mercredi 29 février 2012

Les chroniques de Tomgu sur Facebook !

XXIème oblige, les réseaux sociaux sont aujourd'hui incontournables. Voila pourquoi ce blog s'est doté d'une page facebook. Celle-ci permettra de gagner en visibilité mais aussi de faciliter le suivi des nouveaux articles.
 
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mardi 28 février 2012

Référendum : après Sarkozy, Bayrou

De manière assez surprenante en vérité, le référendum revient actuellement en grâce à l'occasion de l'élection présidentielle. En effet, Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir consulter les Français sur deux sujets : la formation des chômeurs et le droit des étrangers.
 
Comme beaucoup j'ai bien évidemment été plus qu'interloqué, à double titre, par cette annonce. Tout d'abord, il apparaît que ces sujets sont plutôt mineurs au vu de la situation économique. Et de plus, je ne crois pas que ces éléments doivent relever d'une décision du peuple. Ensuite, je n'oublie d'où vient cette proposition de référendum, qui ne s'avère finalement être qu'un leurre. Car je vous rappelle que c'est le même Nicolas Sarkozy qui est passé outre le Non des Français en 2005 et qui refuse de soumettre les nouveaux traités européens à l'approbation populaire.
 
Il est alors plus qu'étrange de vouloir consulter la population sur des sujets insignifiants de politique intérieure et de ne pas le faire pour des problématiques internationales qui engagent le pays pour l'avenir. On ne peut alors que sérieusement douter de la sincérité de la démarche de la part d'un homme qui n'a que peu de considération pour la démocratie directe.
 
Mais Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à vouloir recourir au scrutin référendaire. Ainsi, François Bayrou a lui aussi exprimé une telle volonté. Effectivement, le président du Modem a récemment indiqué vouloir soumettre aux Français un projet de moralisation de la vie publique (interdiction du cumul des mandats, reconnaissance du vote blanc …). Si le référendum est ici davantage approprié dans la mesure où cela concerne les institutions, je ne crois pas, là encore, que la démarche soit sincère. En effet, on peut considérer que Bayrou se sert du référendum pour court-circuiter le Parlement. Or cela va, d'une certaine manière, à l'encontre de l'objectif voulu. De plus, l'accession au pouvoir du centriste signifierait une certaine adhésion à son programme qui n'aurait alors pas besoin d'être à nouveau approuvé. Je rejoins alors François Hollande, au moins partiellement quand il nous explique que le prochain référendum sera l'élection présidentielle.
 
Alors même que le recours au référendum a été plus que limité ces dernières années, accentué en cela par la suppression sous Nicolas Sarkozy de la consultation obligatoire pour les questions européennes, je crains que l'on se dirige vers une inflation référendaire contre-productive. Et c'est malheureusement la tendance qui semble se dessiner.
 
Fervent défenseur de la souveraineté populaire, je ne peux qu'être un partisan du référendum. Pour autant, je crois que celui-ci doit être utilisé à bon scient et avec parcimonie afin de ne pas le dévoyer. Donc oui au référendum mais seulement sur les sujets qui engagent vraiment le pays (institutions, politique étrangère, questions de société ...).

jeudi 23 février 2012

Licencier plus pour gagner plus

Il y a quelques jours maintenant, une enquête du cabinet Proxinvest sur les salaires des dirigeants du CAC40 est parue. Que nous apprend-elle ? Tout simplement que la rémunération de ces grands patrons a cru, en moyenne, de 34 % en 2010. Pour avoir un ordre d'idée, Jean-Paul Agon (L'Oréal) a touché 10,7 millions d'euros, Carlos Ghosn (Renault) 9,7 millions d'euros et Franck Riboud (Danone) 7,7 millions d'euros.
Cela étant, où est le problème me direz-vous ? Certes il n'est pas anormal de gagner beaucoup d'argent, en particulier en cas de grosses responsabilités. De plus, ces rémunérations n'ont pas été volées puisqu'elles ont été validées par un conseil d'administration. Malgré tout, je crois que cette étude pose au moins trois questions.
 
