pas illégitime que l'Allemagne protège ses intérêts. J'ajouterais également que si ce pays se comporte d'une telle manière est que la France l'a, de façon plus ou moins consciente, encouragé ou tout du moins accepté. En réalité, nous sommes passés d'un discours de vainqueur à vaincu après la seconde guerre mondiale à un échange respectueux d'égal à égal pour finalement aboutir à un complet retournement de situation, nous retrouvant alors en position de dominé.
 
- Le couple franco-allemand est l'avenir de l'UE
Aujourd'hui il est clair que l'Union Européenne va mal. Pour survivre et redevenir une puissance qui compte, cette dernière va impérativement devoir se remettre en question, tant au niveau de son fonctionnement et de son organisation que de ses valeurs et de ses principes fondateurs.
Quoi que certains en disent, cela ne se fera pas sans les nations. Durant trop longtemps l'Europe s'est construite en faisant abstraction des peuples et en niant le cadre national. Pour Jean-Pierre Chevènement, ce renouveau passera obligatoirement par un partenariat entre la France et l'Allemagne, comme cela a toujours été le cas depuis le commencement. Malheureusement, et comme nous l'avons vu précédemment, cela n'est pas possible ni envisageable en l'état actuel des choses. Pour ce faire, il faudrait remettre cette relation à plat et repartir sur des bases saines et solides.
Personnellement, je ne suis pas spécialement optimiste quant à la réussite d'une telle entreprise. Enfin pas avec ces dirigeants là qui ne me semblent pas être capables de s'asseoir autour d'une table et de tenir un discours de vérité. Les prochaines élections dans nos deux pays risquent alors d'être déterminantes pour la suite.
En revanche, il est une alternative que Jean-Pierre Chevènement n'aborde que trop peu. Je pense bien évidemment à la possibilité d'une union latine restreinte qui deviendrait le pilier de l'Union Européenne. Ainsi, il existe une proximité forte, tant au niveau de la culture que de l'Histoire mais également géographique, entre les pays du bord de la Méditerranée. Il ne me semble donc pas si impossible que la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal voire la Grèce décident de s'entendre pour relancer la machine européenne.
 
- Si la crise est le problème, elle est aussi la solution pour sortir de l'impasse néolibérale
Je ne vous ferais pas l'affront de revenir sur la crise que nous connaissons depuis plusieurs années tant les médias ne cessent d'en parler. De même, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'expliciter davantage la première partie de la phrase. En revanche, la suite de cette déclaration me semble tout à fait intéressante.
En toute logique, et cela n'est pas seulement vrai en économie, l'erreur fait partie de l'apprentissage. De fait, et de manière assez naturelle, nous cherchons tous à ne pas reproduire deux fois la même bêtise. Pour ce faire, une analyse du problème permet d'identifier les dysfonctionnements en vue de les corriger et donc de progresser.
Malgré tout, cela ne semble pas avoir été le cas dans le cadre de la crise, ou tout du moins pas entièrement. Il semblerait bien que les causes de la crise aient effectivement été identifiées, le constat étant sensiblement le même toute sensibilité confondue. Là où le bât blesse est que les dirigeants en place ne mettent pas en place les mesures correctives visant à nous prémunir d'une éventuelle rechute. Ainsi, et malgré de belles envolées lyriques, les promesses de l'UE ou du G20 restent lettres mortes.
Depuis la crise, rien n'a donc fondamentalement changé, ou alors à la marge, et cela pour la plus grande joie des marchés financiers et des banques qui sont les grands gagnants de l'histoire. A l'inverse, les Etats donc les contribuables sont les dindons de la farce puisqu'ils doivent se sacrifier pour ceux qui sont responsables de tout ce bordel. L'exemple de la Grèce illustre cela de manière fabuleuse, pour le plus grand malheur du peuple.
Clairement la crise a été un choc terrible. Mais il faut maintenant chercher à tourner la page en reprenant le pas sur l'économie. Cela ne se fera probablement pas sans heurts mais les politiques doivent avoir le courage de présenter la facture à qui de droit et non comme toujours à leur population.
Notre système économique, financier mais aussi politique a distinctement montré ses limites. C'est donc l'occasion rêvée pour en changer et reconstruire un nouveau modèle.