La première concerne le niveau même des rémunérations. En effet, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qui justifie de tels émoluments. D'importantes responsabilités ? D'accord. Un gros volume de travail ? Certainement. Mais tout de même, on parle là de plusieurs millions d'euros par an. A titre de comparaison, le SMIC annuel brut est de seulement 16 780 euros.
 
La seconde a trait aux stratégies menées par ces dirigeants ainsi qu'aux performances de leurs entreprises respectives. Il apparaît clairement que les multinationales françaises ont sciemment opté pour une politique de délocalisations dans une logique de réduction massive des coûts, notamment salariaux. En somme, ces personnes, qui sont en fait des mercenaires de type "cost killer", sont grassement rémunérées dans un seul et unique but : satisfaire l'avidité des actionnaires. L'emploi et la cohésion sociale font alors pâles figures face à la rentabilité et le profit.
 
La troisième est relative à l'équité et la justice sociale. Car au-delà de leur exorbitante rémunération, il ne faut pas oublier que ces grands patrons ne payent que peu d'impôts, en raison du jeu des différentes niches ou pire grâce à l'évasion fiscale.
 
Pour résumer, on se trouve actuellement dans une situation où des grands patrons payés à coup de millions d'euros œuvrent aux dépens de leur entreprise pour créer chômage et précarité en France. Et tout cela bien évidemment avec la complicité plus ou moins active de la caste politique au pouvoir.
 
Rendez-vous bien compte des aberrations auxquelles on assiste. Et en cela l'exemple de Renault est parfait. Récemment, le constructeur automobile a inauguré une usine au Maroc, où les salaires sont nettement moins élevés, dans le but de produire des véhicules destinés au marché européen. Sous prétexte de faire des économies et donc de favoriser les actionnaires, Renault, entreprise française dont l'Etat possède 15 %, encourage le dumping social et la concurrence entre les peuples.
Mais ne peut-on pas se demander alors s'il serait préférable de fabriquer des voitures dans le pays de destination ? Carlos Ghosn ne pourrait-il pas renoncer à une partie de sa rémunération pour créer des emplois en France ? Ou mieux, ne peut-on pas délocaliser le poste de PDG dans un pays low-cost afin d'avoir un patron qui coûte moins cher ?
 
Plus sérieusement, avec de tels comportements, je crois qu'il ne faut pas s'étonner que le patronat soit si peu considéré, voire même détesté, par une large majorité de Français. Si ceux-ci souhaitent alimenter encore un peu plus la lutte des classes alors il faut continuer en ce sens.
Il faut toutefois faire la part des choses, je crois, entre petits entrepreneurs dans les TPE et PME et grands patrons de sociétés cotées. De fait, l'amalgame ne me semble pas possible, ni souhaitable, entre les premiers qui créent de l'emploi et de la richesse dans notre pays et les seconds qui ne sont que des suppôts de la finance au service du grand capital.
 
C'est donc envers cette dernière catégorie qu'il faut prendre des mesures coercitives. Cela passe notamment par la mise en place d'un salaire maximal dans les entreprises, l'instauration d'un écart réglementé entre le salaire le plus faible et celui le plus élevé ou encore la création de tranches d'impôt sur le revenu supplémentaires.
 
Car ce n'est que par plus d'équité et de justice sociale que nous recréerons la cohésion nécessaire pour redresser notre pays. C'est par le retour d'un interventionnisme économique de l'Etat que nous pourrons retrouver emploi, croissance et prospérité.

mercredi 22 février 2012

Anonymat des parrainages : les Sages disent non

Sans grande surprise, le Conseil constitutionnel a débouté hier Marine Le Pen, rejetant ainsi sa demande de ne pas publier les parrainages des maires. A mon sens, il s'agit là d'une bonne décision dans la mesure où je crois que la question de l'accès à l'élection présidentielle mérite d'être débattue publiquement. Aussi, un avis favorable du Conseil constitutionnel à deux mois du scrutin n'aurait fait qu'envenimer les choses.
 
A l'heure actuelle, et au moins jusqu'à la prochaine échéance présidentielle, tout candidat voulant se présenter doit recueillir au moins 500 parrainages de la part d'un collège d'élus (maires, députés, sénateurs ...) dont 500 seront tirés au sort et publiés au Journal Officiel.
 
Et c'est bien cette publication qui semble poser problème aujourd'hui. En effet, certains maires rechignent à parrainer un candidat, notamment les plus petits, car ils ont peur des représailles éventuelles de la part de leurs administrés et/ou des grands partis en place. De plus, ceux-ci envisagent le parrainage comme un acte de soutien politique alors même qu'il ne s'agit, initialement, que d'une formalité purement administrative.
 
Si l'on remonte quelque peu dans le passé, il apparait que ce système a été mis en place par le général de Gaulle afin d'éviter les candidatures fantaisistes. A l'origine, le filtre était de 100 signatures avant que Valéry Giscard d'Estaing le relève à 300/500 en 1976 et n'impose leur publication.
 
Clairement il me semble nécessaire qu'il existe une forme de filtrage des candidats afin de se prémunir d'une multiplication à outrance des candidatures farfelues. Pour autant, celui-ci ne doit pas non plus être trop strict afin de permettre l'expression du pluralisme politique. Or on peut remarquer que le système actuel a été dévoyé n'est donc plus vraiment adapté à la situation.
 
Une réforme paraît donc nécessaire et souhaitable afin de revenir à l'esprit originel du dispositif. Mais cela devra se faire dans un contexte apaisé donc hors période électorale afin d'éviter les luttes partisanes.
Pour le moment, deux solutions ont été avancées. La première étant de garantir l'anonymat des parrainages et la seconde consistant à donner la possibilité de parrainer deux candidats tout en maintenant la publication au journal officiel.
 
A mon sens, les deux propositions se défendent et permettront, je pense, de résoudre la difficulté actuelle. Il apparaît cependant que celles-ci n'agissent pas au même niveau puisque la première vise à augmenter le nombre de parrains alors que la seconde permet d'accroître la quantité de parrainages.
 
S'agissant de la question de l'anonymat en particulier, je dois reconnaître que je suis plutôt partagé. En effet, certains justifient cette mesure en invoquant le fait que le vote est secret, ce qui est tout à fait vrai. Mais le parrainage n'est pas un vote ni un soutien même si certains l'appréhendent comme tel. De plus, je crois que cette modification irait à l'encontre de la volonté de transparence de la vie publique.
 
Parallèlement à ces deux solutions qui ne sont en réalité qu'une évolution du mécanisme actuel, il pourrait être envisagé de faire appel aux Français dans le cadre d'un parrainage citoyen. Ainsi, un candidat devrait alors recueillir la signature d'un nombre préalablement défini de citoyens afin de se présenter.
 
Mais on pourrait également envisager de panacher les deux systèmes c'est-à-dire de conserver le dispositif en vigueur en lui adjoignant une part de parrainages citoyens. Concrètement, le candidat aura toujours besoin de 500 signatures qu'il pourra aller chercher auprès des grands électeurs comme c'est le cas actuellement mais également auprès des citoyens qui se verraient appliquer un ratio (par exemple, 1 parrainage pour 1000 signatures).
 
Pour moi il n'existe pas de solution miracle. Voila pourquoi il me semble nécessaire d'organiser un grand débat public sur ce sujet, associant à la fois la société civile et les forces politiques. 

mardi 21 février 2012

Traité européen : la MES est dite


L’harmonisation doit se faire dans le sens du progrès social, dans le sens du relèvement parallèle des avantages sociaux et non pas au profit des pays les plus conservateurs et au détriment des pays socialement les plus avancés.
En quelque sorte, l’autorité internationale va avoir le droit de légiférer d’une manière autoritaire à laquelle nous ne pourrons pas échapper et de prendre des décisions qui primeront celles du gouvernement et même celles du Parlement. Ce sera une loi supérieure à la loi française qui s’imposera à nous.
 
Qui peut bien être l'auteur de ces déclarations ? Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Pierre Chevènement ? Nicolas Dupont-Aignan ?
Et surtout en quelle année ? En 2005 à l'occasion du référendum ? En 2007 durant la campagne présidentielle ? En 2008 lors de la ratification du traité de Lisbonne par le Parlement ?
 
Et bien non. Ces propos ont été tenus par Pierre Mendès France le 19 janvier 1957 dans le cadre des débats sur le traité de Rome. Or on constate que 55 ans plus tard, malheureusement, ce discours est toujours d'actualité, particulièrement en cette période de crise européenne.
 
Comme beaucoup qui n'ont pas été écoutés ni entendus, Pierre Mendès France avait raison avant les autres. En effet, il apparait clairement, comme celui-ci le pressentait, que l'harmonisation s'est faite au détriment des pays socialement les plus avancés. Pire, l'exemple de la Grèce montre bien que l'europe n'a aucun scrupule à sacrifier le progrès social sur l'autel de la finance.
 
Mais cela ne parait pas suffisant pour les technocrates européens qui souhaitent toujours plus de sacrifices de la part des peuples pour sauver les banques et le système financier. Dans cet objectif, de nouveaux traités vont voir le jour, asservissant un peu plus les Etats au profit d'instances supranationales.
 
C'est notamment le cas du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui va être examiné aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Pour résumer, le MES, qui prendra la suite du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) est un organe indépendant du pouvoir politique qui vise à assurer la stabilité de la zone euro. Pour ce faire, il s'appuiera sur un capital garanti par les Etats de l'UE (jusqu'à 142 milliards pour la France avec un transfert immédiat de 16,3 milliards).
 
Bien que l'on n'entende que peu parler de ce mécanisme dans les grands médias, il n'en reste pas moins que la contestation gronde sur le net. Trois griefs lui sont principalement reprochés. Tout d'abord, la part de contribution de chaque Etat, tant au niveau de son montant que de ses possibilités d'être ajustée à tout moment et sans refus possible. Ensuite, l'immunité dont jouît cet organe. Ainsi, celui-ci aura la pleine personnalité juridique et pourra donc agir en justice ou passer des contrats. Mais surtout, aucune action judiciaire ni opposition de quelque sorte que ce soit ne pourront être entreprises du fait de cette immunité. Enfin, le traité établissant le MES est intimement lié au Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) signé en janvier dernier. Effectivement, tout Etat souhaitant bénéficier du MES devra préalablement avoir ratifié le TSCG qui instaure notamment la règle d'or et renforce la discipline budgétaire.
En somme, et dans la plus grande discrétion, nos parlementaires s'apprêtent à voter pour un monstre anti-démocratique au possible qui met sous tutelle les Etats en toute impunité. Comme disait Mendès France, l’autorité internationale va avoir le droit de légiférer d’une manière autoritaire à laquelle nous ne pourrons pas échapper et de prendre des décisions qui primeront celles du gouvernement et même celles du Parlement.
 
Et c'est bien là tout le problème. Car il s'agit là d'un transfert immense de compétences vers un organe non-élu et illégitime qui ne rend des comptes à personne. Voilà pourquoi il me semble impératif que nos députés et sénateurs votent contre ce traité qui ôte à notre pays une grande partie de notre souveraineté.
 
Malheureusement, je n'ai pas de grandes illusions quant à un éventuel rejet. En effet, les parlementaires UMP voteront en faveur de celui-ci puisque porté par leur cher président, comme le feront probablement les centristes et François Bayrou, qui l'a inclus dans son projet présidentiel. Du côté de la gauche, seul le Front de Gauche semble prendre la direction d'un vote contre. En effet, les socialistes, qui ne sont plus à une contradiction près, préfèrent s'abstenir, uniquement en raison du lien avec le TSCG et non du fait de l'esprit même du traité. Comment alors croire François Hollande quand il nous explique qu'il ira renégocier des traités que son parti n'a même pas le courage de rejeter ?
 
Quoi qu'il en soit, et après la première trahison de 2008 avec le traité de Lisbonne, il semble que nos parlementaires, c'est-à-dire les représentants du peuple, se préparent une nouvelle fois à s'exprimer sur un sujet qui relève de la démocratie directe tant ses effets seront lourds de conséquences.
 
Tout récemment, Nicolas Sarkozy s'est posé en candidat du peuple contre les élites et a exprimé la volonté de redonner la parole aux Français. Plutôt que de consulter le peuple sur des sujets insignifiants, pourquoi ne pas alors passé des paroles aux actes en ratifiant les nouveaux traités européens par référendum ?

dimanche 19 février 2012

Retour sur l'actualité

Revenons quelques instants sur certains évènements de la semaine dernière. 

- Un maire condamné pour avoir giflé un jeune qui l'insultait
Il est parfois des procès qui amènent à douter de la Justice de notre pays. L'affaire de ce pauvre maire est de ceux-là. En effet, il est tout de même aberrant que celui-ci ait été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis pour une simple gifle. Je ne souhaite bien évidemment pas cautionner la violence mais je crois qu'il est parfois nécessaire de savoir réaffirmer l'autorité. Et on ne peut que constater avec regret que cette nouvelle génération a de graves problèmes avec la discipline, en partie du à un important laxisme de la part des parents. Aujourd'hui, le respect de l'autorité est devenu l'exception alors qu'il devrait être la règle. Arrêtons donc de tout permettre à la jeunesse car ce n'est pas lui rendre service.
 
- Sarkozy candidat : rien de nouveau sous les tropiques
Mercredi soir, Nicolas Sarkozy s'est officiellement déclaré candidat à sa succession au 20h de TF1. Bien que sa candidature ne soit une surprise pour personne, cette annonce a le mérite de clarifier les choses et de lancer réellement la campagne électorale. En revanche, ce qui est plus surprenant ce sont les premières postures prises par le président. En effet, celui-ci s'est posé en candidat du peuple et même du Non. De plus, il a indiqué vouloir redonner la parole aux Français, notamment par le biais du référendum. 
Cela me semble tout à fait paradoxal et comique de la part d'un homme qui est aux affaires depuis 5 ans. Pire, c'est bien ce même Nicolas Sarkozy qui  est passé outre le Non des Français en 2005 et a fait adopté le traité de Lisbonne par le Parlement. On pouvait alors légitimement s'attendre à mieux de celui qui est considéré comme une bête de campagne. Car là il est clair que la ficelle est un peu grosse.
 
- Les médias écrivent au CSA pour assouplir l'égalité du temps de parole entre candidats
Alors que beaucoup de Français se lassent que la présidentielle soit réduite à un duel PS/UMP, il semblerait que les médias, eux, en redemandent. En effet, ceux-ci ont adressé une lettre au CSA afin d'obtenir un assouplissement de la règle de l'égalité de temps de parole. Pour rappel, il leur est fait obligation, durant la campagne présidentielle officielle, de veiller à l'égalité du temps de parole entre tous les candidats. Or il apparait que permettre à des petits candidats de s'exprimer autant que les autres seulement 5 semaines sur 365 soit déjà trop.
Clairement, je trouve qu'une telle requête est honteuse tant elle s'oppose à l'idée même de pluralisme politique et donc de démocratie. Je crois qu'il faut arrêter de promouvoir toujours les mêmes partis qui défendent les mêmes idées car cela conduit à priver le pays d'une réelle alternative et à favoriser un bipartisme malsain.

vendredi 17 février 2012

Nicolas Dupont-Aignan présente un projet différent

Après avoir présenté son programme pour l'élection présidentielle au travers de 37 propositions, Nicolas Dupont-Aignan a dévoilé, mercredi dernier, le chiffrage de son projet.
 
Ce projet, visant notamment à relocaliser 1 million d'emplois, s'appuie sur quatre leviers principaux :
- la sortie de l'euro et le financement direct de l'Etat auprès de la Banque de France
- la mise en place de mesures protectionnistes
- le contrôle du système financier et sa réorientation vers l'économie réelle
- le soutien aux entreprises
 
Mais au-delà de ces grandes orientations, entrons un peu plus dans le détail des propositions, tout au moins celles qui me paraissent les plus significatives, comme je l'avais fait pour Dominique de Villepin.
 
- Retour aux savoirs fondamentaux dans l'enseignement et en particulier l'apprentissage du français
Il s'agit là d'un point très important pour moi tant la maîtrise de la langue conditionne la vie des individus. En effet, je crois que des lacunes dans ce domaine constituent un handicap majeur, en particulier au niveau professionnel. Il me semble donc impératif de tout mettre en œuvre pour que les élèves du primaire maîtrisent parfaitement la lecture, l'écriture et le calcul. Cela passe notamment, selon moi, par des effectifs réduits et des heures de soutien pour les enfants ayant le plus de difficulté.
 
- Sortie de l'euro et retour à l'euro-franc avec ratification par référendum
Je n'ai jamais vraiment été un fervent partisan de la sortie de l'euro et je préférerais une réorientation de sa gestion. Malheureusement, il faut être réaliste et constater que cela est visiblement impossible. Je me suis donc résolu à une telle chose dans la mesure où cela permettra à notre pays de recouvrer sa souveraineté monétaire.
 
- Mise en place d'écluses douanières pour mettre fin à la course au moins-disant social, salarial, fiscal et environnemental
Si certains abordent le sujet du bout des lèvres, Nicolas Dupont-Aignan a le mérite de mettre les pieds dans le plat en parlant clairement de protectionnismes, terme honni dans les médias.
Il est tout de même fou que l'Union Européenne soit la seule zone au monde à ne pas se protéger alors même que nos concurrents (Etats-Unis, Chine, Inde, Brésil ...) y recourent allégrement sans que cela ne semble déranger personne. Voila pourquoi il me semble plus que nécessaire de mettre en place des mesures protectionnistes afin d'endiguer la destruction de notre tissu industriel.
 
- Financement direct par le Banque de France
Cela fait maintenant plusieurs années que j'appelle de mes vœux une telle mesure. En effet, il me semble aberrant d'emprunter sur les marchés financiers à des taux usuraires alors même que cela pourrait être fait à des taux faibles voire nuls auprès des banques centrales.
Il est d'ailleurs troublant de constater que le montant de notre dette correspond peu ou prou à la somme cumulée des intérêts payés depuis 1973.
 
- Développement de l'actionnariat salarié et la présence des salariés dans les conseils d'administration
Ayant travaillé, dans le cadre de mes études, sur les SCOP (sociétés coopératives) je ne peux qu'abonder dans le sens de cette proposition. Il s'agit d'ailleurs là d'une notion chère au général de Gaulle qui n'a malheureusement pas eu la possibilité de la mettre en place.
 
- Réduction de moitié l'impôt sur les sociétés pour les PME qui réinvestissent en France et exonérer de cotisations sociales pendant 5 ans le recrutement dans les TPE d'un chômeur de longue durée
Initialement, je n'étais pas vraiment convaincu par cette mesure. En effet, je crois que la multiplication des exonérations fiscales octroyées aux entreprises a bien montré que leurs effets sur l'emploi étaient très limités.
Malgré tout, après réflexion, il s'avère que ces exonérations ciblent des entreprises particulières, en l'occurrence les PME et TPE, et sont conditionnées (recrutement ou investissement). Les plus grosses entreprises étant exclues du dispositif, je ne suis donc pas opposé à une telle mesure. En outre, il apparait que cela s'inscrit de manière cohérente dans la volonté de relocaliser l'emploi dans notre pays.
 
- Nationalisation et fusion d’EDF et GDF
Pour moi, les monopoles d'Etat ne sont en rien une hérésie. Je crois au contraire que ceux-ci sont nécessaires dans des secteurs stratégiques tels que l'énergie. Une reprise en main de la gestion de l'électricité, du gaz et même du pétrole me semble donc une bonne chose à la fois pour le pays mais aussi, et surtout, pour la population puisque les tarifs pourront ainsi être régulés.
 
- Refondation de l'UE sur la base d'un nouveau traité instaurant des agences de coopération européennes et supprimant "toutes les structures relevant de l’inspiration fédérale anti-démocratique (cour de justice, commission, BCE)"
Personne ne sera surpris si j'approuve complètement cette proposition. En effet, il serait paradoxal de ma part de la rejeter alors même que je critique régulièrement cette europe. Contrairement à d'autres, je ne crois pas qu'une sortie de l'UE soit bénéfique pour notre pays. En revanche, je suis convaincu que les nations doivent retrouver toutes leur place dans le processus européen. De même, la suppression de toutes ces instances supranationales permettra de gagner en efficacité en s'affranchissant de la lourdeur et de l'inertie de la bureaucratie mais également de réaliser de substantielles économies. Enfin, cela sera bien évidemment profitable à la démocratie.
 
- Réinstauration de prix minimum garantis dans l'agriculture
Depuis la nuit des temps l'agriculture a occupé une place importante dans notre  pays. Pour autant, il apparaît de plus en plus que nos agriculteurs et nos campagnes sont laissés à l'abandon. Certes l'urbanisation et la mondialisation ont joué un rôle mais l'Etat a également sa part de responsabilité. De par son territoire, la France bénéficie d'un avantage stratégique important qu'elle se doit de mettre en avant. Et cela passe notamment par un soutien massif à une agriculture vivrière et paysanne, à l'opposé même du modèle allemand de regroupement des exploitations en grosses structures agricoles.
 
- Mise en place d'un impôt de citoyenneté payé par tous les Français résidant à l'étranger
Que de dire de particulier sur cette proposition si ce n'est que je l'ai moi-même avancée dans un précédent article il y a de cela quelques mois.
 
- Reconnaissance du vote blanc en contrepartie de l'obligation de voter
Aucune opposition sur le fond dans la mesure où je crois que l'abstention est un fléau pour la démocratie. J'estime d'ailleurs qu'il est normal que chacun s'exprime même si cela consiste à ne pas choisir, d'où la reconnaissance du vote blanc.
Malgré tout, j'ai quelques doutes sur sa mise en œuvre pratique à deux niveaux. Tout d'abord, que fait-on si le vote blanc remporte la majorité des voix ? Ensuite, est-on capable de faire appliquer les sanctions en cas de refus de voter ?
 
- Imposer aux administrations d'acheter français à qualité équivalente
Cela peut sembler évident voire même de bon sens mais dans les faits cela ne se passe pas vraiment comme ça. Pour preuve, récemment la Poste a décidé d'acheter des scooters taïwanais en lieu et place de ceux de Peugeot.
Comment peut-on d'un côté promouvoir l'emploi en France et de l'autre encourager les délocalisations en contribuant à la course au moins-disant social ?
 
- Autoriser le téléchargement en abrogeant la loi Hadopi
Aujourd'hui il est clair que les moyens d'accès à la culture ont grandement évolué. Ainsi internet est devenu un canal privilégié permettant d'accéder de chez soi à de la musique, des films ... de manière gratuite et illégale.
Face à ce phénomène, deux comportements sont possibles et s'opposent : soit la tentative désespérée afin de l'endiguer. Cela est évidemment vain puisque les pirates sont nettement plus réactifs que les Etats. Le problème étant que cette guerre perdue d'avance conduit à un contrôle accru du net avec les dérives que l'on peut aisément imaginer (cf traité ACTA).
Soit l'acceptation de cet état de fait et la recherche de compromis visant à satisfaire tout le monde ou tout du moins à ne léser personne. C'est  cette solution qu'a choisi Nicolas Dupont-Aignan en défendant la licence globale. Ainsi, chacun serait libre de télécharger librement en contrepartie du paiement d'un forfait. En fait, cela revient seulement à déployer à grande échelle le système actuel du téléchargement légal.
 
Contrairement à d'autres programmes, mais ce n'est pas une surprise pour moi, le projet présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan est nettement plus en phase avec mes aspirations. Pour autant, il existe quelques ombres au tableau.
Tout d'abord, je regrette que la question des salaires n'ait pas été franchement abordée. En clair, je m'attendais à ce que le président de Debout la République s'attarde davantage sur le sujet et propose même une revalorisation du SMIC et des minimas sociaux.
Ensuite, je suis quelque peu dubitatif sur les hypothèses de croissance (3 % à partir de 2013) et d'inflation (3 % sur 2012 et 2013 puis 2 % entre 2014 et 2017).
Enfin, je regrette une certaine frilosité au niveau de la fiscalité.
Pour autant, ces divergences sont assez minimes en comparaison des points d'accord. D'autant plus qu'il est quasiment impossible d'être d'accord à 100 % avec un programme, à moins de présenter le sien. Voilà pourquoi il est très probable que j'accorde ma voix à Dupont-Aignan à l'occasion de l'élection présidentielle.